MANDEMENT DE PIE IX
crits, ioat ce qni a rapport à rhonnenr et aa culte dû à Dieu et au salut de vos âmes, et surtout entrez avec une grande modestie dans les églises qui sont la maison de Dieu^ la porte du ciel ; les jours de fête, abstenez-vous de toute œuvre servile, sanctifiez ces saints jours par la prière, l'usage des sacrements et les autres bonnes œuvres. En outre, ayez beaucoup de charité les uns yz « les autres, car la charité est le lien de la perl'ccUon et c'est elle qni fera régner l'nnion entre vouJ^ qui vous rendra compatissants, fraternels, miséricordieux^ modestes, humbles aussi, qui vous déterminera à ne pas rendre le mal pour le mal, la malédiction pour la malédiction, mais à bénir au contraire, parce que vous avez été appelés à posséder en héritage la bénédiction.
Mais pensez-vous pouvoir accomplir toutes ces choses convenablement et selan l'ordre, si vous ne venez vous prosterner, suppliants, au pied du trône de grâce et de miséricorde, si dans toutes TDS prières, vous ne demandez pas à Dieu aide pour le moment opportun ? Persévérez donc, je vous en prie, et veillez dans la prière, et ne doutez pas que Dieu n'exauce vos vœux, pourvu que vous ne demandiez pas mal ce que vous demandez. Mais afin que vos prières soient plus puissantes auprès de Dieu, implorez ardemment les suffrages de ceux qui ont été les amis de Dieu et qui régnent avec lui dans le ciel. C'est à la Vierge, Mère de Dieu, que vous devez d'abord vous adresser, à Notre-Dame de l'Assomption, patronne de la cathédrale, dont vous vénérez avec tant de dévotion l'antique image. Elle est la Mère de Dieu et au pied de la croix elle nous a été donnée pour Mère, en sorte qu'il n'y a rien qu'elle ne puisse obtenir de son divia Fils et qu'elle ne soit disposée à demander pour nous. Mettez-vous ensuite sous la protecdon de saint Pontien, martyr, votre patron, des saints Sabin, Martial et des autres saints, autrefois vos pasteurs, maintenant vos
avocats auprès de Dieu ; de la bienheureuse vierge
Glaire de Montefalco» dont le corps se conserve depuis tant de siècles entier et exempt de tonte corruption, et répand une odeur suave; enfin de tous les autres saints dont vous conservez les reliques ou auxquels vous avez particulièrement confiance.
Dans vos prières, n'oubliez jamais de demander à Dieu de nous conserver longtemps notre Saint- Père le pape Léon XII et ,de l'assister toujours dans ses résolutions, car il est votre insigne bienfaiteur en môme temps que le chef suprême d'^ toute la chrétienté.
Ne m'oubliez pas non plus, moi qui ne cesse i. vous recommander dans mes prières, afin que Dieu me donne l'esprit de sagesse et d'intelligence dont j'ai besoin pour concourir dignement par mon ministère à compléter le nombre des saints et à achever le corps de Jésus-Christ, et pour arriver ainsi au but suprême, à la récompense de la céleste vocation de Dieu en Jésus-Christ.
J'espère pouvoir me rendre bientôt auprès de vous, et vous parler dé la bouche à la bouche et vous distribuer une part de grâce spirituelle ; en attendant, j'embrasse amoureusement chacun de vous en Jésus-Christ, j'accorde à tous ma paternelle bénédiction, et en même temps je supplie Dieu de vous accorder sa paix, cette paix qui surpasse tout, de garder vos cœurs et vos esprits on Jésus-Christ Noire-Seigneur. Amen.
Donné à Rome, hors la porte Flaminia, le III des Nones de juin, le saint jour de Pentecôte^ et le jour de notre consécration, l'an MDGGCXXVIL
la Adresse da pèlerinage national français, lue par M. le vicomte de Damas. /
Très-Saint -Père,
Au moment de son cracifiemcnt, le Sauveur des hommes disait à ses ennemis : JVtmc est hora vestra etpotestas tenebrarum, et, trois jours après, vainqueur de la mort, il ressuscitait.
Ne dirait- on pas qu'au moment où l'impiété cùerche à crucifier l'Eglise, les mêmes paroles tombent de la bouche de Jésus- Christ pour constater de semblables douleurs et promettre les mêmes triomphes.
Fortifiés par vos invincibles espérances, avec vous nous sommes certains que« malgré raniverselle conspiration des ténèbres, viendra bientôt pour l'Eglise et pour son chef vénéré l'heure de la Résurrcclion et de la Victoire.
Bans répreuve comme dans la prospérité, notre cri reste toujours le cri des Chrétiens, Foi, Espérance, Amour.
Fils de la France, nous venons de prier dans ces sanctuaires d'Italie, qu'en des jours de délire nos pères avaient dévastés, parce que nous voulions montrer à ces populations, naguère scandalisés par nous, la vraie France, la France toujours fidèle à son Credo.
Après cette réparation, nous venons avec un cœur plus libre répondre de notre attachement filial et de notre soumission sans bornes, au grand Dispensateur de la vie et de la Charité catholique*
A sa parole l'univers s'émeut, les méchants tremblent^ les bons respirent et se préparent à combattre ses combats. Tous ici^ nous sommes fiers de porter la croix qu'il nous a donnée comme insigne, et nous serions prêts à verser notre sang pour lo triomphe de sa cause.
T. JiT, . -
Glaire de Montefalco, dont li? aut-Père, des depuis tant de siècles entier eaes de France corruption, et répand v/ -»nde cette grande de tous les autres saintr/ armî eux, les enreliques ou auxquel» *ey> Amiens, Angouconfiance. ^arches de votre trône, Dans vos prièrr ^ Autres préparent leurs à Dieu de noua, <*vôc nous pour répéter Fi- Père le pape evouement, Amour à Pie IX.
dans ses réf ^e infaûlible I faiteupeo .^raiRoi!
toute Ift/IÏ'
VOUP jftfi^ ^^ pèlerins anglais, lue par Mgr Clifford.
^^Cardinal-Archevêque, les Évoques, le Clergé
fie
et les enfants catholiques d'Angleterre, se prosternent humblement aux pieds de Votre Sainteté dans ce très-heureux Anniversaire du jour où, il y a cinquante ans, Votre Sainteté fut consacrée Evéque dans l'Eglise de Dieu.
