‹ La Circé de ParisChapitre 2 sur 4 · U. GIHCÊ DE PA&IS · texte numérisé non relu

U. GIHCÊ DE PA&IS

tinuez d'alléger ainsi notre planète, comme si TOUS aviez affaire à Saturne ; br&lez les montagnes dans vos chaudières , conune Micromégas quiensoupaît; mais convenez qae si l'impulsion donnée & de telles explorations continue, que ^ l'homme se croit obligé pour mieux vivre de consommer une montagne dans sa vie, pour se «hauffer, s'éclairer, se faire des trottoirs, convenez qu'un demi-siècle seulement de pai-eilles «onsommations doit porter on noble préjudice à iliaraiome préétablie.

Le statuaire qui extrait un bloc de la mine, pour faire son œuvre , ne lait que déplacer la matière ; mais vous autres, vous ne déplacez pas, vous anéantissez : vous limez le globe à sa sur- £ice, vous creusez dam ses entrailles pour ne lien lui rendre en échange de ce que vous lui volez. ■*

De sorte que Dieu seul, qui a pesé la terre dans sa main avant de lui dire : o Tourne I sait combien il faut soustraire de ce poids primitif qui était dans la condition de la durée, de la ■vie, de la solidité de ce pauvre globe si fiillemen.t TOgaé par des spéculateurs.

Déjà on se plaint que l'ordre des saisons est interverti, qu'il n'y a plus à compter sur le soleil, '

38 U. OiCi IS FASIB.

que l'hiver pasee l'été dans le Kord, qoe les,vssito aliz^ manqoent à leur reodez-Tona , que les moussons oublieirt lenr ancienoa exactitude, qu'enfiu rien ne msTcfae ânas la n^nre comme jadis...

Je le crois'bien, laa loi! Et qos ao-a-oe après ce siècle d'aclioniiaireB, qui auront vendu le globe h l'encan ? Je ne serais pas étonné que le soleil oubliât de se lever eu 49S2!

Voici pourtant qudqne chose de biai gmve.

On a surpris, depuis quelque temps, la boussole

en flagrant dâit de distraction : l'aiguille

- aimantée divague, elle tourne le dos au nwd, «t

elle a raison.

Les savants ont iait des mémoires pour prouver que la boussole n'aurait point dû dévier de ses principes. En attendant, la bousec^ dévie, et l'on ne sait où s'arrêtera cette divagation.

Les savants prétendaient que l'aiguille magn^ tique se tournait vers le nord, parce qu'il y a. beaucoup de mines de fer en Suède : c'était une rùson comme une autre. La Suède a beaucoup de mines de 1er encore; mais pas assez, probablement & cause des exportations, pour gardu' l'afEsctton de la boussole.

Mous n'adoptons que faifalemant ce eystème.

u. caot M riius. 30

UtB qa'il ae rattache dïrectemuit au otAtt.

L'aiguîUe aimantée, n'en déplaire aux savants, obâssait à d'witres lois qu'aux lois de la Suède ; f^ action mystâimse était dirigée par une puissance occulte, qui tenait un rang dans les bamifinies de la nature : or, ces hannonjes, se MeopAonisant de jour en jour, grâce ànos folie», doit-on fi'étonner des variations de l'aiguille aimantée ? doit-Mi aUeac en Suède pour déoouvnr le primâpal du mal?

Et encore, noue ne sommes qu'au dâmt :

regardez la quatrième page des joumuix, rt tremUez pour vos ceraux, si vous en avez, surtout si vos neveux soat marina.

L'homme a ordonné à la terre de lui donn»

tout ce qu'Ole a de saperflu, depuis le oèdA juBqu'i l'hyssope, depuis la perle de Ceylan jusqu'au vil charbcm d'Anziu, et la terre obéira ; que voulez-vous qu'elle lasse?

Pourtant on n'insulte pas impunément une planète, queli^ petite qu'elle soit. La boussole prend tait et casse pour le globe :

Ah ! vous voulez, dites- vous, que vos navires £illomiaU les mers pour le commerce de la houille, du Mtame, du bois de sapin, de tout, aifin;^biaiIlabDaEeaie va donner sa t^aais-

40 u. Cad DE tuas.

sion; si la boussole s'égare, avec quoi vous conduirez -vous? D

C'est le sel de l'Évangile appliqué à l'aiguille : Si televanuerit, quomoào talietur? Si vous n'aviB plus de sel, avec quoi salerez-vous?

La boussole arrivant à l'état de torpille, et l'aiguille aimantée devenant une aiguille ordinaire, la mer est interdite au:t sages navigateurs : les marins qui, sur la foi d'Euthymënes et de Pythéas, voudront se hasarder sans boussole sur l'Océan, passeront leur vie à chercher une Ile, un cap, un port.

Le commerce soutlrira beaucoup dans ses rapports internationaux. Nous avons une catastrophe en perspective, un cataclysme inévitable ; mais nous serons éclairés au gaz, et nous marcherons sur un velours de bitume; nous irons de Paris à Calcutta par le chemin de l'Oronte et de l'Araxe en quinze jours, et nous serons heureux.

