‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 160 sur 431 · CHAPITRE XVIII. Mi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. Mi

la suspension, l'écoulement du sang ayant eu plus de temps pour se faire , la tension a baissé plus que pendant les autres intervalles et est descendue jusqu'en c. Il est naturel que la pulsation suivante, se trouvant dans les conditions de la faible tension artérielle que nous décrivions tout à l'heure, ait une intensité plus considérable.

g 188. — Expérience. — On peut s'assurer, à l'aide du schéma, que l'inégalité des intervalles produit, à elle toute seule, l'inégale intensité du pouls. 11 suffit, en faisant fonctionner l'instrument, délaisser, à un moment donné, un intervalle plus grand que les autres. L'abaissement de la tension pendant ce temps d'arrêt donne une plus grande intensité à la pulsation suivante.

La figure 167 représente un tracé recueilli sur le schéma; on y

Fig. 167. Intermittence des mouvements du cœur sur le schéma; amplitude plus grande de la pulsation qui suit l'intermittence.

voit une intermittence après laquelle la pulsation est plus forte qu'auparavant.

Les palpitations qui se produisent dans les conditions que nous venons de décrire sont liées, en général, à des troubles nerveux. Le malade ressenj, au moment de la pulsation qui suit l'arrêt du cœur, une secousse, quelquefois très violente, qui ébranle tout son être. Ce genre de palpitation, dépourvu de gravité, cause de vives inquiétudes à ceux qui en sont affectés. Il diffère essentiellement, par sa forme, des palpitations qui sont liées à certaines affections organiques du cœur et que nous aurons à décrire plus tard.

Quant à la durée de la suspension des battements du cœur, elle ne paraît soumise à aucune règle. On pense généralement que, dans ces cas, un battement du cœur fait défaut, mais la plupart du temps la suspension est d'une durée inférieure à celle de deux pulsations normales.

On voit aussi, en examinant les figures 166 et 167, qu'après la suspension des battements il faut plusieurs systoles régulières

pour que la tension ait repris son degré normal, et pour que le tracé reprenne le niveau de la ligne des maxima.

Des différences de force du pouls liées à des différences dans la force des systoles du cœur.

g 189. — Certaines expériences faites sur les animaux ont montré que des irrégularités dans les mouvements du cœur sont liées à des inégalités dans la force des systoles ventriculaires. Ainsi, nous avons représenté (fig. 54) le tracé ventriculaire et le pouls carotidien d'un cheval qui présentait deux systoles très rapprochées suivies d'un intervalle plus long. Or, la seconde systole était plus faible que la première; elle n'avait même pas la force de

Fig. 168. Pouls à irrégularités périodiques; les pulsations qui suivent les grands

sont les plus fortes.

soulever les valvules sigmoïdes et de donner lieu à une pulsation artérielle. Imaginons que la tension artérielle eût été moins forte sur ce cheval , il y eût eu deux pulsations artérielles au lieu d'une et la seconde eût été plus faible que la première.

C'est peut-être un trouble semblable des mouvements du cœur qui a donné naissance au pouls redoublé représenté fig. 168 et qui a été recueilli sur un vieillard.

D'autres fois la faiblesse de la pulsation artérielle tient à ce que le cœur ne se vide que partiellement dans les artères, une grande partie de son contenu refluant dans l'oreillette, par suite d'une insuffisance mitrale. Nous avons donné (fig. 92) un exemple de ce genre de pulsations avortées par reflux. ' Il arrive souvent que le ventricule gauche envoie de petites ondées parce qu'il reçoit peu de sang pendant sa diastole, à cause d'un obstacle à la circulation dans le poumon. Cet état, dont nous parlerons à propos de la circulation pulmonaire, donne naissance à des pulsations faibles, malgré l'existence d'une basse pression dans le système artériel.

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