Déjà plus d'une fois nous nous sommes réjouis au retour des jours de fête pour Votre Sainteté,— pour le Jubilé de votre élévation au Sacerdoce; pour celui de Votre glorieux Pontificat, qui dépasse les années de Pierre; maintenant nous nous réjouissons pour le Jubilé de Votre Episcopat.
Mais, comme nous nous sommes réjouis avec Votre Sainteté, ainsi, en même temps qu'EUe, nous avons déploré, ô Très-Saint-Père, les afflictions qui, dès le commencement de Votre Pontificat, ont assailli le Siège et le Successeur de Pierre, et, dernièrement, les outrages et les sacrilèges commis contre Votre Personne sacrée et Votre cité de Rome.
Nous, Vos fils, qui appartenons à l'Eglise récemment reconstituée par Votre Sainteté en An-
Te, nous avons prié avec toute l'ardeur et
■on de notre cœur, afin que le Divin Chef
'se console et protège par son pouvoir
ar son amour Votre Sainteté et lui ac-
^lour des années heureuses, où Elle
nouvellement en paix cette Eglise,
.0 Elle a si longuement régné dans la
•lis aux Pasteurs et auxûdèlesdu monde chréqui, de toutes les parties de l'Univers catho- ^tle, accourent en grand nombre dans la Capitale de la Chrétienté pour saluer Votre Sainteté, nous. Catholique d'Angleterre, nous demandons humblement pour nous-mêmes, pour tous ceux que nous représentons et pour notre patrie, la Bénédiction Apostolique.
3o Adresse des pèlerins du Canada, lue par Mgr Racine,
évêque de Sherbrook.
Très-Saint-Père ,
En ces jours de grâce et de gloire que le Seigneur a faits et qu'aucun de Vos prédécesseurs sur la Chaire de Pierre n'avait encore vus, nous pouvons bien Vous redire avec le prt>phète : « Vide coUecios filios tuos ab Oriente sole usqm ah Occidentem. » Le même but, les mêmes sentiments, les amènent tous dans la Capitale du Monde catholique : Leva in circuiiu oculo uos, et vide, omnes isti venerunt tibi, omnibus his velut ornamento ves-iieris.
La province ecclésiastique de Québec a aussi député ses pèlerins et Vous les voyez en ce moment, Très-SaintrPère, prosternés à vos pieds. Ils sont venus de loin, conduits par Dieu à travers
l'Océan. « Transtulit illos per mare et transvexit
iUos per aquam nimiam. » Ils ne sont, il est vrai, qu'un petit nombre, mais les désirs et les vœux de tous leurs frères les accompagnent. Quand ils n'eurent qu'à écouter la voix de leur dévouement et de leur courage. Vous le savez, Saint- Père, iis'^ont
Tenus par centaines pour Yoas défendre et monrir sons Totre glorieux drapeau. Nous pouvons le dire avec un légitime orgueil : le Canada est resté tou-^ jours ce que l'avait fait en des temps meilleurs la vieille France de Gharlemagne et de saint Louis. Nés à l'ombre de la croix, nous y avons vécu jusqu'ici, et notre foi, respectée par les nouveaux maîtres que la Providence nous donna, il y a plus d'un siècle, n'a jamais défailli.
Etre attachés d'esprit et de cœur à Votre Siège Apostolique; recevoir avec empressement Votre enseignement doctrinal et Vos conseils paternels, demeurer en tout et toujours en communion par* faite avec Vous, tel est, Très-Saint-Père, noire bonheur, teUe sera toujours notre règle de conduite. Car nous savons que Vous êtes Pierre, que là où est Pierre, là est l'Eglise ; là la voie, la vérité et la vie. Aussi sur cette terre arrosée par le sang des martyrs, auprès du tombeau des Saints Apôtres, et au milieu du souvenir des Saints, sommes-nous heureux de Vous exprimer notre obéissance sans réserve, notre amour filial, notre vénération profonde.
Les grandes œuvres de Votre glorieux pontificat ont pénétré It monde catholique d'admiration, et nous aimons ici à saluer en Vous le Docteur infaillible, le Pontife du Syllabus, le Pape de VIsR" maculée Conceptiouv
Les souffrances qui vous accablent, Très-Saînt- Père, ne font qu'augmenter notre attachement à notre foi. Déjà ces souffrances nous étaient connues et nous les avons ressenties et partagées. Aujourd'hui nous les voyons de nos yeux, et nous avons l'âme navrée de douleur. AstilerurU reges terrœ et principes adversus Dominum et adversus Christum ejus. Ils ont porté sur la ville sainte une main sacrilège, et voyant Rome triste et dépouillée, ils ont dit : Hœccine est urbs perfecti decoris gau' dium terrçe.
Oui, c'est bien elle, la ville que nous aimons, car sous le manteau de deuil qui la couvre, elle
Les ADItiBSSËâ 297
ôonserve toujours son impérissable beauté. Les persécutions lui sont connues, mais elle ne les craint pas. Des catacombes et des prisons où elle dut longtemps gémir, TËglise sortit enfin triomphante, et vit bientôt à ses pieds ses propres persécuteurs. Elle triomphera encore, elle triomphera toujours car elle repose sur un fondement inébranlable et les puissances de l'enfer ne sauraient prévaloir contre elle.
Très- Saint-Père, Vous êtes Pontife et Docteur, mais de plus. Vous êtes Roi. Votre couronne est
TOUS seul et Vous pouvez aujourd'hui surtout i péter cette parole : « Ego autem conslitutiis sum
ex ab eo super Sion^ montem sanclum ejus. i>
Successeur de Pierre, Vous êtes comme lui captif, mais comme lui aussi Vous avez sur tous les points de l'univers des fils qui supplient le Dieu tout puissant de Vous rendre la liberté : « Et Petrus quidem servabatur in carcere : oraiio autem fiebat sine intermissione ab Ecdesia ad Deum pro eo. )) Ce qui se passa alors, nous le verrons se passer encore : « Ecce Angélus Domini et cecide^
runt catenœ de manibus ejus. » Oui les chaînes tomberont; l'Ange libérateur viendra; puissiezvous. Très- Saint-Père, le voir venir. Demeurez encore longtemps avec nous : « Mane nobiscum quoniam advesperascit, et inciinata est jam dies, » Dites-nous avec saint Paul : « Hoc confidens scia quia manebo et permanebo omnibus vobis adprofectum vestrum^ et gaudium fidei. » Tels sont, Très- Saint-Père, les vœux ardents que nous déposons à Vos pieds avec nos humbles offrandes ; et à genoux devant Vous, ne formant tous qu'un cœur et qu'une âme, nous implorons Votre Bénédiction Apostolique sur nous et sur notre patrie.