Mus nos neveux auront la chance de voir le globe se couper en deux, comme une orange, à l'équateurl...

Pardonnez-moi, madame, la longueur de cettâ lettre. Malgré moi, le sujet m'a entraîné.

Sous sa forme légère, ellç cache plus d'uoQ

LA. CIIIGÉ SE PAIU3. 41

pens^ sérieuse. J'ai été heureLct en l'écrivant; il est (juelqiiefois doux de décharger ainsi son intelligence, et votre indulgence pour moi a été ^ujours si grande que j'espère encore en elle aujoud'hui.

Comte Daiœl de Gestaih.

rr

LiOB IPaarBiil-Tants.

C'était donc le lendemain du jtmr ott madame de Willers avait reça ce message & la maison de plaisance de madame de Sylvabelle. Le ieune comte Daniel de Gestùn paraisscùt, à tous les yeux gui l'observaient, im étourdi merveilleux, railleur inexoraUe, regardant du haut de son cheval ce bas monde avec une utilité superbe.

La sodété dans laquelle il vivait lui prêtait ce caractère, et, il faut lui rendre cette justice, la comte Msait tout ce qu'il poorait poor accréditer cette ofonion.

Le jour dont nous paiitHis, presque seid il Kvait aSronté tom les dai^ws et tous les chamMB d'une conversation avec madame de Sylvabetle et il achevait, arec sa ytxv% habituelle, de défendre dans ses derniers retranchements on

iiiPrt b, Goof^lc

il U. CIBCÏ DE PARIS.

paradoxe rapporté de ses longs voyages chei îe» Orientaux.

— Oui, modtune, dis(ùt-i1 , les soins et les soucis matériels absorbent aujourd'hui l'existence de l'homme, et nous ne pouvons plus rien de grand au dehors de notre maison, parce qu'il

■ nous faut toujours veiller sur notre intérieur

— Comte de Gestain, — dit madame de Sylvabelle avec une nonchalance d'intonation que démentait la flamme du regard, — on croirait, k vous entendre, que vos affaires domestiques enchaînent votre courage ou votre intelligence, et que si voua pouviez éterniser le boa ordre dans votre maison, avec des esclaves et un harem, vous seriez bientôt un illustre général, en Afrique, comme Scîpion, un grand amiral comme Pline, et que vous aborderiez la tribune aux harangues, et deviendriez un orateur comme Démosthëne ou Cicéron?

Le comte de Gestain fit de la tête un signe d'adhésion aux paroles de la marquise.

— Voyez donc quel malheur ! continua madame de Sylvabelle en riant aux éclats, et tout ce que perd la France par le vice de ses institutions!

Comte <lc Gestain, connaissez-vous le marquis de Bonncval?

U. cmat DE ?ABIS.

— J'ai TU son nom dans l'histoire, i — Vous connaissez ses aventures?

— Très-imparfaitement.

— Eh bien ! le marquis de Bomieral avùt absolument les mêmes idées que vous, monsieur le comte ; et, pour faire de grandes choses, en se débarrassant, comme les anciens, de tout l'attirail bourgeois des soucis domestiques, il se rendit à Constantinople, et ayant abjuré la religion de ses pères, il embrassa la profes^n de pacha.

— Ah 1 très-bien I Et que fit-il quand il fut devenu pacha turc ? demanda le comte Daniel.

— Rien du tout... Ah I je me trompe, il perdit une batmlle contre les Allemands.

Un éclat de rire circulùre interrompit on instant la conversation.

Quand il fut apaisé :

— Son harem n'était sans doute pas encore bi^i organisé, — remarqua le victnnle Albert de Saint-Marc, qui partageait et les goûts et la réputation mondaine du comte de Gestain.

Au reste, comme Daniel, le vicomte de Saint- HaM était un de ces types d'aristocratie de race qui n'ont pas besoin d'exhiber leurs titres et leurs blasons pour prouver l'authenticité de leur noblesse. En lui la distinction suprême s'était

M U. OBCft SI lâUI.

fûte dudr, et, sons sm écorce railleuse, il cachait pmdenuaent aux yeoz du vulgaire, qui ne l'aurait pas compris, une eensibilitë exquise flt une grande délicatesee d'intelligeuca et de peasée.

— f/lon ami Albert, reprit Daniel en répondait à M. de Saint-Marc, croit ne me lancffi* qu^uiA plaisanterie spirituelle, il lait jdos, il dit une vérité.

— Voyons la vérité qu'a dite votre ami, comte de Gestain, observa la marquise.

— Elle découle de soi, madame. Le pauvre marquis de Bonneval s'était improvisé pacha; il n'était pas nourri dans les sérsuls, il n'en ccxinùssaitpu Les détours, mot du poëte qu'il n'aurait pas dû oubUer avant de prendre sa détermination.

