Haies, Ilémosialique, trad. de Sauvage, p
CHAPITRE XIX. 297 Tant que les physiologistes n'instituèrent pas d'expériences en vue de déterminer la vitesse du sang, 'les idées émises sur ce sujet ne furent que des erreurs ou des hypothèses qu'il n'y a pas lieu de mentionner. •
Vitesse générale du cours du sang.
g 19t. — Hering1 a imaginé une méthode qui permet d'apprécier le temps nécessaire pour qu'une molécule de sang prise dans un point quelconque du système veineux accomplisse le cycle circulatoire qui la ramènera à son point de départ. A cet effet, le savant physiologiste de Stuttgard injectait dans la veine jugulaire d'un animal du cyanoferrure de potassium; puis, de cinq en cinq secondes, recueillait à la jugulaire opposée des échantillons de sang. Quand l'analyse démontrait l'apparition du sel dans le sang de la veine, il fallait que la substance introduite dans la jugulaire opposée eût passé des veines dans le cœur droit, eût traversé le poumon, fût revenue au cœur gauche et qu'enfin, portée par les carotides dans les artères de la tête, elle en eût traversé les capillaires pour revenir à la jugulaire opposée. Hering trouva, qu'il faut 27" à 30" pour que le sang, chez un cheval, accomplisse ce cycle. Vierordt2 voulut encore améliorer la méthode et recueillit le sang veineux dans une série de godets disposés sur un disque tournant d'un mouvement uniforme. Les résultats qu'il obtint diffèrent peu de ceux de Hering. Il trouva que chez les petits animaux, la durée du circuit est moindre que chez les grands. Le cycle serait parcouru : chez le chien en 15", chez la chèvre en 12", chez le lapin en 7".
Hering varia ses expériences d'une autre manière : recherchant dans la veine crurale la substance introduite dans l'une des jugulaires, il reconnut qu'il faut un peu plus de temps pour l'y voir apparaître que si on la cherchait dans la jugulaire qui n'a pas reçu l'injection. Toutefois, ce retard qui s'explique par le plus long trajet que le sang doit parcourir pour revenir des membres inférieurs que pour revenir de la tête, n'est pas proportionnel à
1. Hering, Versuchc die Schelligkeit des Blutlaufs und Absonderung zu bestimmen. (Zcitschrifl fur Physiologie von Trcviranus,\82d, t. III, p. 85.)
2. Vierordt, Lie Erschrinungen und Geselze der StromgeschwindigkcUes des Blutes, p. 146.
la différence de longueur des deux parcours, cela fit penser à Hering que ce n'est pas 'dans les gros vaisseaux que le cours du sang est le plus lent, mais au contraire dans les petits vaisseaux qui représentent, comme on sait, la plus large section du système vasculaire.
Rapport du nombre des battements du cœur à la durée d'une
révolution circulatoire.
S'il était vrai, comme l'ont constaté Hering et Vierordt, que chez les différentes espèces animales il faille toujours à peu près le même nombre des battements du cœur pour que le cycle du sang soit parcouru (26 à 28 battements), on en pourrait conclure qu'il existe une certaine proportion entre le volume des ondées ventriculaires et la masse totale du sang. Mais ces rapports correspondent sans doute à un état moyen de la circulation qui ne se rencontre que dans certaines circonstances. En effet, si l'on augmente la fréquence des pulsations du cœur, en faisant courir l'animal, on voit que le cours du sang s'accélère de 1|5 environ, mais qu'il faut à peu près trois fois plus de systoles ventriculaires pour que le cycle soit parcouru.
.Ces expériences concordent avec celles que nous avons précédemment exposées § 48, pour montrer que le débit systolique des ventricules est très variable et que, d'une manière générale, à mesure que le nombre des systoles s'accroît, le volume de chacune d'elles diminue, de" sorte que toute estimation du volume ou de la vitesse du sang fondée sur le volume de l'ondée cardiaque n'a qu'une base hypothétique.
Des estimations beaucoup plus précises de la vitesse du sang ont été obtenues au moyen d'instruments que nous allons décrire.
néiuodromométre de Volkmann.
§ 192. — Le premier instrument destiné à mesurer la vitesse du sang est celui que Volkmann imagina et désigna sous le nom d'hémodromomètre1. C'était un tube de verre recourbé, à l'intérieur
1. Volkmann, Die Hàmodynamik, p. 195. Leipzig, 1850. Qu'on suppose (f.g. .169) une artère coupée dont on aurait réuni les deux bouts par un tube metall.que