‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 108 sur 431 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

normal quand on eut cessé la compression de l'artère rénale. Un instant après on comprima l'aorte au niveau des piliers du diaphragme C.A.; il s'ensuivit une élévation énorme de la pression carotidienne qui monta à près de 14 C.ïïg. Cet accroissement

Fijj. 95. Pression carolidienue d'un cliat; on comprime une artère rénale C.A.R : la pression s'élève li'uil centimètre. Ou comprime l'aorte au niveau des piliers du diaphragme C.A : la pression s'élève de (i centimètres.

s'explique par le lieu élevé auquel on avait comprimé l'aorte. Un supprimait alors toute la circulation abdominale et celle des membres inférieurs, tandis que dans l'expérience (flg. 94), en comprimant l'aorte au niveau de la bifurcation des iliaques, on supprimait seulement la circulation des membres abdominaux1.

1. On peut voir dans la figure Ôô que, pendant que la pression artérielle atteignait son maximum, par suite de la compression de l'aorte abdominale, l'amplitude des variations était considérable. Ce fait semble en contradiction avec la loi que nous formulions tout à l'heure. Mais si l'on veut bien remarquer qu'à ce moment les pulsations du cœur avaient subi un ralentissement considérable (ce ralentissement est la conséquence même des pressions fortes), on comprendra que , dans le ralentissement, se trouve la cause des grandes variations d'amplitude § 118. Notons encore que le manomètre à mercure dont nous nous sommes servi présente l'inconvénient de ne pas obéir d'une manière instantanée aux changements de la pression et de donner, par conséquent, des oscillalions incomplètes quand elles sont fréquentes.

Influence de lu pesanteur sur la tension artérielle.

§ 122. — Les effets de la pesanteur s'ajoutent à ceux de l'impulsion du cœur pour augmenter la tension artérielle dans toutes les parties qui sont déclives; ils s'en retranchent dans les vaisseaux où le cours du sang a lieu en sens inverse de la pesanteur. Dans l'attitude verticale, un animal aura donc une pression manométrique plus faible à la carotide qu'à la fémorale, et surtout qu'à la métatarsienne. La pesanteur fait plus que compenser, en pareil cas, la décroissance de pression du sang qui résulte des résistances à vaincre et en vertu de laquelle on trouve une tension de plus en plus faible à mesure qu'on s'éloigne du cœur1.

Influence de la quantité de sang contenue dans les vaisseaux sur la tension artérielle.

§ 123. — Haies fit la première expérience à cet égard; il vit que, sur le cheval, une hémorrhagie abondante faisait beaucoup baisser la tension artérielle. 11 est facile de répéter ces expériences sur un animal quelconque. En même temps qu'un manomètre est appliqué à la carotide, on applique à une autre artère la canule d'une seringue et l'on aspire une plus ou moins grande quantité de sang. Aussitôt la pression s'abaisse ; on réinjecte le sang qu'on avait aspiré, la pression remonte. L'importance des variations de la tension artérielle croît avec la quantité de liquide

L Sprengel (Arch. deMuller, 1854) cite à cet égard des chiffres assez concluants ; si l'on prend la moyenne des valeurs extrêmes qu'il indique pour les oscillations du manomètre, on trouve les chiffres suivants, dans un cas où la déclivité des membres inférieurs y élevait la pression :

Carotide 134 Métatarsienne. ... 135

Dans une expérience du môme auteur, où la pesanteur agissait en sens contraire, les moyennes ont donné :

Carotide 148 Métatarsienne. ... 128

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