Quelques efforts qu'il fit pofir chasser une pensée importune, certainement b(hi harem Is jwéoecupait dans ta bataille.

En se débarrassant dn souci matériel d'uni fonme légitime, il avait gagné les saucm de vingt maîtresses, mal gardées peat-Mre par des esclavea mspects, qui voyaient d'im mauvais «il le mmveau converti. H avait échai^ mi eDOoi contn vingt; '^Vtffiit unfi faîitft fufftptinfinBlle Af p ^t^a

.,, Gtjoj^lc

LA. oaci n kirh.

qni ne détruit pas mon système. Car^ e à quoi aura serri cette discuesionî

— Non I dirent & la tais la nuuqnlse rt te vkomteâe Saint-Harc.

— Eh bim! cet entretien me confirme pis «DCore dans mes idées, et je crois mou systtaae ' meilleur encore depuis la découverte de M. de Bonoeval par madame de Sylvabelle.

— Mais je n'ai pas découvert M. de Bonneral, dit la belle veuve m continuant stm édat de rire. — N'allez pas me mettre en procès arec Fhisioire; je crains les procès,

— Madame, dit le comte de Gestain, pennettamoi de résomer en deux mots ma théorie.

— Résnmez, monsieur le comte, et concluez.

— Oui, madame, je conclus : Pour ffure de grandes choses, U ne iaut point avinr de maisoB, comme Homère et Annibal.

— Mats ce n'est pas une conclusion, mon ami, observa le vicomte de Saint-lllbre ; c'est toujours votre proposition, et je vois que la discossion va recommencer,

— En effet, monsieur de Gestain, dit la belle veuve, il me semble que les héros anciens de la &ble et de l'histoire, les héros les |Jus fiimeaz «tlee phi3 jnstanmtraaoann^, avaient tons, oa.

iiiPrt b, Goof^lc

iS Li onuri SB pabis.

presque tous , de véritables épouses ; le viariage était doDB teuTS mœurs, comme il est dans les uïtres; et ces'épotises étaient bien tout ce que nous pouvons exiger dans l'acceptloa bourgeoise de notre mot, de véritables femmes aussi légitimes que celles que vous prenez dans la mairie d'un arrondissement quelconque... Qu'en pensezvous, monsieur de Saint-Marc?

— Je suis entièrement de votre avis, madame.

— Et moi je persiste dans le mien, dit Daniel. — Veuillez bien citer, madame, quelques-uns

de vos héros de la fable ou de l'bistoire, contînna-t-il du ton d'un interlocuteur tout prit h écraser une réponse par une r^nse.

— J'en citerai cent, répondit la marquise.

— La liste serwt \m peu longue, madame, et peut-èire aurions-nous trop à chicaner. Je me contente de trois.

— Ëh bien I voici vos trois, dit madame de Sylvabelle après un instant de réflexion , tous historiques : Hector, César, Brutus, trois modèles de vertus conjugales.

— Très-bien choisi, madamel dit le comte avec le sourire du triomphe aux lèvres. Trois maris illustres par trois mémorables adieux qui nous ont été soigneusement conservés par tes

,, Go(.î<^lc

u. and us pabis. 49

historiens et les poëteii, et qui sont morts toos les trois le lendemain même de ces adieux.

— Mais ce n'est pas la faute de leurs femmes, monsieur de Gestain I

— Ah ! je n'en sais rien, madame ; je constate seulement la singularité de ce triple fait.

— Et quelle consécpience tirez-vous de cette constatation?

— Moi, madame? aucune. Je crains trop de m'aventurer dans le champ des conjectures hasardées. Je voudrais que ma conclusion fût pércmptoire, et ici elle ne le serait pas tout & fait.

— Afin qu'il me soit permis de croire, madame, que les tendres adieux de Porcia, par exemi^e , ont fait perdre à Brutus la bataille de Philippes.

Elle aurait été gagnée, s'il eût été garçon, Brutus le comprenait si bien qu'on dirait presque qu'il a complaisamment fourni un nouvel argument à ma cause : dans les cinq mots qu'il a prononcés avant de se donner le coup mortel, il n'y en a pas eu un seul de souvenir adressé à sa ^mme. Vertu, (u n'es qu'un nom/ Voilà tout ce qu'il a dit, s'il faut s'en rapporter aux historiens.

Eti iàenl dans ces dernières parole», ria pour la belle Porcu, malgré la tendresse de se*

— Vous acuteoez 1&, monsieur, une doctrine désolante, et si tons les hommes partageaient yos idées, le monde qui l'est assez déjà deviaidrait bien triste.

— Oiù, madame, je l'avoue ; mais c'est ainâ; je ne puis renier mes principes; le premier j'ai été obligé de me rendre à l'évidence. Je sais bien que la vérité dé5eBp^etoujoiiiB;anssirho0une « inventé le mmeonge , et , selon son habitude étemelle, il abuse de l'inveption.

