‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 105 sur 431 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

échelles arbitraires; ils ont besoin d'être gradués comparativement avec un étalon. Cet étalon est le manomètre à mercure auquel toute pression doit être rapportée et qui, lorsqu'il n'est pas soumis à des pressions brusquement changeantes, fournil des indications très précises. La graduation pourrait être faite, une fois pour toutes, pour les manomètres métalliques dont l'élasticité varie peu; mais comme dans le tambour à levier qui inscrit les mouvements du manomètre métallique- la membrane ne conserve pas longtemps la même élasticité, il est bon de graduer l'instrument au moment où l'on vient de s'en servir, si l'on veut être sûr de l'exactitude absolue de la pression qu'on a inscrite. Nous avons indiqué plus haut la manière de faire cette graduation, g 74.

Élément constant et élément variable de la tension artérielle.

' § 116. — La plupart des physiologistes distinguent dans la tension artérielle deux éléments : l'un constant, l'autre variable. L'élément constant correspond à la hauteur qui sépare le zéro du manomètre du point minimum auquel s'arrêtent les oscillations

Fig. 88. Pression constante et pression variable, dans un tracé manométrique.

du mercure : c'est la pression pc (fig. 88). L'élément variable correspond à la hauteur pv, c'est-à-dire à l'amplitude des oscillations. Ces désignations sont utiles dans la pratique et méritent d'être conservées; on n'en saurait dire autant des noms de pression artérielle donné par certains auteurs à l'élément constant, et de pression cardiaque employé pour désigner l'oscillation du manomètre. Ces désignalions séparent arbitrairement deux effets d'une même cause, car la force du cœur est, en définitive, la source commune de l'élément constant comme de l'élément variable de

la tension des arlères ». Pour bien se rendre compte de la valeur relative de ces deux éléments, il faut chercher à se représenter comment se produit la tension artérielle sous les influences com binées de l'impulsion du cœur et de la résistance que les capillaires opposent au passage du sang.

Supposons que le système artériel soit vide et pour ainsi dire affaissé sur lui-même; puis, qu'à ce moment, le cœur se mette à battre de manière à envoyer dans les artères des ondées égales en volume, chassées avec la même force et séparées par des intervalles réguliers. Les premières ondées qui entreront dans les arlères commenceront à les remplir, mais les distendront peu à cause de la grande capacité que présentent ces vaisseaux dans leur ensemble. Le sang se logera donc, à peu près tout entier, a ^^ans ^ système artériel et il ne s'en écoulera par les capillaires qu'une petite quantité, parce que la force de retrait des artères sera encore très faible. Mais, à mesure que les artères se rempliront, leur force élastique, ou la tendance qu'elles ont à revenir sur ellesmêmes, ira en augmentant. Cette force, qui est la tension artérielle, poussera le sang vers les capillaires avec plus d'énergie que tout à l'heure et la quantité de sang qui passera par ces vaisseaux sera de plus en plus grande ; par conséquent, la quantité qui restera c^cLA dans le système artériel après des ondées successives envoyées par les ventricules sera de moins en moins grande. Par suite de l'accroissement de la tension artérielle, il arrivera un moment où celle-ci aura assez de force pour faire écouler le sang de chaque systole ventriculaire pendant le repos qui la suit. Ace moment, la tension aura atteint sa valeur maximum autour de laquelle elle oscillera, s'élevant un peu à chaque impulsion des ventricules, et s'abaissant d'une quantité égale pendant le repos du cœur, par suite de l'écoulement à travers les capillaires.

Ce que nous savons relativement à l'influence de la contractilité des petits vaisseaux sur le passage plus ou moins facile du sang des artères dans les veines fait prévoir que, grâce à cette propriété, la tension des artères variera beaucoup. Si les petits vaisseaux se relâchent, le sang, s'échappant des artères plus facilement et plus vite, s'y accumulera en quantité moins grande;

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1. Sauvages pensait qu'il existait un rapport constant entre la valeur de la pression constante et celle de la pression variable; pour lui, l'amplitude des oscillations était 1/80 de la pression totale. On verra qu'un pareil rapport n'existe pas.

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