‹ La Circulation de la Conjonctive BulbaireChapitre 36 sur 67 · RER · texte numérisé non relu

RER

CI. Bernarp Horxer, il a pu constater, après l'intervention, l’existence d’une vaso-dilatation conjonctivale du côté paralysé qui, d’ailleurs, était beaucoup moins nette que celle de la face. Deux mois après, la circulation conjonctivale était redevenue normale. On sait d’ailleurs que les phéno- Imènes vasculaires, ainsi que les autres symptômes accessoires du syndrome disparaissent en général au bout d’un certain temps.

Dans le syndrome d’excitation sympathique ou syndrome de Pourrour du Perir, on observe au contraire, ainsi que l’a montré Brown-Séquarp, un rétrécissement des vaisseaux.

CL BerNarp (18), dans sa troisième note à la Société de biologie, note dans laquelle il donne les résultats de l'excitation sympathique, confirme ces données et montre que l'excitation du cordon sympathique détermine un ralentissement de la circulation notamment au niveau de la conjonctive que l’on voit pâlir. La vaso-constriction ainsi déterminée est tellement intense, dit-il, que (si l’on met une goutte d’ammoniaque sur la conjonctive d’un chien auquel on a coupé le cordon cervical sympathique du côté correspondant, l’animal excité par la douleur ferme avec force ses paupières ; mais la galvanisation du bout supérieur du nerf sectionné fait écarter les paupières et en même temps diminuer et presque disparaître la rougeur produite par le caustique ».

Si l’action vaso-constrictive du sympathique n’a

FU SNE pa o!

jamais été mise en doute, Lecros et Onrmus (70) ont montré que certaines excitations portées sur le bout périphérique du cordon sympathique cervical pouvaient déterminer, au lieu de la vaso-constriction et du ralentissement circulatoire, une dilatation des vaisseaux et une accélération de la circulation.

Au lieu d’exciter le sympathique avec des courants d’induction qui provoquent une contraction spasmodique des fibres musculaires lisses des parois vasculaires, ces auteurs ont constaté que l’électrisation avec le courant continu, ou l’excitation déterminée par l’application de substances telles que de la glycérine, qui ne font qu'irriter le sympathique, augmentait la contraction physiologique des artérioles faisant ainsi accélérer la circulation et produisant une vascularisation très marquée. Ils ont pu observer ces faits, de visu, sur l’oreille du lapin et au microscope sur la membrane interdigitale de la grenouille. Cette hyperémie arrive à être bien plus accusée que celle déterminée par la section du sympathique, car dans ce dernier cas l’afflux du sang est tout entier sous l'influence du cœur, les fibres musculaires des vaisseaux ne pouvant plus, étant paralysées, avoir aucune influence ni sur l'arrêt du sang, ni sur sa progression.

Ainsi, lorsqu'un grain de sable pénètre entre les paupières, immédiatement il y a rougeur de la conjonctive. On ne peut voir dans cette rougeur le résultat d’une paralysie vaso-motrice : le grain de sable a exagéré les contractions péristaltiques

des artérioles et augmenté l’afflux sanguin. Si on détruit les filets sympathiques, les vaisseaux seront paralysés et le réseau vasculaire apparaîtra plus nettement, mais Jamais on observe la congestion intense qui accompagne la présence de corps étrangers lorsque les nerfs vaso- moteurs sont restés intacts.

C’est par le même mécanisme que Lrcros et Oxrmus (70) expliquent l’action vaso-dilatatrice de la lumière ou de la chaleur : ces agents n’ont pas une action paralysante, mais provoquent par excitation des fibres musculaires une augmentation des mouvements péristaltiques des parois artériolaires qui facilitent la progression du sang.

Aïnsi les fibres musculaires peuvent, suivant lPintensité de l’excitation, Jouer un rôle d’arrêt ou de progression dans la circulation. Lecros et Onr- MUS (70) ont montré, en effet, qu’en dehors de l’influence du cœur et de l’élasticité des artères, le sang peut être mis en mouvement par la seule contraction des parois artériolaires ; Brcnar (19), d’ailleurs, attribuait à ces «€ cœurs périphériques », le rôle de la progression du sang dans les veines ; si le fait est en partie inexact, il ne mérite pas cependant le Jugement que certains physiologistes (129) ont porté quant à l’inanité de cette opinion.

Si le cœur est un organe aveugle qui pourvoit aux besoins généraux de la circulation et qui ne peut venir en aide aux phénomènes isolés qui se passent dans l’organisme, c’est aux vaisseaux de

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chaque organe qu’est dévolu le pouvoir de modifier la circulation suivant les besoins ou l’acte à accomplir, l'augmentation des circulations locales sous des influences diverses s’expliquant aisément par les contractions péristaltiques des artérioles que nous observons si aisément au niveau de la conjonctive et dont nous avons montré les effets sur la circulation.

Bien que les observations rapportées dans la thèse de E. Harrmanx (50), confirmées par celles qu'a pu faire BarczrarT (9) de son côté, n’aient pas montré de modifications nettes de la circulation conJonctivale après la section rétro-gassérienne, on peut se demander si le trijumeau n’est cependant pas une voie d'apport de fibres vaso-dilatatrices.

BarzrrART (9) fait remarquer que dans la kératite neuro-paralytique qui succède fréquemment à une section du trijumeau, dans le cortège des phénomènes qui signalent cette kératite, on ne relève pas la vaso-dilatation habituelle des réseaux conjonctivaux superficiel et profond, l’hyperémie conjonctivale étant infiniment moins prononcée que dans les atteintes ordinaires de la cornée. CI. Bernarp (18) estimait d’ailleurs que la vaso-dilatation déterminée par la section du sympathique cervical pouvait mettre l’œil à l’abri de la kératite neuro-paralytique.

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