— VoiUi an moins nn système qui nons Sxe snr l'avenir da comte de Gestain, dit le jeune vicomte Alberii de Saint-Marc, qui depuis nn instant gardait un silence plein de réticences.

11 démolira sa mùson, cultivera tonte sa vie le céhbat , évitera scngnensemenf les adieux omjugaoi, et, avec ces trois piécaufions adroites, le Panthéon ne lui échappera pas.

— La matlëre est sâdense , mon ami, répcnodit gravement le comte. Trfrve donc pour le moment i vos imintoyables railleries,

— Comment donc t mais je ne raille pas; je parle aussi sâriensementqoe vuns pour le moint.

LA. eact Ds f&Ris. U

Vous avez merreilleusemeat etposé la théorie et je l'applique.

— En attendant, dit la marquise, que faites- TOUS de vos loisirs, monsieur de Gestain?

— Je les regrette, madame , lorsqu'ils ne sont pas dépensés auprès de vous.

— Ah ! très-b^nl fit le vicomte de Saiat-Harc, voici déjà un amendement honorable.

— Comte de Gestain, poorsumt la belle veuve, sans faire attention & l'observation du jeune vicomte, et donnant à sa voix on accent presque sévère et toot nocrveau pour ses oîsi& intnlocuteurs, — je ne vous demande pas une réponse de pure galanterie ; je sais que là-dessas vous ne serez jamais en reste avec personne...

Je veux essayer de vans faire parler une Ms d'une façon réellement sérieuse. Répondez donc à la question que je vous adresse.. . quel emploi donnez-vons à votre jeunesse, à votre opulence, & votre esprit?...

— Madame, puisque vous le dédrez, je répondrai en donnant aux ligues de ma figure tout Is sérieux qu'elles peuvent garder. J'emploie ma jeunesse i vidllir, num opulence i m'q)panvrir et mon esprit à me iésennuyer,

— I^ès-M^i, moiisieuE, et je wua renterde de

iiiPrt h; Goot^le

03 lA CIRCâ DX PABIS.

mettre autant d'idées sous aussi peu de mots dans UDB réponso sérieuse.

— Vous êtes trop indulgente, madame.

— Maintenant, écoutez encore, et soyez aussi précis. AvG2-vous, par hasard, quelques-uns de ces terribles soucis domestiques qui empêchent de composer un poSme épique, par exemple, ou de faire quelque découverte utile, ou de gagner une de ces batailles qui reculent les homes de la (ûvilisation et accroissent la gloire d'un pays?

— Non, madame.

— Et voue restez oisif, monteur le comte, lorsque vous pouvez si promptement répondre par un non aussi sec I

— L'oisiveté pour nous, madame, et à notre Age, est le plus dur de tous les travaux.

— Oui, mais c'est le seul travail qui ne produise rieti.

— Ce n'est point notre faute , madame ; ce n'est pas nous qui l'avons inventé.

— Et vous, monsieur Albert de Siûnt-Marc, à quel utile avenir réseiTez-vous votre inutile présent.

Le jeune vicomte, déconcerté par cette brusque interpellation à laquelle il ne s'attendait nullement, fut sur le point de laisser l'inteno-

iiiPrt b, GcKH^Ic

LA. ClnCÉ DE FA£IS. S3

gation sans réponse; mais il se remit en un clind'oeil, et, d'une voix qui ne trahissait pas son émotion intérieure :

— Madame, dit-il, c'est la première fois que je me souviens qu'il y a un avenir.

— Alors, je suis enchantée, monsieur, d'avoir aidé votre souvenir im peu trop oublieux.

— L'avenir, poursuivit Albert, a un très-grand tort ; celui de détruire les charmes du moment.

— Comment, monsieur 7

— Oh I d'une façon bien simple : il n'y aurait pas en ce monde un seul plaisir véritable, sî l'on avait sans cesse une pensée pour ce ^ra&d ravageur qui se nomme le lendemain, en style de calendrier; voilà pourquoi je borne mon existence & la veille, ayant pris au pied de la lettre, pour régler ma conduite, ces quatre vers d'un de vos poètes les plus aimés, madame :

C'est ao hasard qu'il faul vivre :

Oh, vivons insoucieux]

Kolra avenir est un livre

Qui nom tombe écrit des cieax. ■

— Ehbienl soit, monsieur de Saint-Marc, dïtia marq[uise avec un sourire grave ; que faites-vous donc la veille?

— Toat ce qu'on peut taire à vingt-six ans.

54 UL ciBci m faaib.

nm4lwTn^ , lonque Yau ne bit iîbd par pn>-

— Et vous , messieurs 7 demanda la beU« veuve en se tournant vers les deux autres adorateurs qui aseistùent à cet entretien, et vous, messieurs, avez-vous aussi embrassé la profession de vos nobles amis?

Les deux tadtumes soninrants étùent deux beaux j^eunee hommes qui auraient brillé au premier rang dans tout autre salcui que dans le kiosque d'été de madame de Sylvabello. Comme le comte Daniel de Gestain et le vicomte Albert de Saint- Marc, ils portùent deux nome qui avaient été illustrés par l«urs dieux, et rien en eux ne démentait cette noble orig^e.