4o Adresse des pèlerins allemands, lue par M. le baron
de Lo6.
Très-Saint-Père,
Déjà depuis longtemps les peuples catholiques de FAllemagne Vous envoient, Très-Saint-Pèroi
m APPENDICE
leurs députés ; afin que, dans votre sein^ comme dans celui du Père commun de tous les fidèles» ils déversent leur douleur et Vous racontent leurs misères, Toppression et la ruine de la civilisalion chrétienne, et pour qu'en retour Votre voix, voix du docteur infaillible^ voix du plus aimant des Pères, nous enseigne, nous confirme et nous Qon* seille.
Ahl plût au Ciel qu'aujourd'hui» en ce jour de joie et d'allégresse pour Vous» nous puissions. Très- Saint-Père, Vous annoncer de plus heureuses nouvelles. Plût à Dieu que l'Allemagne catholique pût enfin dépouiller ses habits lugubres, se délivrer des liens qui étreignent son cou et revêtir les vêtements de sa gloire. Mais les cruels maux durent encore, ils oppriment TEgllse dans notre patrie; l'homme ennemi sème encore la zizanie; nos évêques et la plupart des prêtres sont exilés; la plus cruelle persécution pèse sur le peuple fidèle, et Ton assaillit par toute sorte d'artifices et de violences les droits les plus sacrés d'une cou* science chrétienne.
Jusqu'à ce jour on n'aperçoit nul indice de paix, comme si la violenise seule et l'abus de pouvoir devaient prévaloir contre la justice et empêcher la dissolution de tout ce que les ennemis de l'Eglise ont établi contre elle et contre Dieu.
.Bien plus, à ces maux vient s'en ajouter un autre, c'est que, par la ruine et la corruption des écoles, dont les prêtres sont exclus, on prépare à la jeunesse les plus grands dangers. Car c'est par cette manière d'agir que les ennemis de l'Eglise espèrent triompher et accomplir leurs funestes desseins, que le courage et la vigilance apostolique de nos évêques, qu'on ne saurait assez louer, la constance admirable et invincible des prêtres, enfin la foi sans tache du peuple chrétien, ont jusque-là rendus vains.
Tout cela n'empêche pas, Trés^-Saînt-Pére, que, de concert avec les aulres peuples catholiques, i'AUomagne catholique ne vienne en ce jour si
LES ADlUËSSËg 289
heureux vous offrir ses joyeuses félicitations.^ En ce jour où, après que Vous avez accompli dix lustres depuis la réception de la charge sacrée de rordre d'évêque, dont Vous occupez le faîtedepuis plus de trente ans, toute TEgiise, remplie d'émotion s'est levée.
Elle s'est rendue à Rome, et vers cette Eglise qui préside en charité, comme récrit saint Ignace, et vers laquelle^ commel'enseigne saint Irénée,à cause de sa plus grande principaiiié, toutes les Eglises et tous ceux qui sont fidèles, doivent affluer de toute part ; afin de \isiter Pierre en ses liens au Vatican, et offrir au Pontife, qui célèbre la solennité semi* séculaire d'un très-heureux jour, les présents d'une piété affectueuse avec ses iélicitatious et ses vœux les plus ardents pour Vous, ô Vicaire du Christ.
Très-Saint-Père, Vous qui avez élé placé en signe de contradiction pour les ennemis de la Croix, — car le di>ciple n'est point au-dessus du maître, — mais pour nous, comme un signe de la miséricorde du Dieu Tout-Puissant, veuille ce Dieu, sous Votre règne, arracher son peuple aux angoisses et aux calamités, et, après avoir vaincu et dompté tous les ennemis, exalter l'Eglise par Votre triomphe.
L'Allemagne catholique assiste à cette insigne solennité, en Vous félicitant. Elle est opprimée, affligée, mais non privée de tout espoir; elle est dépouillée de ses Pasteurs, mais elle jouit aujourd'hui de sou Pasteur suprême.
Ses plaintes douloureuses se convertissent en larmes de joie. Elle e^t pauvre de riches dons, mais elle ne le cède à personne en piété, en fidélité et en obeissauce.
Daignez, Trè^î-Siiut Père, accorder Votre Bénédiction apostolique a Votre très-rcjspeetueuse fille, qui se prostirne à Vos pieds sacrés par l'inJermédiaire de ses députes ; afin que nous combattions avec succès, que nous consirvions la foi, et qu'avec Vous, Très- Saint-Père, nous obtenions la couronne décernée à la justice.
0» Adresse des pèlerins belges, lue par Mgr TÉvêque
de Liège.
BéDÎ soit Bien qui me donne en ce moment la grâce d'être auprès de Votre Sainteté Torganc de mes vénérables collègues, et qui me permet, après une longue attente, de vous apporter, au glorieux anniversaire de votre Consécration épiscopale, l'hommage de notre vénération et de notre fidélité respectueuse !
A saint Pierre il a été dit : Confirme tes frères. Depuis trente années. Votre Sainteté remplit cette mission avec un éclat incomparable : annonçant la vérité^ démasquant l'erreur, dissipant les illusions, souffrant persécution pour la justice; soutenant le courage et bénissant les travaux de l'Episcopat dans le monde entier, gouvernant l'Eglise de Dieu avec cette énergie et cette bonté paternelle qui ont conquis l'admiration du monde. Âa milieu des vicissitudes d'un Pontificat si agité. Dieu vous donne, Très- Saint-Père, la consolation d'assister au plus admirable épanouissement de l'unité de l'Eglise, et de recueillir sans relâche les manifestations de sa fidélité et de son amour. L'impiété a beau réduire votre domaine aux murs de ce palais ; d'un bout à l'autre du monde les cœurs vous restent fidèles, et toutes les nations vous décernent en ce moment un incomparable triomphe.
