CHAPITRE XVH
Fréquence et régularité du pouls.
§ 177. — La fréquence du pouls se juge d'après le nombre des pulsations contenues dans une certaine longueur du tracé, longueur que la construction même de l'instrument permet de rapporter à l'unité de temps. Dans le sphygmographe direct, § 137, on a marqué sur la plaque la longueur dont celle ci se déplace en 6 secondes; il suffit donc d'ajouter un zéro au chiffre qui exprime le nombre des pulsations tracées sur cette longueur, pour obtenir le nombre des pulsations en 60 secondes ou une minute. La vitesse des polygraphes (2 centimètres par seconde) permet d'estimer non moins facilement la fréquence du pouls sur les tracés recueillis avec le sphygmographe à transmission § 143. L'exaclitude dans l'évaluation du chiffre du pouls serait un faible avantage de la méthode graphique, car l'emploi de la montre à secondes donne une précision plus que suffisante à cette évaluation. On pourrait même avec raison, s'il ne s'agissait que d'estimer la fréquence moyenne du pouls pendant une minute, préférer la montre au sphygmographe dont la marche n'est pas toujours très régulière.
se trouvera dans la nécessité de désigner certains types sous le nom de anadi-mlatricrote.
Si ces désignalions n'avaient d'autre inconvénient que de blesser l'oreille, le mal ne serait pas très grand; mais elles doivent nécessairement causer des erreurs. Prenons en effet le type du pouls représenté en 2 figure 152 et celui de la figure 153 en Va.
Fig. 153. Pa, pouls à rebondissement systolique; Prf, pouls h rebondissement diastolique
Tous deux seront anacrotes d'après la nomenclature de Landois, et pourtant leurs s.gn.f.caUons sont bien différentes : l'un sera constitué par une pénétration sacoadée du sang dans l'artère, et l'autre par un rebondissement de la période de descente rebondissement qu. n'a pas le temps de s'eflecluer en entier, mais que vient interrompre une pulsation nouvelle. Il n'y a là qu'un demi-rebondissement de descente- il laudrait I appeler pouls hdrni-catacrole.
Mais l'utilité du sphygmographe devient très grande pour signaler des irrégularités du pouls qui échapperaient le plus souvent au toucher. En effet, l'irrégularité n'apparaît à nos sens que si elle est assez prononcée : si, par exemple, une pulsation est d'un tiers ou d'un quart plus brève que les autres; encore faut-il que ces changements de durée de la pulsation se fassent d'une manière assez brusque; ils échappent à peu près entièrement au toucher lorsqu'ils ont lieu par transition lente. Ainsi, dans la figure 115, p. 2-23, les irrégularités étaient presque inappréciables au doigt, attendu que la durée des pulsations croissait et décroissait d'une manière graduelle.
L'examen des tracés du pouls irrégulier permet de rectifier une erreur assez généralement accréditée, à savoir que le cœur suspend quelquefois son action pour la durée d'une révolution entière; on dit alors qu'il manque un battement du cœur.
Enfin, la force du pouls se traduit, dans les tracés, par la hauteur d'élévation des courbes; les conditions qui font varier cette hauteur sont très complexes : nous les exposerons dans le chapitre prochain.