S'ils se condaamaient d'cvdinaire au ride d'auditeurs muets, c'étùt pure délicatesse dt leur part, leur âge moins avancé que celui de leurs jeunes amis ne leur permettant pas d'émettre des opinions ausd tranchées que les leurs. Ds avaient éconté tout eet entretien aux angles du balcon dans une immobile pose do

Quand, la marquise de Sylvàhelle leur adrefisi la parole comme pour faire subir & «hHnim da 806 TÎsitettES à son toux un intercogaloire, ils

iiiPrt b, Goof^lc

u. aact SK PASO. 6B

Imcèrait â la belle jeooe femme un doolile rejprd d'amour et firent simuJtaiiéinent le geste qui sîgnifiùt : il n'y a pas d'antre professîoD pour Dons que celle de n'en point avoir.

— Ma M 1 dit Albert de Saint-Marc avec nne l^èreté charmante, c'est déjà bien aaeex que de prendre la peine d'exister.

— Vrûment, moneietir le vicomte, tous dites cela comme si la vie était pour tous le plus lourd

— Jugez phitAt, madame la marquise, avant de condamner. Nous avons chaque jonr un terlible duel à soutenir coafa« l'emmi, et notre adversaire est fort adroit. Ayez {âtié de la jeunesse, madame ; après la neillesse, c'est ce i^'il y a de plus sacré.

Si nous TOuloDS écrire, oo nous dit que nom sommes ti'op jeunes; si nous voulons être soldats , ' on nous dit que nous sommes trop vieux ; si nous voulons nous mèUx aux affaires pnbliqoes, cm nons dit que noos sommes des «liants, et, qu'ft notre âge, on n'y saurait lien «ntendre : pour être pair de France, il font gagner une bataille ou compter nn qoart de siècle de service dans une manofacfure de cachemires ou de Ins ; pour être député, H but être né

56 LA CIBCi HZ PARU.

depuis trente ans au moins ; il est fort cliiBàle d'avoir trente ans & vingt-cinq I

La carrière industrielle n'est pas la nAtre : il ne saurait nous convenir de mêler nos noms aux tripotages de la Bourse et nous ne pouvons, par ce temps d'agiotage, compromettre des fortunes patrimoniales dans des spéculations hasardées I A quoi sommes-nous bons? Gomment pouvonsnous nous rendre utiles ?

Je m'adresse & moi-même cette double question cent fois par jour, prêt & m'engager dans le premier sentier qui se présentera. Mais l'éternelle question reste éternellement sans rép<mse. Alors je regarde ce qui se fait ou, pour mieux dire, ce qui ne se fait pas autour de moi, à c6té de moi, dans notre jeunesse de salons et de club? Je vois tous mes jeunes et opulents amis aussi embaiTassés que moi.

Quelques-uns ont arrangé une manière d'épuiser les vingt-quatre heures de la journée, et je me mets à la suite par impuissance d'invention. C'est dur à avouer, mais c'est ainsi. Je cultive avec un soin tout spécial les inutilités de haute vie, high-life, comme disent les Anglais,

J'ai commencé par les voyages; et quand j'ai eu visité assez de villes et de monuments, vu

iiiPrt b, Goof^lc

LÀ. Caf± SB PAKIS. 57

assez de montagnes et de collines, de fleuves et de mers, je suis revenu; et maintenant je livie mes heures à l'escrime, au tir, au maquignon, au tailleur, au whbt, à l'agent de change, & tout homme, à toute chose, enfin, qui a dix minutes ou dix louis & prendre à ma montre ou à ma bourse. Je discute la coupe et la forme de mes habits avec mon tailleur par passe-temps; j'es- «aie mes dievaux moi-même.

Vous voyez, madame, que le travïûl est mon Keu , piùsque je l'honore d'une si laborieuse activité.

— Voilà, monsieur, dit la marquise quand Albert de Saint-Marc eut fini de parler, une grande dépense d'or et de minutes bien justifiée, je l'avoue, et qui ne peut manquer de donner un grand éclat et un nouveau lustre à votre nom.

— Regardez autour de vous, madame; à notre époque, les noms ne sont pas heureux; ils ont jdus de peine que d'autres à percer quand ils sont beaux.

— Vicomte Albert, ajouta madame de Sylvabelle, aves-TOUS jamais dans vos loisirs si occupés trouvé l'heure et l'occasion de blasonner vos armes?

-^ Oui, madame; c'est une iantai^e qui m'd

S8 lA aBc£ » MBis.

trffrerri l'esprit, et j'ai réusw arec le secours héraldique da père Ménétrier.

— E3i bien! que portez-vous sur tob armes?

— VoÛH mon blasffl] tout entier, madame : Je

parte ifasur, à la coquille d'argent en abyme, avec un chef cmau de gueula, au soleil d'or horizonté,

— Bravo! e'écri&vct & la fois les trois autres jeunes gens.

