‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 140 sur 431 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

les unes rattribuaientàunredoublementde lasyslole ventriculaire, les autres à une systole des vaisseaux qui agissaient à leur tour après les ventricules du cœur.

Frappé, dès le début de mes expériences, de l'identité de forme que présentent, au point de vue de leurs rebondissements, les „ pulsations artérielles et celles qu'on provoque sur les tubes élas- " T^J^ tiques en y faisant naître des ondes, je considérai le pouls dicrote comme produit par les oscillations des ondes du sang dans les <— artères1. Le sphygmographe me fit voir que le dicrotisme existe m dans le pouls à l'état normal, mais à un degré rudimentaire qui échappe au loucher. Le doigt ne le sent distinctement que sur ^ certains malades, ceux qui sont atteints de fièvre typhoïde ou, plus généralement, d'affections aigiies revêtant le caractère typhoïde.

Mais en attribuant à des ondes l'origine du rebondissement du pouls, je fus fort embarrassé pour déterminer le trajet de ces ondes. Un renseignement erroné m'ayant fait croire que le dicrotisme ne se produit jamais aux artères fémorales, je supposai d'abord que le dicrotisme était formé par une onde de retour qui se réfléchissait sur l'éperon de bifurcation des iliaques et revenait aux artères émanant de l'origine de l'aorte2. Mais Buisson démontra bien- \\^^^tôt que les fémorales ont un pouls franchement dicrote 3 et proposa la théorie dans laquelle c'est le choc de l'onde aortique rétrograde contre les valvules sigmoïdes qui est la cause du dicrotisme dans ' W-wv toutes les artères.

J'ai constaté en effet qu'après la destruction des valvules sigmoïdes aortiques, le dicrotisme du pouls manque à toutes les artères. Alors le sang rentre librement clans le ventricule en diastole et ne rebondit plus sur les valvules.

g 163. — Certains auteurs, tout en admettant que le dicrotisme est produit par une onde sanguine, supposent que celte onde, ^ après avoir fini son trajet centrifuge jusqu'aux extrémités du sya- ' ^ tème artériel, revient en arrière et que c'est dans son mouvement de retour qu'on la constate sous forme de seconde pulsation

I. Mai ey, libchtrches sur le pouls au moyen d'un nouutàl appareil enregistreur r II Sphygmographe. Gaz. méd; de Taris, 1860.

Joum. de la Physiologie-, 1859, n° VI el VU. buisson, Thèse inaugurale; Paris, 1802.

ou de rebondissement. A cette théorie on peut opposer l'expérience suivante qui la détruit complètement.

Si la deuxième onde qu'on perçoit dans le pouls dicrole était une onde de retour, il suffirait, pour la faire disparaître, de comprimer l'artère immédiatement au-dessous du point d'application du sphygmographe. Alors, en effet, l'onde centrifuge ne pourrait franchir le point comprimé et, la réflexion se faisant au lieu même ^tTq(i l'artère est explorée, il n'y aurait plus de séparation entre l'onde centrifuge et l'onde centripète; on aurait seulement une onde

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Fig. 138. Tracé du pouls: compression de l'artère au-dessous du spuygmograplie, à la troisième pulsation. L'amplitude du pouls B'accroit el le dicroiisme « devienl plus prononcé.

unique mais plus haute qu'à l'état, normal. Or, en comprimant la radiale au poignet, au-dessous du peint d'application du ^''/^sphygmographe.on ne supprime pas la deuxième onde a (fig. 138' ; elle- ci est donc centrifuge comme la première onde, c'est-à-dire l émanée de l'origine de l'aorte, ce qui confirme la théorie val - ^ J^y.vulaire du dicrotisme. L^onde du dicrotism^estune •'fi~\J~-\ j-trifuge secondaire du genre de celles que nous avons signalées

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164. — Les ondes secondaires du pouls ne tiennent pas à des vibrations propres des appareils inscripteurs. — On a supposé que le levier du sphygmographe et en général de tous les appareils inscripteurs, peut entrer en vibration quand il reçoit une impulsion brusque, de sorte que les ondes secondaires dans les tracés du pouls pourraient avoir cette origine. Il est à peine besoin de combattre cette objection, mais comme on pourrait la reproduire à propos d'autres détails des tracés, j'ai institué un contrôle spécial des appareils inscripteurs, qui permet d'éliminer toute vitesse excessive du levier, et par conséquent les vibrations qu'elle pourrait faire naître.

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