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La circulation eonjonctivale dans les acroeyanoses

L'examen de la circulation conjonctivale présente un certain intérêt dans les acrocyanoses. Il est en effet intéressant de noter que dans les cas que nous avons eu l’occasion d’observer, nous avons toujotrs constaté l’existence d'importantes modifications vasculaires qui concordent en tous points avec celles que l’on a décrites au moyen de la capillaroscopie du derme sous-unguéal.

Dans la maladie de Raynaup, le bio-microscope nous montre, en effet, que le trouble vasculaire porte essentiellement sur les artérioles et les capillaires artériolaires : les artérioles, excessivement fines se distinguent avec peine, et l’on note la disparition presque complète de l’anse capillaire sur le versant artériel.

Dans les veines, qui se montrent dilatées, le courant sanguin présente un ralentissement très marqué ; par endroits la colonne sanguine est immobile, ailleurs, elle présente un courant pendulaire, 1c1, on la voit chassée par petits à-coups synchrones à chaque systole, là, les globules très peu serrés les

uns contre les autres s’évacuent d’une façon régu-

lière. Cet aspect de la circulation veineuse témoigne sans aucun doute d’un abaissement de la pression veineuse.

Dans l’acrocyanose «essentielle », les modifications vasculaires se présentent sous un aspect différent. La circulation conjonctivale est riche, les anses sont

nombreuses et les capillaires se montrent dilatés. Cette dilatation prédominesur lesommet et le versant veineux des anses, les artérioles et capillaires artériolaires présentant un calibre sensiblement normal.

Nous n’insisterons pas sur d'importance de ces troubles qu’ont si bien exposé et interprété MM. Vrz- LARET, JUSTIN-BESANÇON et CacHErA (131) dans leur rapport sur la physiologie pathologique des acroasphyxies, ainsi que MM. May et Lavaxtr (77) dans leur Etude clinique de l’acrocyanose essentielle.

4, — La circulation conjonctivale dans l’érythrémie ou maladie de Vaquez

Les capillaires de la conjonctive, déjà si visiblement dilatés à l’œil nu dans cette affection, sont particulièrement apparents à l’examen microscopique.

La dilatation des veinules est si grande qu'il est le plus souvent impossible d'y reconnaître les mouvements globulaires.

L’examen de la circulation conjonctivale est infiniment moins intéressant que celui de la circulation rétinienne. De même que ce dernier, il permet de constater l’exagération de la différence de coloration entre les artérioles et les veinules, celles-ci prenant une coloration noirâtre vraiment caractéristique. L'aspect irrégulièrement dilaté.et variable des veines

conjonctivales sous l'influence de la poussée globulaire est encore une caractéristique de cet état. Après un effort, effort de toux par exemp'e, provoquant un certain degré de congestion encéphalique, on note une exagération de tous ces symptômes, la dilatation vasculaire s’accentue à l'extrême et les dilatations veineuses augmentent considérablement de volume.

5. — La cireulation conjonctivale dans l’anévrisme artérioso-veineux de l’exophtalmos pulsatile

Au delà de la dilatation énorme des veines conjonctivales au niveau des culs-de-sac, on voit sur la conjonctive bulbaire même de véritables paquets violacés manifestant le trouble de la circulation de retour.

Cet état anormal de la conjonctive est parfois le dernier symptôme qui subsiste après la guérison de l’exophtalmos pulsatile. Dans une observation publiée par Barzzrarr et Héry (11), le traitement par le sérum gélatiné avait fait disparaître l exophtalmie, ramené presque à la normale l’état de la circulation rétinienne, mais des paquets variqueux persistaient à la partie inférieure de la conjonctive bulbaire.

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