Vu la gravité de la circonstance , les denx muets avaient cru ^vob rompre leur silence habituel.

Si madame de Sylvabelle leur eût demandé leur blason, ils n'auraient pas trouvé une parole.

— Avec quelle agilité de mémoire et quelle sûreté d'expressions propres, il nous a débité ses annoiries I dit le comte Daniel.

Je demande dix ans d'études spédales et le secours de dix përes Ménétrier pour être de cette force sur le mien.

Les deux taciturnes soupirants firent un sourire d'approbation à ces paroles du comte de Gestain.

T7ne leçon, de blason.

— Oh 1 c'est une justice à lui rendre , dit la marquise, monsieur de Sainte-Marc prononce trës- Inen et sans aucune héBtation tous les mots d'une fort belk langue que nous avons presque Idub mallieureufiement oubliée. Q connatt admiraldement la kllre de ses annes : mais je voudrais nvoir, pure curiosité de femme, s'il eu connatt CBsâ bien Yaprit.

La jeune Teuve appuya fortement sur les denx mote eacrameatels de eriie phrase, et parut attendre la réponse avec une certaine anxiété qu'avait tcahie le son de la voix.

— Madame , dit A]l>ert , après une pause, l'e*prit est obscur et la leOre est lumineuse ! J'ai lu la lettre, mais je vois ifxt mal dans les ténèbre, ifi l'avoue.

iiiPrt b, Goof^lc

60 U. CntG£ DS PAKIS.

— Me pennettez - tous de tous éclairer , monsieur de Saint-Marc?

— VoIontierE, madame la maïquise.

— Votre blason raconte une merveilleuse histoire...

— Vraiment 1

— Votre aïeul Ferdinand de Saint-Marc avait comme TOUS un armurier, un maquignon, un tailleur qui lui prenaient dix minutes, car lui aussi cherchait à dépenser son temps et son argent.

Son tailleur se nommait Bartholomeo GMri, un fort habile ouvrier qui tenait son atelier à Venise bien avant que Staub et Humann fussent venus lever boatique à Paris. Sur l'ordre de Ferdinand de Saint-Marc, Bartholomeo Ghiri confectionna donc, avec de l'acier bien trempé, une armure complète que votre aïeul revêtit sur la brèche de Rhodes, à càté de l'héroïque l'Ile- Adam et qu'il montra encore aux infidèles sur le rocher où les galères de Malte, où il défendait l'héritage chrétien des Angevins et de Charles d'Anjou.

. Vos pères, vicomte de Swnt-Marc, furent des hommes fort redoutés des Sarrasins et des Turcs; c'étaient de nides champions de la foi chrétieiûie

lA OROt DS PAAIS. 61

«t de la civilisation qu'elle représente ; leur glaive rentrait rarement au fourreau dans ces temps où l'honneur appelait tout chevalier sur le champ de bataillel...

La pièce de votre blason rappelle la croisade, les gueules cousues à la couleur le sang versé loyalement par l'épée et la lance, pendant que le foleil du chef signifie qu'un grand nom se levait alors comme un astre à l'horizon.,.

A-t-il achevé sa carrière depuis le règne de Ûiarles-Quiut?... Répondez-moi, je vous prie vicomte de Saint^Marc.

— Madame, dit Albert avec une voix révoltée contre une émotion visible, mon aïeul Ferdinand, de qui je tiens les armes que je porte, était de son époque etje suis de la mienne...

Le jeune homme s'arrêta un instant, troublé par le regard que la marquise de Sylvabelle tenait obstinément fixé sur lui ; puis il reprit, avec un accent plus ferme :

— Il n'y a plus aujourd'hui de chevaliers Oe Malte qu'au théâtre de l'Ambigu-Comique. Dans les armées, l'invention de l'artillerie a remplacé la force et le courage personnels par le nombre et la justesse du coup d'œil.Le boulevard Italien m'écraserait par un éclat de rire foudroyant si ja

.,, Gtjoj^lc

6S LÀ. aDxA m tAsa.

m'j ^nmeaiÔB arec mie cuirasse de Venise ék une annure complète sortie des ateliers de Bartholomeo Giùrî oa de tout autre hiJ)iIe ouvner de ces temps épiques.

Hdte aujoiird*ïim est une terre anglaise, un point qui commande la navigation dans la Hédâteiranée, et ^e pour ce motif nos vrasiss de la Grande-Bretagne n'abandonneront pas aisément.

La reine d'Espagne n'a pas }a force de to1<hiK et la puissance de CharieMïuint, pour les expulser violemment de cette lie et m'en donner le commandement à titre de grand-raaltre.

H n'y a plus maintenant de croisade contre les Turcs , qoe nons laissons se morfondre à Gon»tantinople et a^ever de s'aMiardir dans les magnifiques maisons de plaisance du Bosphi»».

