‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 139 sur 431 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ventricule, ce qui y élève la pression 1 en S. Dans l'aorte, la même 7^- ^^.^

onde s'observe à un degré ordinairement plus prononcé encore, S'. ^

La superposition parfaite de ces ondes recueillies en deux points

très voisins l'un de l'autre (un peu au-dessous et un peu au-dessus

des valvules aortiques) montre bien l'identité d'origine de ces

deux mouvements.

Reproduisant les mêmes arguments que nous avons donnés § 158 [note) pour prouver que les ondes valvulaires de l'oreillette sont réellement dues à des variations de la pression du sang dans le ^fri^, L~~. ventricule droit, nous répéterons ici que ces deux ondes étant de K^ même sens dans le ventricule et dans l'aorte, cela prouve que les i\v^ valvules sont passives dans ce phénomène et que la cause en est ****** dans le mouvement rétrograde [coup de bélier) de la colonne sanguine brusquement arrêtée-. JIMJJ ô**>*^-(*-

Mais, dans le pouls de la fémorale, à quoi tient l'ondulation S"? Déjà la forme générale delà pulsation est bien éloignée du caractère du pouls de l'aorte où s'observaient, pendant la systole, les mêmes phases de pression que dans le ventricule lui-même. Ce- yrv^ -j*. pendant, malgré celte transformation, l'ondulation S" correspond exactement, au point de vue de son moment d'apparition, avec les ondes S et S'; elle doit donc avoir la même origine.

En disant que l'onclulalion S" correspond, au point de vue du temps, à l'onde de clôture des sigmoïdes, nous n'entendons pas que S" soit synchrone à S et S', car il faut tenir compte du retard

1. Un grand nombre de preuves expérimentales peuvent être données relativement à la réalité de ce mécanisme, soit qu'on agisse sur le schéma, soit qu'on expérimente sur des animaux.

Une expérience très concluante sur le schéma montre le rôle des valvules sigmoïdes pour produire cette ondulation. Il suffit, sur le même appareil, de substituer l'une à l'autre des valvules plus ou moins élastiques pour donner une différence dans l'amplitude de l'ondulation. Sur les animaux, si l'on détruit les valvules ou si on les empêche de se fermer, on supprime l'ondulalion S. Nous exposerons ces expériences à propos de la maladie du cœur connue sous le nom d'insuffisance aortique.

2. Les hjdrauliciens appellent ainsi la force vive qui su manifeste par un choc au oL~w fond d'un tuyau où circulait du liquide, quand on arrête brusquement l'écoulement. ?7

Cette force vive est souvent employée pour élever de l'eau au-dessus du niveau dune rivière. Tout le inonde connaît certaines formes du coup de bélier. Ainsi, quand on ferme brusquement un robinet placé à l'extrémité d'un branchement un peu long sur une conduite d'eau, il se fait une série de vibrations dans le tube, qui est violemment ébranlé sous les coups redoublés de la colonne liquide. Des soupapes qui se ferment automatiquement au-devant d'un courant provoquent aussi des coups de ^ bélier. C'est la condition qui se rencontre dans l'appareil circulatoire au moment de la clôture des valvules sigmoïdes.

de transmission de celte onde sigmoïdienne jusqu'à la fémorale d'un cheval. Mais si l'on l'ait la part de ce retard, le synchronisme est absolu. L'onde sigmoïdienne, dans la fémorale, retarde autant sur la sigmoïdienne de la carotide que le début de la pulsation fémorale relarde sur celui de la carotide.

En d'autres termes, il s'écoule le môme temps, sur le tracé du pouls carotidien et sur le tracé du pouls fémoral, entre la première et la seconde élévation S' et S". On peut s'en assurer avec le compas, on trouvera les longueurs C et C égales entre elles.

Pour se rendre compte de ce qui s'est passé, on peut comparer deux ondes successives qui cheminent en conservant leur distance à des bruits , par exemple, qui naissent à un certain intervalle de temps et se propagent, en conservant cet intervalle, à toutes les stations où ils sont entendus, quelle que soit la durée de leur transport. Ainsi, deux coups de canon, s'ils sont tirés à un intervalle d'une seconde l'un de l'autre, s'entendront encore avec ce même intervalle, à 10 lieues de distance, bien que les deux sons aient mis environ douze secondes pour arriver à ce point éloigné.

Rebondissement ou dicrotisme du pouls artériel.

§ 162. — L'ondulation S", dans le tracé de la fémorale, correspond à un phénomène découvert par les médecins, à savoir que le doigt "^Ur peut percevoir sur une artère deux pulsations pour un battement de cœur ; c'est ce qu'on appelle dicrotisme du pouls. Bien des théories avaient été émises au sujet de ce dicrotisme ',

1. Albers [Algemeine Palk., 1844) pensait l'expliquer par deux systoles du ventricule très rapprochées l'une de l'autre. Suivant Parry et Hammernjk, la première pulsation est formée par la systole ventriculaire, la seconde par le relour des artères à leur forme normale; ces vaisseaux, infléchis pendant la systole du cœur, se redressent quand cette systole est finie. Volkmann [Hàmo-dynamik) croyait à une interférence des vibrations des parois artérielles avec les ondes du sang lui-même. Bouillaud admet une systole artérielle succédant à la systole venlriculaire et produisant le second battement que le doigt ressent dans le pouls dicrole.

Vicrordt (Die Lehrc vom Arlcricnpuls) énumère ainsi les différentes explications qu'on a successivement données du pouls dicrote : 1" deux systoles voisines; 2° une systole à deux redoublements; 3° un premier battement artériel dû à la systole du ventricule, un second à la locomotion artérielle; 4° un battement dû à la systole du cœur, l'autre à la systole de l'artère; 5» le second battement dû à la réflexion de 1 onde sanguine à la périphérie des artères; 6° interférence de l'impulsion transmise au liquide et de celle qui a été transmise par les vaisseaux.

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