CHAPITRE XVIII. 2y
En somme, les variations de la force du pouls sous lïnflence de changements dans la force absolue des sysloles ventriculaires paraissent être beaucoup plus rares que celles qui tiennent aux changements de la tension artérielle qui produit des variations relatives de la force du cœur, en augmentant ou diminuant la résistance qu'il doit surmonter.
Nous indiquerons plus loin, à propos des altérations pathologiques des artères, les effets de ces lésions sur la force du pouls, son augmentation d'amplitude dans l'athérome, son affaiblissement dans les cas d'anévrismes.
Décroissance de la force du pouls dans les artères de plus en plu»
éloignées du cœur.
§ 190. — Le sphygmographe direct ne peut s'appliquer que sur la radiale; mais au moyen du tambour explorateur de la pulsation du cœur, §99, on peut recueillir la pulsation de différentes artères. On constate ainsi que la fémorale a le pouls plus fort que la poplitée, et surtout que la pédieuse. Cette décroissance de force des pulsations ne tient pas seulement à ce que ces vaisseaux sont de plus en plus petits ; elle dépend de la transformation que le mouvement du sang a subie sous l'influence de l'élasticité artérielle. Nous savons, en effet, que l'élasticité des artères éteint les saccades du mouvement du sang qui résultent de l'action intermittente du cœur, de sorte que, sauf des cas exceptionnels dont nous aurons à parler , le cours du sang est continu et régulier dans les capillaires. Or, cette transformation est graduelle et se rencontre à un degré toujours plus prononcé dans les artères de plus en plus éloignées du cœur.
Non seulement le pouls diminue de force dans les artères éloignées, mais il change aussi de forme, perdant de plus en plus ses angles et ses' plateaux et en général tout ce qui rappelait la forme de la systole du cœur, pour se rapprocher davantage de la forme des ondes, c'est-à-dire d'une ascension et d'une descente également inclinées.