Nous sommes les meilleurs amis du monde avec Mâiémelr^i, qui possède Jérnsalem comme il possède l'Egypte, où nous avons cependant deux fois établi notre [uissaoce.

Nous protégeons les empereurs de Tunis , de Maroc, âe Titt^, de Tanger, de Fes, de Tomboudou, de je ne sais -plus (^ enoore. Noos signons avec eux des traités sérions qas nom cvécutons à la lettre.

Nous envoyws des paquritote chai^gés ffestiiae

LA^ciaai XB PARIS. 63

au sultan de Constantiuople, notre plue vieux et notre plus fidèle allié. Nous courtisons ses visirs, nous iaiçons des cadeaux aux femmes de son harem.

Que dis-je? les Turcs mfimes n'existent plus : Us nous prennent nos modes et nos goûts, et nous prenons les leurs.

En Algérie, le peu de guerre gui nous reste pour nos distractions eet dans les plis du turban d'un émir dont nous grossissons la valeur. Nos aïeux avaient tout, et nous n'avons que la pwx.

— Vous connaissez mal vos richesses, dit la marquise en se levant, et je vous le prouverai. J'espère même qu'alors le comte de Gestain ne metbii pas dix ans à apprendre la lettre et l'esprit du blason de sa famille.

— On apprend vile à vos leçons, madame, dit Daniel, et dans une heure j'ai deviné ce que sans vous j'aurais sans dout« toujours ignoré.

L'entretien ayant dépassé les limites ordinaires, les quatre visiteurs Be levèrent avec prS- (ûpitation pour prendre congé de la belle veuva qui leur dit, en les quittant, avec une grAce divine et un nccent plein de promesses pour l'avenir :

— A bientôt, mes amist

XSutretien. de saloiu

Ce 6tmM/amTa1elendeinam. Car chaque jour madame de SyWabelle recevait ses adorateurs, et malgré la gravité de l'entretieii de la veille, aucun n'avait cru devoir déroger à ses habitudes qootittiennes.

A l'heure où le monde fashîonable se rend au bois de Boulogne, quatre jeunes gens, échelonnés à diverses distances, longeaient la berge de la rivière an galop de leurs chevaux de race, et bientôt ils se trouvèrent devant l'ermitage d'été de la marquise de Sylvabelle.

Us ne s'étaient pat vus depuis la veille, ils n'avaient en se séparant échangé aucune parole, et cependant ils arriv^ent tous les quatre à l'heure ordinaire, comme si les denûera mots de la belle veuve avaient asàgné on solffluel rmilei-vous.

66 u. oad DE PABiB.

Cette exactitude, da reste, était de bonaugore.

Elle prouvait toute l'importance que ces jeunes gens attachaient à un entretien commencé par des futilités, et sérieusement tenniné.

En effet, le comte Daniel de Gestain et le vicomte Albert de Saint-Marc cachaient sous leur dandysme affecté une de ces natures ardentes qui sont toujours prêtes à accomplir toutes les belles actions.

Qui eût voulu les juger sur l'enveloppe se serait EÔngulièiement trompé.

V Car en grattant l'écorce, on rebouvait avec la même sève et la même vigueur l'arbre qoj perdait ses racines dans les Croisades. Volon- .Ëers ils eussent imit^ leurs aïeux, marchant avee ane idée généreuse & quelque noble entreprise.

Mais, comme ils l'avaiœt dit, les temps étalait tncm, changés.

. .Et a nous neparlona ici que du comte Danid et du vicooate Albert, c'est que les deux aatres ne jouent qu'un rAle de ounparses dans cette bistoire.

Ce jouï^i ]esvieuxantù, ccHome les nommaîf la marquise de Sylvabdle, et dont le iJtts âgé iM «Hnptait pas vingt«x ans, furent reçus dans le iakn d» k bdk ivine, ^ oc

LA. cmot us uus, 67

■mxHiçah un projet mysténeuz qui œrçait les

Gep^tdant l'ardente chaleur da midi tempérée pxr la frateheur des eaux, l'eiiiTTenient du parhim des fleurs, le ploisr qu'on éiaouve à se liùsser aller aux causeries intimes lorsqne les yenx se reposait sur tm paysage enchantenr, tout an eonfanure semblait inriter les habitués de Tennita^ à préférer le petit kiosque où ils se réuniseaient d'crdinaire.

Deox heures avaient sonné & V^^ise Motre- Dame-de-Chaillot. Les quatre jeunes hommet.

avaient écoulé l'horloge avec anxiété. Car madame de Sylvabelle n'était point aïooie descendue, et ils ne savaient comment e^Iiquer ce retard et ces dérangements dans les habitudes de la

Le cœur battait viol^nment dans toutes les poîtrines, et les isards de ces adorateurs s'atta-

qni allait s'ouvrir devant la divimté attendue.

fli a<i™ s'était placé dans le sakn de manière à recevoir le preouff r^ard, le premier Bouiin de la bdle vewe.