Nous aussi, nous venons nous associer à ce triomphe. Nous sommes ici pour attester la fidélité et le dévouement d'une nation catholique à Celui qui représente ici-bas le règne de Jésus-Christ. Si la Belgique officielle est empêchée de donner libre cours au sentiment chrétien de ses populations, l'empressement spontané des cœurs fidèles n'en est que plus ardent et plus sincère. La fête de votre Jubilé épiscopal soulève dans toutes nos cités comme dans le plus humble de nos hameaux des transports d'admiration et d'enthousiasme. Dans
celte foule qui se presse à vos pieds, «^mue du même sentiment de piété filiale, tous voyez, Très- Saint-Père, une image fidèle de cette Belgique qui vous vénère et qui vous aime, et qui, depuis le temps de vos grandes épreuves, n'a cessé de multiplier les témoignages de son amour, ainsi que peuvent l'attester ces éminents personnages qui ont si dignement représenté parmi nous la Majesté du Siège apostolique.
Vous y voyez des membres nombreux d'un clergé éuergiquemcnt dévoué aux intérêts des âmes, fidèle à sa mission, finalement attacbé au Siège apostolique, et qui s'efforce en tout de suivre l'exhortation de votre parole et d'imiter vos exem« pies. Daignez, 6 Saint-Père, bénir sa foi, son courage et sa fidèle obéissance I
Vous y voyez les délégués de l'Université catholique de Louvain, de cette institution grande et prospère érigée par vos illustres prédécesseurs, dont nous recueillons les fruits et qui, par ses travaux, par son esprit chrétien, par la défense de la vérité et des intérêts religieux , par la nombreuse jeunesse qu'elle prépare à toutes les positions élevées de la société, ne cesse de rendre à l'Eglise du milieu des luttes de notre temps le plus signalé des services. Je suis heureux, Très-Sain l-Pèrc, en vous demandant une bénédiction spéciale pour ce grand Corps scientifique, de lui exprimer publiquement dans une circonstance unique et dans le lieu le plus élevé du monde le témoignage de la recon-< naissance de l'Episcopat.
Vous y voyez les représentants de nos familles chrétiennes qui ont gardé avec les traditions de leurs pères l'amour de TEglise, la ferveur de la vie chrétienne et le dévouement au Vicaire de Jésus- Christ, et dont plusieurs ont donné au Saint Siège quelque chose de plus précieux que l'or, le sang de leurs enfants. Une bénédiction encore, Très- Saint-Père, pour ces familles, afin que leur avenir réponde à leur passé, et que ces générations chrétiennes perpétuent parmi nous, avec l'honneur de
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leurs noms, les traditions antiques de la foi et du courage chrétien.
Vous y voyez enfin les représentants de toutes les œuvres qui sont rhonneur en même temps que l'appui de la religion et les fruits d*une piété sincère. Œuvres de dévouement à la cause du Saint Siège, œuvres de miséricorde et de charité chrétienne, œuvres d'apostolat et de publicité, œuvres religieuses dont presque toutes sont ici représentées par quelques-uns de leurs membres consacrés à Dieu ; Très-Saint-Père, ce sont là nos trésors : les trésors de l'Eglise. Tout ce peuple vient à tous n'ayant qu'un cœur et qu'une âme, comme il viendrait au divin Maître, vous offrant ses dons, ses dévouements, prêt au besoin à vous donner sa vie. Accueillez ces transports. Bénissez les esprits, les cœurs, la patrie, les familles I Et que chacun de nous emporte de cette heure solennelle l'émotion, d'une vénération plus profonde, le bonheur de vous avoir consolé, l'espoir d'un avenir moins sombre, et la grâce d'une fidélitd inaltérable.
60 Autre adresse des catholiques belges, lue par M. le comte de Yillermont.
Très-Saintrère,
Catholiques belges, nous venons déposer aux pieds de Votre Sainteté l'hommage de nos félicitations pour les grandes grâces dont il a pla à Dieu de vous combler, pour la consolation des fi* dèles et la glorification de la Sain te- Vierge.
Il y a cinquante ans, vous montiez les premiers degrés du trône d'où vous gouvernez aujourd'hui le monde des âmes, des intelligences et des vo* lontés.
Vous vous plaisiez dès lors à catéchiser les pauvres de cœur et les humbles d'esprit, à guider vos ouailles dans les sentiers de la vertu, les préchant de l'exemple non moins que de la parole.
Ce que l'évèque promettait, le Pontife suprême l'a tenu.
LES ADRESSAS 293
Vos épreuves ont grandi avec votre mission sainte. Dieu a permi qu'elle vous élèvent à une hauteur telle que pas un des petits, des faibles et des opprimés de ce monde ne pût échapper aux hienfaits de votre rogard, aux enseignements de votre parole, aux bénédictions de votre main paternelle.
A mesure que se sont éloignés les gouvernements, entraînés par l'erreur libérale vers les pentes de l'abîme, les peuples se sont rapprochés de vous, et les avenues de Rome, abandonnées par les puissants et les superbes qui voient l'isolement régner autour d'eux, sont sillonnées sans cesse par la foule des pèlerins de toutes nations.
Vos ennemis eux-mêmes ont travaillé à votre gloire, et les persécuteurs ont raffermi les fondements de l'Eglise. Courbés sar la terre, ils l'ont vainement bouleversée pour en faire jaillir une popularité ardemment désirée, et ils ont rendu le nom de Pie IX le plus populaire de l'Univers. Quel est, en effet, le point du globe d'où ne s'élève une prière pour Pie IX, où ne se recueille le Denier de Saint Pierre, où ne soient connus, révérés et enviés les noms des martyrs de Castelfîdardo, d'Ancône et de Mentana ?
Le tribut que nous vous apportons, Très-Saînt- Père, n'est qu'un faible témoignage de sentiments profondément enracinés au sol de notre catholique patrie. Si nulle part le Papo n'est plus vénéré qu'en Belgique, c'est que nulle autre nation ne vous doit plus que la nôtre, et qu'en vous, Très- Saint-Pèro, se personnifie le droit, l'unique défense de la faiblesse contre la force, et la justice, raison d'être de notre existence nationale.
Aussi n'est-il aucune puissance humaine capable de rompre les liens d'obéissance, de dévouement et de vénération qui nous rattachent à votre personne sacrée. Ce que vous aimez nous l'aimons, ce que vous enseignez nous le croyons, ce que vous condamnez nous le condamnons, car vous êtes le docteur infaillible, la lumière de nos
intelligences, le pasteur bîen-aîmé de nos âmes, le guide de nos volontés. Et c'est pourquoi, dociles à vos avis, nous rejetons l'hérésie libérale, de quelque déguisement qu'elle se couvre, et nous repoussons énergiquemont les théories insensées qui fractionnent la personnalité humaine en deux parties contradictoires, l'homme privé catholique et l'homme public libéral.
