‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 156 sur 431 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

faiblesse du pouls tient à ce que chez elles les artères sont resserrées et n'ont qu'un petit diamètre.

Le diamètre des artères se modifie avec l'âge ; chez les vieillards elles sont plus larges, cela semble lié à la perle d'élasticité de ces vaisseaux. C'est en partie à l'augmentation du calibre de leurs artères, que les vieillards doivent d'avoir des pulsations plus fortes que les jeunes sujets l.

Le volume des artères change du reste, chez un môme sujet, sous l'influence de la contraction ou du relâchement de ces vaisseaux. Des influences locales, des changements de température, suffisent pour modifier beaucoup le calibre d'une artère ; le froid la fait resserrer, la chaleur en relâche les tuniques et la fait augmenter de volume; or, l'intensité de la pulsation suit exactement les variations du volume de l'artère, elle augmente et diminue avec le diamètre du vaisseau.

§ 183. — Ces variations dans le volume des artères et les changements consécutifs de la force du pouls peuvent être très localisés. L'inflammation d'un tissu s'accompagne, comme on le sait, d'un relâchement des vaisseaux; l'atonie s'étend de proche en proche aux artères afférentes de la région malade; ces artères, < devenues plus larges, donnent des battements plus forts que de coutume. C'est ce qui arrive dans le panaris, lorsque les colla- v térales des doigts sont animées de pulsations violentes. C'est pour la môme raison que l'artère faciale bat plus fortement que de coutume dans certaines affections dentaires, principalement dans la gingivite qui accompagne la pousse des dents de sagesse. On' sent alors le vaisseau du côté malade, beaucoup plus volumineux que celui du côté sain. Les battements des artères temporales changent d'intensité pour des raisons semblables. On pourrait \ multiplier beaucoup ces exemples, car les battements artériels s'exagèrent, en général, dans le voisinage de toute partie enflammée. Ces phénomènes ont été longtemps considérés comme le résultat d'une activité spéciale des vaisseaux dont les pulsations étaient plus fortes; mais cette idée est erronée : les artères, en

1. Toutefois, cet accroissement de la force du pouls lient aussi, pour une part nolable, à l'hypertrophie du ventricule gauche qui est produite chez les vieillards par la perte d'élasticité des artères.

effet, ne battent que passivement et sous l'influence des changements dans la pression du sang qu'elles contiennent1.

L'influence du calibre des artères sur la force de leur pulsation s'explique par un principe de physique bien connu, c'est celui sur lequel Pascal à basé la construction de sa presse hydraulique. Une même pression, agissant sur deux surfaces inégales, produira un effort de soulèvement plus énergique du côté de la surface la plus large. Ainsi, de deux artères dont les diamètres sont dans le rapport de un à deux, la plus large soulèvera le doigt qui la comprime avec un effort deux fois plus grand que l'autre.

L'influence de l'étendue de la surface que soulève la pression 3 du sang est remarquable sur les tumeurs anévrysmales qui ne sont, j en définitive, que d'énormes dilatations d'un vaisseau artériel. Si l'on appuie la main avec force sur la surface d'un anévrysme, on est étonné de la force avec laquelle s'effectue le gonflement de la tumeur ; un poids d'un kilogramme appliqué sur un anévrysme volumineux serait aisément soulevé par cette expansion puissante. Qu'on applique, au contraire, une charge beaucoup plus faible, 50 à 60 grammes, sur le trajet de l'artère afférente à l'anévrysme, celle-ci ne résistera pas à cette pression et son calibre sera oblitéré. Et cependant, la force expansive énorme de la tumeur venait tout entière de l'artère qui est si facile à dépri-j mer. C'est que, dans l'anévrysme, comme dans la presse hydraulique de Pascal, la pression intérieure, transmise également à tous les points de la surface de la poche que le sang remplit, développe un effort proportionnel à la surface même de cette poche, c'est-àdire très considérable si l'anévrysme est volumineux, tandis que contre les parois de l'artère afférente dont le diamètre est relativement très petit, la pression du sang ne développe qu'un effort très petit lui-môme-.

1 Rien rfest plus facile que de démontrer la réalité de ces Influences du volume du vaisseau sur la force du pouls, en reproduisant ces phénomènes au moyen du schéma. Il uTfit en effet, de placer le sphygmographe sur deux tubes artériel, de volumes diffé nts pour s'assurer que l'amplitude du tracé est d'autant plu, gran e que tube est plus volumineux, et cela, en conservant aux .mpuls.ons venlncula.res des întnsiîés parfaitement semblables. Le toucher tout seul permet également, dans ces conditions de constater la différence de l'intensité des pulsations.

f Ce principe m'a guidé dans la construction de mon sphygmographe. J a, donne a la plaque Se qui comprime l'artère une forme et une courbure qu, a fissent pre'S sur un longueur d'artère aussi grande que possible. En augmentant «n« la

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