‹ La Circulation de la Conjonctive BulbaireChapitre 32 sur 67 · Euphtalmine, solution à · texte numérisé non relu

Euphtalmine, solution à

Nous rangeons ici cette substance qui s’apparente par sa constitution chimique aux eucaïnes, mais qui possède cependant une action physiologique tout à fait différente. Si, en effet, elle ne présente aucune propriété anesthésique, elle agit, grâce à la présence d’un groupe phénylglycolique dans sa molécule, comme un mydriatique puissant, son action sur la pupille étant due, comme celle de l’atropine, à une paralysie du sphincter. Barzrrarr et Binaurr (10) ont signalé l’action vaso-constrictive légère de cette substance qu'ils considèrent d’ailleurs comme faible mais toutefois perceptible. Elle détermine en effet une vaso-constriction très légère au début mais que nous avons vue devenir bien apparente au bout de trois à quatre minutes.

B. — COLLYRES VASO-DILATATEURS

a) Vaso-dilatation provoquée par les excitants du parasympathique.

Dé | 1. — Dionine.

Instillons une ou deux gouttes de dionine à 2 %. Aussitôt nous voyons, à l’œil nu, s'établir une forte injection conjonctivale à laquelle succède un chémosis

des plus intenses. Au biomicroscopeles phénomènes se précisent : les rameaux veineux sont devenus nota-

D An EL

blement plus larges:; tout au début de courant globulaire s’était ralenti, devenant: irrégulier, intermittent, bientôt il s’arrête et devient invisible, les vaisseaux dilatés ne laissant plus voir la fragmentation de leur colonne sanguine qui s’immobilise.

Les artères, se montrent également dilatées et 1l est pour ainsi.dire impossible de percevoir des ondes contractiles le long de leur paroi. En somme on ne constate qu'une dilatation considérable du réseau vasculaire et une immobilité apparemment absolue de la masse sanguine. En même temps la profondeur.de l’espace sous-conjonctival s’est acerue au point que nous pouvons trouver couramment, grâce à l’appareil d'Ursricx, un intervalle variant de un à deux millimètres entre le réseau superficiel et le réseau profond noyé dans l’œdème.

On voit donc, ainsi que l’ont montré BAILLIART et Binauzr (10) que cette vaso-dilatation extrême ne correspond nullement à une circulation plus active, mais au contraire à un arrêt circulatoire comme dans la vaso-constriction. Cet:arrêt se :produrt «dans des vaisseaux ouverts et remplis de sang à l'encontre de ce qui se passe dans la vaso-constriction.

Cet aspect circulatoire si particulier que détermine la dionine sur les vaisseaux conjonctivaux nous montre, conformément à la célèbre «expérience de Ranvier (99), que le chémosis provoqué par cette substance est dû, non seulement au ralentissement de:la circulation, qui ne suffit pas toujours à entraîner l’æœdème, mais encore-et surtout peut-être au trouble

vaso-moteur qui est.la cause première de ce ralentissement et auquel de nombreux auteurs font à juste titre Jouer un .rôle de certaine importance dans.la production de l’œædème en:général, sans nier toutefois le rôle d’autres nombreux facteurs, tels que modifications .de la concentration ionique, troubles de la pression -osmotique .des protéines, altérations capillaires, etc.

En effet, le ralentissement extrême de .la circulation ainsi déterminé favorise les échanges au maximum, mais ceux-C1 s’établissent dans des .conditions vraisemblablement très anormales ; ainsi s’explique la possibilité d’une ‘exagératron :du processus d’extravasation l’emportant sur -celui de la-résorption qui ne peut s'effectuer que très imparfaitement étant donné la stagnation presque absolue de Ja masse sanguine.

Biagio ALAïmo (5) prétend que.la vaso-dilatation provoquée par la .dionine est suffisamment intense pour vaincre la :vaso-constriction déterminée par l’'adrénaline. Si le fait est exact, l'inverse ne l’est pas moins non plus et nous verrons qu'il n'y à pas lieu de comparer l'intensité des réactions vasomotrices des ‘différents collyres, un collyre tel que la pilocarpine, par exemple, possédant un pouvoir vaso-dilatateur extrêmement faible, étant capable, de par son .antagonisme ;physiologique, .d’anihiler les effets d’un :vaso-canstricteur puissant comme l’adrénaline.

Nous avons signalé par ailleurs l’action Iympha-

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