Ce que nous sommes devant vous, Très-Saint- Père, nous le sprons partout ailleurs, dans les épreuves de la vie publique comme au foyer do nos familles, et, à Dieu ne plaise que nous rougissions jamais d'être et de nous montrer catholiques. Fiers de notre baptême, nous n'en oublierons jamais les saintes obligations, nous implorons votre bénédiction, afin qu'elle nous fortifie aux heures de trouble et d'angoisse, qu'elle nous soutienne dans les difficultés et les luttes de la vie, qu'elle soit enfin pour notre patrie, pour nos familles et pour nous-mêmes le gage assuré de la paix dans l'union en Notre-Seigneur Jésus-Christ.
l'* Adresse des pèlerins suisses, lue par M. le comte
Scherer-Boccard.
Les chrétiens que vous daignez admettre en ce moment en votre auguste présence, ont quitté leurs montagnes et traversé les riantes plaines de l'Italie pour offrir au Vicaire de Jésus-Christ leurs hommages de profonde vénération et d'amour filial et constant.
Nous venons au nom des évêques, du clergé et des catholiques fidèles de la Suisse, notre patrie, dire à Pie IX que nous l'aimons tendrement, que nous ressentons toutes ses douleurs et que nous rendons mille actions de grâces au Très -Haut de nous avoir donné et si prodigieusement conservé un si grand Pape.
Fidèles aux traditions et à la foi de nos pères, nous croyons que le Pontife Romain est le succès-
seur de saint Pierre; qu'il est Thérîtier de tous ses privilèges et de sa puî?san<îe et que, par conséquent, vous êtes, Très-Saint-Père, notre vrai et unique Pasteur, ayant divinement reçu la mission de paître tout le troupeau, de confirmer vos frères dans la foi et de diriger la mystérieuse barque de l'Eglise sans que les flots parfois, et de nos jours spécialement, si formidables, puissent jamais la briser ou la submerger.
Nous considérons donc le Pontife Ko main comme le représentant de Jésus-Christ dans le monde, vos enseignements comme les oracles infaillibles de la patole divine et votre pouvoir réel, efficace, sacré, inaliénable, venant de Dieu et non des hommes.
Autrefois nos ancêtres , nous osons le rappeler, au* sommet de leurs montagnes, sur les rivages de leurs lacs ou conduisant leurs troupeaux à travers les vallons, se glorifiaient de leur fidélité et de leur attachement au Saint Siège; et plus d'une fois, accourant à son secours, armés de leurs hallebardes, de leurs arquebuses ou de leurs épècs, ils firent mordre la poussière aux injustes violateurs de ses droits et do ses libertés, ce qui leur valut d'être appelés par vos augustes prédécesseurs : « les défenseurs de la liberté de l'Eglise » Defensores ecclesiasticœ liberlatis !
Aujourd'hui nous voyons notre Père dépouillé, opprimé et outragé et même prisonnier. Mais, hélas I nous n'avons plus, dans notre faiblesse et notre pauvreté, que des larmes à offrir à Pie IX, et nos faibles prières à ce Dieu Tout-Puissant, qui assigne à l'Océan ses limites. Toutefois, nous venons encore apporter contre l'injuste violence nos protestations que nous déposons au pied de votre trône auguste et sur le tombeau de saint Pierre, comme un monument éternel de notre fidélité.
Nous tenons même à vous assurer, Très-Saint-Père, que les catholiques de la Suisse n'ont eu aucune part au renvoi brutal de votre digne représentant, et que nous considérons toujours comme un malheur très-regrettable pour nous l'interruption des
relations qui ont existé à l'avantage commun , car rimpartiale histoire Tatteste^ depais saint Charles Borromée jusqu'à nos tristes temps.
Quoiqu'il soit pénible d'affliger votre cœnr, Très-Saint-Père, par le récit de nos malheurs actuels, nous ne pouvons néanmoins omettre de dire que depuis longtemps des étrangers sont venus semer la zizanie dans notre pays et que, dans plusieurs cintons, nos frères sont victimes d'une persécution tros-douloureuse. Vous voyez en effet à vos pieds deux de nos évéques, dont l'un est exilé de la patrie, et l'autre, chassé de son siège épiscopal et séparé de la plus grande partie de son troupeau, tous deux marchant noblement sur les traces du troisième dans la voie de la souffrance pour la foi. Nous ne dirons rien des amendes, des emprisonnements, des exils infligés aux prêtres et à tant d'autres hommes, dont la fidélité à la foi catholique est le seul crime. Aujourd'hui il y a en Suisse des provinces eaiières où les catholiques n'ont plus une seule église à leur disposition : on les a livrées au schisme, quoique l'immense majorité du peuple vous soit restée fidèle.
Cependant, Très -Saint-Père, n'appréciez pas trop sévèrement, nous vous en prions, ces criminelles aberrations : nous sommes justes en affirmant que dans notre pays, terre classique de la liborté, jamais on n'aurait fait un si criant abus de la force, si les fils de THolvétie eussent été laissés à leurs propres inspirations.
En affirmant notre immuable fidélité au Vicaire de Jésus-Christ et au Saint Siège apostolique, nous déclarons aussi que nous aimons notre patrie et que nous lui sommes tous, prêtres et fidèles, entièrement dévoués. Entre toutes les calomnies auxquelles nous sommes en butte, nous avouons que celle qui aou«' prête des sentiments hostiles à notre patrie est pour nous la plus sensible, et nous osons prendre Votre Sainteté à témoin que l'on peut être en même temps bon catholique et bon citoyen, fidèle à la patrie comme à l'Eglise,
C'est avec regret. Bienheureux Père, que nous voyons venir le moment de quitter la Ville des Papes, dont vous êtes actuellement presque le seul attrait et le plus bel ornement. Ah! que serait cette cité sans Pie IX, ou veuve de son Pontife I
En vous quittant, ô Père, ô Pasteur, nous avons une consolation unique parmi toutes les nations. Vous daiguez permettre à nos compatriotes de garder votre demeure; vous nous faites même Tiasigne honneur de leur confier votre personne auguste. Tons les bons catholiques suisses apprécient hautement cette faveur, dont nous jouissons depuis des siècles.
