MANDEMENT DE PIE IX
?era Yenu, d'être à la fois rornement et le profit da peaple chrétien. Je vous aime toas d'une affection toute paternelle comme mes petits enfants chéris, je vous presse affectueusement et je vous prie de garder intègre et immaculée la robe d'innocence dont vous avez été revêtus au baptême, et de vous appliquer de tout votre cœur et de tout votre esprit à l'étude. Vous le ferez facilement, je l'espère, si vous vous redites souvent, ou plutôt si vous inscrivez dans vos cœurs cet avertissement de l'Esprit- Saint: Le jeune homme suit sa première voie, dans sa vieillesse même il ne la quittera pas ; et cet autre : La sagesse n'entrera pas dans une âme maligne, elle n'habitera point un corps assujetti au péché.
Vénérables membres des maisons religieuses, combien j'ai sujet de me réjouir quand je vois que vous êtes répandus non-seulement dans notre diocèse, mais que, par la munificence et la prévoyance admirables du pape Léon XII, vous vous êtes si merveilleusement multipliés ; en sorte qu'il n'y a rien que je ne puisse attendre, pour le troupeau qui m'est confié, de votre action, de vos paroles, et de vos exemples. Ainsi vous vous montrerez toujours conformes aux exemples de vos pères, à vos règles ainsi qu'aux sages conseils du souverain Pontife Léon XII lui-même.
Vierges consacrées à Dieu, partie choisie du troupeau, parfum de Jésus-Christ, que vous diraije? Je ne puis que vous louer de ce que, méprisant les vanités et les folies du siècle, vous êtes sorties de l'Egypte pour vous réfugier dans la solitude, pour courir à l'odeur des parfums de Celui qui vous a épousées dans la foi, la miséricorde et la grâce. Ne regardez donc jamais en arrière, ne levez pas les yeux vers les tentes des Ethiopiens et les pavillons de Cham, mais marchant avec accord dans la maison de Dieu, tendez toujours de plus en plus vers la fin que vous vous êtes proposée d'abord afin d'être trouvées dignes de recevoir la couronne des vierges sages. Je vous recommande
en particDlier de voas souvenir de moi dans vos prières du jour et de la nuit, de supplier Dieu pour moi^ afin que je puisse pourvoir à mon salut et à celui du troupeau, que la volonté divine, j'aime à le croire, m'a donné à conduire et à garder.
Nobles, et vous tous qui êtes au-dessus des autres par la fortune etTéminencedes dignités, je vous dirai aussi quelques mots. U me suffit de recommander à votre piété et à votre sagesse de servir à tous d'exemple, d'observer en toutes, choses l'équité et d'avoir soin de tendre une main secourable aux pauvres; car en agissant ainsi, vous n'acquerrez pas des trésors terrestres que la rouille et les vers peuvent détruire, que les voleurs peuvent vous arracher et emporter, mais un trésor céleste qui ne vous manquera jamais.
Il me reste à vous adresser la parole à vous, très-chers fils en Jésus-Christ, qui êtes de toute condition, de tout rang, de tout âge^ de toute fortune et de tout sexe. Avant tout, je vous recommande et même je vous supplie, par les entrailles de Notre-Seigneur Jésus- Christ, d'éviter avec soin la société et la conversation de ceux qui en ces temps mauvais ont élevé leur voix contre le ciel et tourné leur langue vers la terre, qui s'en vont au gré de leurs passions et tout entiers aux fables et aux radotages du monde, blasphémant ce qu'ils ignorent, comme s'ils voulaient troubler tous les droits divins et humains, et même, s'ils le pouvaient, les détruire entièrement. Rappelezvous toujours que la fin de la loi est la charité, qui vient d'un cœur pur, et la bonne conscience ; et avec une foi réelle, vous étant ceint les reins, restez debout dans la vérité ; revêtez-vous de la cuirasse de la justice et armez- vous constamment du bouclier de la foi, afin de pouvoir repousser tous les traits de feu de votre plus cruel ennemi et par vos bonnes œuvres assurer votre vocation et votre élection bienheureuse.
Ayez soin ensuite d'accomplir, avec les sentiments de ferveur et de piété qui vous sont pres«