Le comte Daniel de Gestain et le vicomte de A ra^nuchës, et,

68 lA aSCi BE FAKIS.

assis k l'écart, ils causaient à voix basse, pour tromper l'ennui d'une attente déjà longue.

Leur oonversatJon avojt un caractèra sérieux ; mais, pour humilier leurs voisins et dérouter les conjectures, ils afTectaient une giande gatté de gestes et de visages qui ne venait pas du cœiu-.

Les deux autres soupirants, tantôt se promenaient dans le salon, tantôt s'accoud^ent au balcon de la fenêtre , comme pour respirer la biise embaumée gui soufQait de la rivière et. arrivait à la maison en s'imprégnant des suaves odeurs des parterres.

Mais au moindre bruit qui se faisait entendre dans l'intérieur, ils regagnaient la place qu'ils avaient choisie pour cet entretien qui devait décider de tant de destinées.

— Tout cela, disait le comte Daniel à l'oreille de son ami, prend une tournure solennelle et d'apparat qui ne peut nous cachOT que des surprises. Qii'en pensez-vous, vicomte?

— Après la conversation que nous avons eue hier, je ne pense plus rien, mon cher de Gestain. Mou esprit craint toujours de s'égarer en devinant; je n'ose m'aventurer dans les conjectures.

— Pour moi, eu cherchant dans l'histoire, je

LÀ. CIRGÉ VK TABIS. 69

trouve que nous ressemblons ici & ce congrès de rois (jui se rendirent à Babylone dans l'espérance d'épouser la belle SémîramiB.

Je suis tenté d'entonner le chœur fra lanli régi, A l'arrivée de madame de Sylvabelle. M'ao compagnez-vDUS, Albert?

— Vous savez, Daniel, dit le vicomte de Saint- Maïc, que la belle Sémiramis fit fort bon accueil à tous ces lois qui prétendûent à Ba main, et puis qu'elle n'épousa personne.

— Mais je sais ausà qu'en entrant dans le palais impérial de Babylone, tous les prétendimts avaient fait le serment solennel de respecter le choii: de la reine, quel qu'il fût.

— Mois ce serment en lui-même impliquait une condition, comte Daniel ; et cette condition devait être remplie...

— Sans doute, Albert, ce serment ne pouvait lier que si la reine taisait un choix parmi les poursuivants.

— Et elle n'en fit point, tuteiTOmpit le vicomte de Saint-Alni'c, piiI°4iu'L'11c lesta veuve et passa sa vie à guerroyer de tous cAtés.

— Et celle-ci léra comme l'autre, elle va peutêtre exiger de iioos un serment, et ne choisira personne.

70 LÀ CiBGÉ m rABU.

— Taat mJeax I dit Albwt, il n'y aura point dfl jalovx.

— Avec le serment, il ne saurait y en avoir.

Us auraient tort.

— Au reste, que parlez-Tous de serment?...

Je crois que persomie ici ne songe sérieusement . à épouser la belle veuve...

— Quelle étrange calomnie dites-vous là, mon cher Albert t.. .

— Mais je ne calomnie pas , mon ami , je dis mon opinion.

— Et alors que fwsons-nous tous , dans cette maison , si personne ne songe sérieusement h épouser madame de Sylvabelle? Réfléchissez à vos paroles, mon cher vicomte, et revenez de votre erreur.

— J'y ai réfléchi, mon cher comte. Et si je m'exprime ainsi , c'est que je sais parfaitement ee que nous faisons dans cette maison.

— Ah ! voyons.

— Nous sonunes id sous un charme qui nous défmd de songer à quelque chose de raisonnahls eu d'insensé. Notrepenséene nous appartient plus.

Nous respirons un air qui. nous enivre ; noua éeoaUms une voix qui nous enc^tante ; nous écoutons des paroles dont l'harmonie nous parait

lA ClftCÉ DE PABI3. 71

"j^vs donce que celle des plus douces m^odies; nous regardons une f^nme qui nous ravit; nous sommes beureox enfin, en nous expliquant & peine poniquoi et oomment.

U ne faut donc pas être exigeant avec le bonbeur ; il faut ie cueillir comme un &uit délicieux et ne pas demander k l'avenir incertain ce que le présent a la bonté de nous accorder.

— iion cb^ Alb^, il y a des degrés dans le bonheur.

— Vous avez raison, comte de Gestain; et, quant à moi, je me conleote de la part qui m'est échue auprès de madame de Sylvabelle.

— Je ne saurais vous imiter, mon ami ; je suis ambitieux auprès d'une jeune et jolie femme, et malgré la douceur de tous les songes du présent, i« suis partisan des réalités de l'av^iir.

— L'avenir promet, mim cher Daniel, le prisait dcHine.

— Au reste, ajouta le comte de Gestaîa sans écouter M. de Saint-Marc , soyez assuré que madame de Sylvabelle arrive aujourd'hui devant nous avec an projet arrfité.

Sa convratation d'hier avait un sens cat^ que nous n'avoiH pas saisi. Nous allons voir, sans doute, ditmger U face de cette maison. -

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