Permettez-nous d'être l'interprète de la reconnaissance de votre garde fidèle du Vatican, et de cette autre milice pacifique, composée de vîn^t mille membres sous le nom à* Association de Pie IX, dont est président celui qui a osé, bien trop longuement, faire entendre sa voix en votre présence.
Prosternés à. vos pieds, ô Vicaire du Christ, ô Maître béni, ô Docteur infaillible et Père Saint ! nous vous supplions d'agréer nos actions de grâces pour tout le bien que vous avez fait à nos âmes ; nos félicitations pour votre Jubilé Episcopal et nos vœux de bonheur et de longévité ; nous implorons sur nos pasteurs et sur nos communautés religieuses , sur notre parie entière votre bénédiction apostolique; nous renouvelons notre serment de fidélité au .Vicaire de Jésus-Christ, car nous préférons la mort au déshonneur. Melius mort quam fœdari! C'est la devise de nos pères et la nôtre.
8^ Adresse des pèlerins autrichiens, lue par le cardinal
Schwarzemberg.
Très-Saint-Père,
Au milieu de nombreuses causes de douleur et de crainte, Dieu nous accorde la faveur insigne do voir les fidèles, les prêtres et les évêques du
monde entier, étroitement unis avec vous, leur
Chef saprème, et liés par la plas pieuse fidélité à leur très-cher PèrejCt souverain Pontife.
De cette unité de foi et de piété découle notre force et notre consolation, notre lumière et notre salut; elle apporte à l'Eglise militante la vigueur et la constance ; par elle sont confondus les ennemis et les haisseurs du nom chrétien, auxquels l'Eglise apparaît ainsi terrible comme une armée puisssÈnte rangée en bataille. Parmi les témoins humbles et dociles de cette unité et de cette communion avec le Saint Siège, ses hérauts et ses propagateurs, au milieu des foules innombrables de fidèles qui accourent vers vous, nous vous sollicitons de jeter un regard sur vos fidèles fils qui se préparent à célébrer la solennité de votre grand jubilé dans chaque diocèse de l'empire d'Autriche, tant du rite ruthène que du rite latin, et qui sont venus dans la ville éternelle pour se faire les interprètes de cette piété filiale qui a appris à nos troupeaux à élever leurs cœurs et leurs regards vers vous, leur Très-Saint-Père et leur souverain Pontife.
Ils viennent par ma bouche proclamer leur fol inébranlable, renouveler avec Joio la promesse de leur vénération et de leur obéissance envers vous, vous exprimer leurs félicitations et leurs vœux les plus ardents, vous offrir devant Dieu leur hommage de fidélité. Humblement prosternés à vos pieds, ils demandent, comme gage de la faveur divine et comme témoignage de votre bienveillance, que vous daigniez leur accorder votre bénédiction apostolique.
9^ Adresse des pèlerins américains, spécialement du
diocèse de New-Yark
Nous, soussignés, représentants laïques des cent vingt-six églises de l'archidiocèse de New- York, parlant au nom de tous les fidèles de cet archidiocèse, demandons la permission d'unir nos féli*
citations à celles que vous adresse TEglise teut entière en ce jour mémorable et glorieux où elle célèbre le jubilé d'or de votre épiscopat.
Depuis trente-un ans vous êtes assis dans la Chaire de Pierre. Aucun de vos prédécesseurs ne Tavait occupée aussi longtemps.
C'est aujourd'hui le cinquantième anniversaire de l'élévation de Votre Sainteté à la dignité de répiscopat.
Dans tout le cours d'une existence^ prolongée au-delà du terme ordinaire de la vie humaine, où vous avez accompli de grands travaux, subi de grands revers et souffert de grandes afflictions^ le bras da Tout-Puissant vous a soutenu, et l'Esprit-Saint vous a donné, suivant la promesse divine, la lumière qui dirige.
A cette grande hauteur, où vous êtes élevé audessus des autres hommes, les orages les plus violents qui puissent agiter la société humaine ont exercé leurs fureurs autour de vous. Mais vous les avez bravés en face avec une sérénité et un courage infatigables.
Une violation scandaleuse et perfide des principes les plus sacrés du droit international vous a dépo^illé de la souveraineté temporelle, légitime apanage du Saint Siège pendant mille ans. Vos ennemis et ceux de l'Eglise vous ont assailli sans trêve ni relâche. Vous avez enduré toutes les spoliations, les afflictions et les calomnies avec une patience sublime. Aucune menace n'a pu vous émouvoir; aucune promesse, vous tromper. Vous avez, avec une énergie toujours égale, refusé de transiger avec le mal et de le laisser échapper à vos condamnations. Votre inébranlable attachement à la justice et à la vérité est, en réalité, le grand spectacle moral de ce temps-ci. Parlant fermement le langage de renseignement do l'avertissement ou du blâme, aux souverains et aux peuples, vous avez, dans le conflit ardent des opinions erronées et autisocial6<$, maintenu les vérites éternelles de la révélation.
300 lAPPENDICE
Et maintenant 9 digne couronnement d'une œuvre d'iniquité, les ennemis de l'Eglise en Italie essayent de saper à la base^ par une législation inique, notre divine religion. Violant les garanties promises, ils dirigent leurs coups contre le pasleur du troupeau. Ils voudraient donner à l'Etat le droit de punir, à son gré, de l'amende et de l'emprisounement les évêques et les prêtres qui transmettront vos paroles aux fidèles. Eu réalité, les persécuteurs païens d'autrefois étaient moins coupables. Ceux-là n'avaient pas connu le Christ. Les persécuteurs d'aujourd'hui, eux, vivent dans la lumière de la vérité que le Christ fait briller depuis près de dix-neuf siècles.
Cependant, au milieu de toutes ces épreuves et de toutes ses adversités, dont notre pays est innocent, Votre Sainteté n'a pas été sans consolation. Partout, mal gré l'opposition et la contradiction, les fidèles ont écouté, avec vénération, votre voix, comme celle du Vicaire du Christ, des lèvres duquel ne cessent de couler la vérité, l'espérance et le pardon. Sous votre direction èclaiç^e, douce et ferme, à la lumière de voire glorieux exemple, le dévouement à l'Eglise et an Saint Siège est devenu, par le travail de leur intelligence, plus qu'il ne l'avait jamais été auparavant, fortemeut enraciné dans leurs âmes. Ils sont accouru de toutes les parties du monde pour implorer votre bénédiction el déposer à vos pieds, avec des offrandes généreuses, l'expression de leur vénération, de leur sympathie et de leur amour.
