‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 110 sur 431 · ARTÉRIELLE · texte numérisé non relu

ARTÉRIELLE

Locomotion des artères. — Dilatation transversale des artères. — Changements de volume des organes liés aux dilatations et aux resserrements de leurs artères. — Appareils inscripteursdes changements de volume des organes. — Relation des changements de volume du cœur avec ceux des artères. — Pouls des artères, sa cause. — Reproduction artificielle des changements de volume et du pouls des artères. — Moyens de saisir les caractères du pouls avec plus de précision que par le toucher. — Sphygmomètre. — Sphygmographe.

Toute variation de la tension des artères suppose un changement dans le degré de plénitude de ces vaisseaux : l'arbre artériel augmente de volume quand le manomètre y accuse une élévation de tension, et diminue de volume si la tension baisse. Or, d'après les caractères propres de l'élasticité des artères, nous savons que si ces vaisseaux sont très tendus, ils deviennent moins facilement dilatables. Il faut donc s'attendre à ce que les variations de volume des artères soient beaucoup moins prononcées que leurs changements de tension.

La dilatation transversale des artères est si peu apparente qu'on a pu en nier l'existence jusqu'à l'époque où Poiseuille la démontra d'une manière fort ingénieuse. Mais depuis longtemps les médecins et les chirurgiens avaient conslalé les changements de longueur que les artères éprouvent et qui sont rythmés avec l'action du cœur. Ces changements se manifestent de plusieurs façons, par des déplacements qu'on a appelés locomotion des artères.

Locomotion des artères.

I 124. — La locomotion des artères est due à l'allongement de vaisseaux chaque fois qu'ils reçoivent une ondée sanguine n

velle. Les artères, en effet, étant plus extensibles dans le sens longitudinal que transversalement, c'est surtout par un allongement que se traduit leur augmentation de capacité. Or, lorsqu'une artère est rectiligne, elle ne peut s'allonger sans devenir sinueuse, car elle devient trop longue pour joindre en ligne droite les deux points extrêmes entre lesquels elle s'étend. On la voit donc, à chaque systole du ventricule, exécuter sous la peau des mouvements de flexion latérale. Ces mouvements sont très faciles à voir sur l'artère humérale qui, située immédiatement au-dessous de l'aponévrose brachiale, se voit facilement sur les sujets amaigris.

O R- Les mouvements qui résultent des change-

ai ments alternatifs de longueur des artères sont très variés : les uns consistent en un déplacement que l'on pourrait appeler locomotion dans le sens longitudinal, les autres pourraient être nommés locomotion par inflexion latérale des vaisseaux.

La locomotion longitudinale s'observe quand une artère présente un obstacle brusque au courant sanguin. Ainsi, au niveau d'une bifurcation, l'éperon est poussé dans le sens du cours du sang et le vaisseau est allongé à chaque systole du cœur ; puis, on le voit revenir en arrière quand l'artère se raccourcit. Dans la ligature d'une artère au moignon d'un amputé, le même phénomène se passe ; il est encore plus frappant, parce que l'obstacle au cours du sang est plus absolu'. On voit, à chaque battement du cœur, l'artère qui vient d'être liée sortir des parties molles et saillir fortement, puis y rentrer et en ressortir d'une manière intermittente. La locomotion de l'artère est beaucoup plus marquée après qu'avant la ligature.

La locomotion par inflexions latérales a été quelquefois nommée locomotion par redressement des courbures ; c'est un phénomène plus complexe que le précédent. Elle résulte également de l'allongement de l'artère, mais d'un allongement qui est forcé de s'accomplir entre deux points fixes. Si cette artère était rectiligne,

Fig. 96, représentant les deux types principaux de la locomotion artérielle.

,1. Locomotion par inflexion latérale;

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