CARACTÈRES GRAPHIQUES, OU FORMES DU POULS
Différences de forme du pouls aux différentes artères. - Classifications anciennes des formes du pouls ; leurs défectuosités. — Ligne d'ensemble d'un tracé du pouls. — Des éléments d'une' pulsation artérielle. — Des phases syslolique et diastolique de la pulsation. — Période d'ascension de la pulsation. - Sommet de la pulsation. — Onde systolique du pouls normal. — Période de descente de la pulsation. — Fréquence et régularité du pouls.
L'importance considérable que l'observation du pouls présente pour le médecin a fait rapidement adopter l'emploi du sphygmographe. Rien n'était plus difficile autrefois, que de saisir par le tact les nuances délicates du pouls dans les différents états morbides, ou dans les différentes phases d'une même maladie; rien n'est plus facile aujourd'hui que de reconnaître ces nuances d'après la forme des tracés. L'art de bien saisir les caractères du pouls n'appartient plus seulement à quelques praticiens consommés ; tout le monde peut l'acquérir en s'exerçant un peu à l'application du sphygmographe.
Il ne faut pas s'attendre à trouver dans la forme du pouls un si-ne pathognomonique d'une maladie; s'il en est ainsi dans quelques cas, le plus souvent, au contraire, la même forme du pouls se rencontre dans des maladies très différentes. D'autre part, sur un même malade, le pouls passe par une série de formes différentes suivant les phases de la maladie. On verra, dans la partie de ce travail consacrée à la pathologie, que les plus précieux renseignements fournis par le pouls des malades sont précisément ceux que l'on tire de la comparaison des tracés recueillis chaque jour, et sur lesquels les transformations de la maladie se lisent
avec clarté. . , - .
Des modifications assez marquées de la forme du pouls sont encore liées aux influences horaires : tout le monde a pu observer,
CHAPITRE XVII. 259 dans la plupart des états fébriles ou phlegmasiques, ces exacerbations vespérales qui par/ois ressemblent à une véritable intermittence. Le pouls se ressent encore d'autres conditions dont il faut tenir compte. Ainsi, l'attitude du sujet influe sur la forme du tracé sphygmographique, de sorte que, pour ne pas compliquer une étude assez difficile déjà, il faut avoir soin de recueillir tous les sphygmogrammes dans des conditions aussi semblables que possible. Les tracés du pouls des malades que nous publierons ont presque tous été recueillis au lit, à l'heure où la visite médicale se fait dans les hôpitaux en France, c'est-à-dire de huit à dix heures du matin.
Différences de forme du pouls aux différentes artères.
I 165. — Le point du système artériel où l'on explore le pouls n'est pas indifférent; chaque artère a son pouls particulier, de sorte que si l'on recueillait tantôt celui de la radiale, tantôt celui de la fémorale ou de la carotide, on n'arriverait qu'à la confusion.
Fig. 130. Tracé
supérieur, pouls caroiimen d'un cheval. - Tracé inférieur, pouls de la faciale.
Quelques exemples donneront une idée de ces différences de la forme du pouls suivant l'artère qu'on explore. La figure 139 représente le tracé de la carotide d'un cheval et celui de la faciale Ces deux tracés diffèrent par ia forme; nous ne parlerons pas de 1 amplitude, dont l'inégalité dépend de ce que les instruments employés étaient inégalement sensibles.
La figure 140 contient trois sphygmogrammes recueillis sur d.f ercntes artères d'un sujet sain : C pouls carolidien, R pouls radial, et F pouls de la fémorale.
Ainsi, à moins d'une raison particulière, il faut toujours explorer le pouls de la même artère. La radiale au poignet est celle qu'on doit choisir; les raisons qui 1 ont fait de tout temps préférer par les médecins pour l'exploration du pouls par le toucher, la rendent également préférable pour l'application du sphygmographe. Le pouls radial se trouve sans tâtonnement sur la plupart des sujets, tandis que le pouls carotidien est plus difficile à percevoir. Sans cette circonstance, la carotide devrait être choisie pour l'exploration du pouls, car son moindre éloio-nement du cœur fait qu'elle conserve plus complètement que
Fig. 140. Pouls des différentes artères.de l'homme. - C, carotide; R, radiale; K, fémorale
la radiale les caractères qui dépendent de l'impulsion cardiaque, c'est-à-dire du volume et de la vitesse de pénétration de l'ondée ventriculaire. Mais la carotide, parfois très accessible au toucher, est au contraire quelquefois profondément cachée derrière es parties molles, de telle sorte qu'on en peut à peine sentir les
^^fo^mon choix arrêté sur l'artère radiale, la construction spéciale de mon sphygmographe, destinée à fixer solidement 1 appareil sur la région du poignet, ne permit plus guère d applique! l'instrument à d'autres artères; aussi doit-on pour recueillir le pouls de la carotide, de la fémorale ou de telle autre artère, recourir à l'explorateur à tambour § 99, le même qui sert à prendre le tracé de la pulsation du cœur.