Nous vous assurons. Très -Saint-Père, que dans leur loyal attachement, dans leur obéissance si profondément respectueuse et dévouée au Saint- Siège, les catholiques des Etats-Unis ne le cèdent aux fidèles d'aucun pays. Comment, dès lors, pourrions-nous ne pas rappeler les gloires les plus éclatantes de votre si illustre pontificat : les deux définitions dogmatiques qui paraissent avoir achevé le monument de la doctrine chrétienne? N'est-ce pas encore notre devoir de rappeler avec
reconnaissance le grand honneur que vous avez, le premier, conféré par notre diocèse à TEgliso des Etats-Unis, en élevant l'archevêque de New- York à la dignité de cardinal de la sainte Eglise romaine? Cet acte fut sans doute une des moindres gloires de votre règne. Pourtant, nous en sommes convaincus, le souvenir en demeurera à tout jamais gravé dans nos mémoires et celles de nos descendants.
Et maintenant, qu'il nous soit permis de le dire:
Nous sentons que le développement extraordinaire de l'Eglise, dans notre pays, doit donner à Votre Sainteté heancoup de joie et de consolation. On l'a vu ainsi : TEglise peut prospérer sous un gouvernement républicain aussi bien que sous un gouvernement monarchique ; tout ce dont elle a besoin, tout ce qu'elle demande, c'est ki justice, rimpartialité, la liberté de se gouverner ellemême, par-dessus tout le droit de communiquer librement avec le centre de l'unité catholique, la chaire de Pierre. Le temps et l'expérience ont montré que, ni dans les principes, ni dans l'applî" cation, notre divine religion n'est contraire à l'esprit des institutions sous lesquelles nous vivons.
Bien plus, le temps et Tespérience l'ont montré, elle est en harmonie avec ces institutions, mieux que les doctrines des sectes auxquelles tant de nos compatriotes appartiennent. L'esprit conservateur elles tendances conservatrices du catholicisme, si inflexiblement . opposés dans l'ordre social aux innovations dangereuses ou téméraires, sont un élément de préservation et de salut, dont l'avenir pourra établir la valeur. Et nous savons qu'en obéissant aux préceptes de notre religion, nous sommes sûrs de nous montrer de bons et loyaux citoyens.
Dans un des siècles passés, quand la puissance des Turcs était à son apogée et faisait la terreur de l'Europe, votre prédécesseur, Pie V, de sainte mémoire, par une inspiration miraculeuse, au moment môme de l'événement^ annonça la joyeuse
Doavelle de la glorieuse victoire qui brisa ce poavoir et en commença le déclin. Dans nos jours de tristesse, de mélancolia et de désastres, nul œil humain ne peut percer les téuèbres qui en enveloppent l'Eglise en Europe; nul esprit, deviner où et comment il se pourrait faire que Tanrore de temps meilleurs vînt à luire. Si nous n'avions cette promesse divine que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais, en vérité nous serions sans espoir. Mais nous prenons part avec joie, nous trouvons l'encouragement et la force, dans ces espérances que vous avez si souvent manifestées, et que vous avez tout particulièrement exprimées lorsque, dans une circonstance mémorable, vons prononciez ces paroles :
« Oui I ce changement, ce triomphe aura lieu. Je ne sais si ce sera pendant ma vie, pendant la vie de ce pauvre Vicaire de Jésns-Christ. Mais il aura lieu, je le sais. )>
Avec ces sentiments de profond amour et de profonde vération, nous déposons^ aux pieds de Votre Sainteté, nos hommages et ceux des catholiques de notre archidiocèse. Et^ nous en donnons l'assurance à Votre Sainteté, nous remercions Dieu pour chaque jour de vie qu'il vous permet de consacrer au plus grand honneur, à la plus grande gloire de son saint nom.
10<^ Adresse des pèlerins hollandais lue par Mgr Scharpmann, archevêque d*Utrecht.
Très -Saint-Père,
Je viens au nom de mes frères les évéques de Hollande porter à Votre Sainteté l'expression de no tre foi inaltérable dans le Vicaire infaillible de Notre- Seigneur Jésus-Christ, de notre fidélité constante au Pontife-Roi. Je viens au nom de mon chapitre métropolitain, qui m'a tant encouragé à entreprendre ce voyage, au nom des chapitres des divers diocèses, au nom de tout le clergé de la
Hollande, au nom de tous, je viens dire à Votre Sainteté que nous remercions le Seigneur d'avoir donné à son Eglise ce Pontife, à nos yeux le honneur de le voir, à nos cœurs la gloire de l'aimer. Tous, nous vous félicitons, Trèj7 Saint-Père, <l®ce » cinquantième anniversaire de votre épiscopat, qui, dans ce siècle où la superbe humaine prétend régler les mondes, est bien la preuve que c'est toujours Dieu qui régit le temps et les heures, qui dispose d'un jour comme de l'éternité.
Pour nous autres, évêques de la Hollande, cet anniversaire de votre épiscopat, Très-Saint-Père, a une plus haute et en même temps une plus douce signification. Nous y voyons la récompense que le Seigneur, en vous comblant d'années et de gloire — car la plus haute gloire, la gloire du juste persécuté, est la vôtre — a voulu accorder au Pontife qui a ressuscité l'Eglise de Hollande, comme le Seigneur a ressuscité la fille de Jaïre, qui lui a rendu sa hiérarchie, ses évêques, qui a repris l'œuvre que votre prédécesseur saint Serge avait confiée à saint "Willebrord. Les évêques de Hollande tiennent à vous dire, Très- Saint-Père, que si leurs efforts ont été couronnés de quelque succès, si leur apostolat a profité aux âmes, c'est qu'ils avaient dans Votre Sainteté un exemple vivant de cette cura pastoralis dont saint Grégoire le Grand a tracé le portrait immortel.
Et c'est ainsi, Très-Saint-Père, qu'avec leurs chapitres et leur clergé ils mettent aux pieds de Votre Sainteté ce que leurs cœurs et leurs âmes contiennent de mieux : leur amour et leur foi.
