CHAPITRE XVIII. W
Si l'on comprime graduellement l'artère numérale pendant qu'on inscrit le tracé du pouls, on voit que les pulsations perdent peu à peu de leur amplitude. Cela se comprend aisément, puisque le cours du sang est gêné et que les changements de la pression se transmettent incomplètement à la radiale.
Fig. 159. Compression graduelle de la radiale au-dessous du point d'application du sphygmographe. La compression a heu en c; à partir de ce moment, l'amplitude de la pulsation s'accroît ainsi que celle des ondes systoliques i, 2, 2, et diastoliques o, o.
Mais si l'on comprime graduellement l'artère au-dessous du sphygmographe, au niveau de l'articulation radio-carpienne, on constate un accroissement de l'amplitude des pulsations. La figure 159 donne un bon exemple de cet accroissement de la force du pouls; on doit l'expliquer par le choc de l'onde sanguine contre l'obstacle sur lequel elle se réfléchit comme une vague qui vient butter contre un rocher. C'est cet effet que nous avons déjà indiqué sous le nom de coup de bélier, empruntant aux hydrauliciens une expression technique.
Influence de l'attitude du bras sur la force du pouls.
§ 184.— Quand on lient le bras en élévation, on observe souvent
Fig. 160. Pouls radial peu sensible dans l'attitude déclive du bras, d'après Lorain.
que le pouls y devient plus fort. C'est que l'artère, trop peu
surface de l'artère qui agit sur l'instrument, on augmente la force soulevante et l'on arrive à inscrire des pulsations qui sont assez faibles pour que le toucher ne les perçoive que difficilement.
dépressible dans l'altitude normale, le devient davantage quand l'élévation a fait baisser la pression du sang dans le vaisseau. Dans ce cas, l'ondée sanguine s'élance avec plus de force dans l'artère moins tendue, et la variation de pression qu'elle y produit est plus brusque.
Fig. 161. Même pouls que celui de la figure 160 ; le bras est élevé, ce qui accroît l'amplitude du trace.
Lépine et Lorain on constaté cet effet et ont souvent utilisé, au lit du malade, cette manière de rendre plus apparent un pouls trop faible pour être facilement inscrit.
Les sphygmograrnmes 160 et 161 sont empruntés à Lorain; ils montrent un notable accroissement de l'amplitude du pouls à la suite de l'élévation du bras
Influence de la tension artérielle sur la force du pouls.
§ 185. — L'état de la tension artérielle suffit à lui seul pour modifier la force du pouls, sans que, pour cela, le cœur ait besoin de modifier l'énergie de ses systoles. On sait que la tension artérielle est en général réglée par l'état de contraction ou de relâchement des vaisseaux capillaires; que cette tension s'élève quand les petits vaisseaux sont contractés et qu'elle s'abaisse quand ils se relâchent (voy. § 110). Or, c'est là que réside l'influence principale qui fait varier la force du pouls, de sorte qu'on peut poser en principe què, dans la majorité des cas,' la force du pouls n'est point en rapport avec l'énergie de la systole ventriculaire, mais qu'elle est réglée par l'état de la circulation dans les dernières ramifications du système vasculaire.
Les expériences laites sur les animaux au moyen du mano-
1. Pour que le pouls présenle cel accroissement d'amplitude par l'élévation du bras, il faut que le ressort ne comprime pas trop fortement le vaisseau, sans quoi, l'artère serait totalement oblitérée quand la pression y serait devenue plus faible, et le pouls ne s'y ferait plus sentir.