CHAPITRE XIX
indications de Yhémotachomèlrc. Yierordt qui venait de réaliser son sphygmographe, § 135, voulut inscrire aussi les variations de la vitesse du sang1, mais il n'obtint que des tracés défectueux.
méthode et appareil de Chauveau.
§ 196. — En 1858, c'est-à-dire l'année même où Vierordt publia ses premières recherches, Chauveau imagina une disposition beaucoup plus parfaite pour mesurer la vitesse du sang; mon savant ami raconte en ces termes la manière dont il fut conduit à créer l'instrument qu'il nomme hémodromomètre à cadran.
« Un jour, dit-il, j'eus l'idée d'enfoncer une aiguille dans la carotide d'un cheval. L'aiguille avait été introduite bien perpendiculairement à l'axe du vaisseau et faisait à l'intérieur de celui-ci une saillie de 6 à 7 millimètres environ. A peine fut-elle abandonnée à elle-même que je la vis osciller d'une manière très régulière, en suivant le mouvement du sang qui circulait dans le vaisseau, se déviant beaucoup quand le sang- s'avançait avec rapidité, se redressant, grâce à l'élasticité des parois de l'artère, quand la circulation était arrêtée, indiquant enfin, par l'inclinaison plus ou moins grande de sa partie extérieure, la vitesse du liquide qui ve-
1. A cet effet, il prolongea en dehors de la caisse la tige du pendule et, la faisant agir sur des rouages, en transmit les mouvements à un pinceau inscripteur. La figure de Vhemotachographe représentée à la fin de l'ouvrage de Vierordt montre que cet auteur est tombé dans le môme défaut que nous avons déjà reproché à son spbygmographe : 1 inertie des organes de transmission du mouvement altère les tracés de la vitesse
Fig. 172. Tracé de l'Iiémotachomètre inscripteur de Vierordt.
du sang. La figure 172 est un tracé de Vhemotachomètre inscripteur; le tracé ne fait qu indiquer des variations de la vitesse du sang rythmées comme les mouvements du cœur. I appartenait à Chauveau de créer un appareil qui traduisît fidèlement toutes les phases de la vitesse du sang des artères.
marry, Circulation.
nail faire effort sur sa partie intra-vasculaire. Le principe de l'instrument qui m'était nécessaire était trouvé. Pour en réaliser la construction il suffisait : 1° de remplacer l'artère, vers le point d'implantation de l'aiguille, par un tube rigide de même diamètre que le vaisseau; 2° d'articuler l'aiguille sur le tube, au moyen d'une membrane élastique tendue au-dessus d'un trou pratiqué à la paroi de celui-ci; 3° de souder au tube un cadran divisé en degrés, pour mesurer avec exactitude l'étendue des déviations de l'aiguille. »
La figure 173 montre la disposition de Vhêmodromomètre de
Fig. 173. Ensemble de l'hémodromomètre de Cliauveau.
Chauveau. Un simple tube de laiton SE se place sur le trajet de la carotide d'un cheval, de telle sorte que le courant entre en E pour sortir en S. A la partie moyenne du tube est une fenêtre que recouvre une membrane de caoutchouc o maintenue par des liens croisés ; une aiguille c est plongée à travers une petite fente pratiquée à la membrane de caoutchouc, de manière que son extrémité c' baigne dans le courant sanguin. L'amplitude et le sens des déviations de cette aiguille se lisent sur un cadran divisé soudé au tube de laiton lui-même'.
» 197l En 1860, Chauveau transforma son appareil et en fit un inscripteur de vitesse sous le nom à'hémodromographe. La
1 A «nuche de la figure, est une vue de profil de l'instrument destinée à montrer eo^CÏle Pl-ge ^ns le courant ^^^^BStt
temps que colles de la vitesse.