Je vous présente, Très-Saint-Père, ces fidèles venus en pèlerins et représentant cette Hollande qui vous aime tant. Ils vous diront eux-mêmes ce qui remplit leurs cœurs. Je n'en veux dire qu'une chose ; les fidèles de la Hollande sont la couronne de leurs évêques ; j'ose espérer, Très-Saint-Père, que vous les jugerez dignes d'être un des fleurons de la triple couronne qui ceint la tête de l'évêque universel .
llo Adresse des Flandres catholiques lue par M. le comte
d'Alcantara.
Très-Saint-Pèrc,
G*est à nous qu'est dévolu Tinsigne honneur de représenter la Flandre catholique aux pieds du trône du Pape-Roi I
Nos sentiments et nos vœux se résument en ces deux mots, plus profondément gravés dans nos cœurs qu'ils ne sont inscrits au blason de nos ancêtres : Fides et amor.
Ces mots vous sont redits, Très-Saînt-Père^ par 58,000 catholiques dont j'apporte à Votre Sainteté les adresses de fidélité.
Votre Sainteté voudra bien reconnaître à cette foi persévérante et active les 200,000 Flamands qui, dès 1859, ont restauré à Gand l'antique tribut du Denier de Saint Pierre.
Aujourd'hui, à Toceasion des noces d'or du Père de la grande famille chrétienne, les catholiques offrent à Pie IX les-étrennes du diocèse de Gand, s'élevant à 100,000 fr.
Daigne Votre Sainteté agréer avec sa bonté habituelle ce faible témoignage de la tendresse de leurs cœurs et de Tardeur de leur foi.
12o Adresse des Irlandais, lue par le chevalier O'Cléry.
Très-Saint-Père,
Représentants d'une nation catholique si connue pour sa fidélité à la papauté, nous désirons déposer aux pieds de Votre Sainteté, successeur de saint Pierre et suprême gouverneur ici-bas de l'Eglise de Jésus-Christ, l'expression de nos sentiments de dévouement filial, de respect et d'amour.
Nous désirons offrir à Votre Sainteté des félici* tatîôns parties du fond du cœur pour le cinquantième anniversai^'C d'un épiscopat si illustre, pour la durée au delà des jours de Pierre d'un pontifi*
cat éprouvé par les persécutions, ennobli par les souffrances, et dont la gloire n'a pas d'exemple dans l'histoire de l'Eglise; pontificat qui a été une incessante proclamation de ces éternels principes de vérité et de justice dont dépendent seuls la vérité et le bonheur de< individus et des nations.
Puisse la vie de Votre Siinteté être encore proloagée jusqu'au rétablissement du successeur de saint Pierre dans la plénitude de son miaîstère, dans tous les droits et privilèges inaliénables du siégs apostolique. Paisse-t-elle voir le triomphe de la vérité et de la justice I
Telle est la prière fervente de vos enfants dévoués qui, pour eux et pour l'Irlande leur pays, demandent humblement, Très-Saint-Pèrc, votre bénédiction.
Nous avions dit que nous devions nous borner à la reproduction des adresses générales^ mais on nous pardonnera de faire une double exception pour l'adresse des zouaves , lue par le colonel d'Albiousse au nom du général do Gharette et pour l'adresse de M. Louis Yeuillot, placée en tête du numéro illustré de V Univers du 3 juin.
Voici l'adresse lue par le colonel d'Albiousse en présentant la statue en argent d'un zouave qui tient^déployé l'étendard du Sacré-Cœur.
Très-Saint-Pèrc,
J'ai l'honneur de déposer aux' pieds de Votre Sainteté ce témoignage de filiale affection et d'absolu dévouement de vos zouaves français, devenus soldats dii Sacré-Cœur quand ils ont dû cesser, momentanément, d'être soldats du Pape.
En me confiant la mission que j'ai l'insigne honneur de remplir aujourdhui, M. de Charette a ajouté : « Dites bien à Sa Sainteté Pie IX, notre bien-aimé Pontife et roi, qu'avec l'aide de Dieu nous continuerons à obéir au mot d'ordre par
excellence: Parole de Pape, consigne de Dieu, fît que nous resterons toujours fidèle à la devise grnvoe sur nos médailles de Mentana et de Castelfidardo : Fide et virlule pro Pelri sede» »
Voici l'adresse de M. Louis Vcuillot, au nom des rédacteurs de VUnivers.
Très-Saint-Père,
Les rédacteurs de VUnivers osent profiter de l'occasion qui leur permet de se présenter devant Vous, pour vous rendre grâce du bonnour de leur vie, consacrée à célébrer la suprême boaulé de votre pontificat.
Dans ces temps de doute et de discordes, où Texlstence civile rencontre tant de chemins ténébreux et humiliants, ils ont eu toujours, grâce à Vous, la joie de suivre la vérité, d'obéir à Thonneur, de vénérer la bonté, d'admirer la magnanimité.
Votre parole vigilante et lumineuse, délivrant leur obéissance de toute inquiétude, ne leur a laissé que l'allégresse d'être fidèle à votre commandement. Combattant uniquement pour la justice, vous seul avez pleinement honoré l'âme humaine.
Cette félicité du combat, la plus rare qui soit en ce monde, vos fidèles en ont joui pleinement. Depuis le premier instant de votre règne, qui n'a manqué à aucun besoin de la conscience, ils ont su ce qu'ils avaient à faire non-seulement comme chrétiens, mais comme citoyens. Vous leur avez ouvert la voie et donné l'exemple. Ils ont cru, ils ont été vraiment libres, et ils espèrent. La liberté civile n'est plus dans leurs mains une arme périlleuse ou inutile ; elle peut servir à l'Ëglisè et au monde. Ils en ont usé avec sécurité ; ils pourront la léguer au siècle futur, car le règne de Pie IX n'est pas fini. Dans l'histoire, il sera un perpétuel exemple de la fidélité de Dieu et de la
fidélité du monde lui-même, aux Pontifes qui voudront héroïquement obéir et commander.
Les Papes peuvent subir l'exil et la prison. Mais vous avez montré à votre tour que le roc de saint Pierre, où siège le gardien de la justice et le souverain adversaire de l'iniquité, a été jeté au milieu des flots du monde pour les dominer et rompre leur effort.
Soyez éternellement loué et béni, Très-Saint- Père, de l'accroissement d'amour et de foi dont vous avez embelli et fortifié le cœur infirme du pauvre genre humain.
Vive à jamais le vicaire de Dieu, roi libérateur du monde I
Louis Veuillot.
HOMELIE
ADBXSSÉB
Par Monseigneur l'ôvêque de Poitiers