‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 175 sur 431 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

figure, la ligne p est la courbe des variations de la pression, la ligne v celle des variations de la vitesse.

On voit en A que l'accroissement de la force impulsive du cœur produit une augmentation parallèle de la pression et de la vitesse. Le même effets'obtiendraitdansune des branches d'une bifurcation artérielle si, en comprimant l'artère, on forçait le sang à passer exclusivement par la branche restée perméable : cela équivaudrait pour celle-ci à une augmentation de la force impulsive. L'attitude déclive d'un membre, en y favorisant le cours du sang artériel, produirait encore une pareille augmentation de la vitesse et de la pression. — A' correspond a la diminution des résistaces ail cours

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i Fig. 185. Tableau des variations de la vitesse par rapport à la pression du sang.

du sang; on y voit s'accroître la vitesse et diminuer la pression î c'est ce qu'on obtiendrait en provoquant une hémorrhagie par une branche de l'artère explorée.

B correspond à la diminution de la force du cœur; il y a décroissance simuttanée de la vitesse et de la pression. C'est ce qui arriverait sous l'influence de l'excitation du pneumogastrique. On obtiendrait les mêmes variations de la pression et de la vitesse dans une branche de bifurcation artérielle, si on produisait une hémorrhagie sur l'autre branche. - En B', au contraire, on a diminué la résistance au cours du sang au-dessous du point où la pression et la vitesse étaient explorées ; il en est résulté une

variation inverse de la vitesse et de la pression : une chute de la pression p, une augmentation de la vitesse v.

C représente les effets de la suppression de toute force impulsive par la compression de l'artère en amont du point exploré; la pression et la vitesse tombent à zéro. — C est produit par un obstacle à l'écoulement en aval ; cet obstacle provoque l'élévation de la pression pendant que la vitesse tombe à zéro.

En somme, dans tous les cas ci-dessus représentés, si la cause de variation s'exerce en amont du point observé, c'est-à-dire si c'est un changement de la force impulsive, il y aura variation semblable dans la pression et la vitesse, et les deux courbes s'infléchiront parallèlement l'une et l'autre. Si la cause de variation a agi en aval, c'est-à-dire du côté des résistances, il y aura variation inverse de la pression et de la vitesse, et les courbes tracées seront ou convergentes ou divergentes.

Ces lois sont d'autant plus importantes àconnaître qu'elles perroettentde rectifier un grand nombre d'erreurs que ferait commettre l'emploi dû manomètre si l'on voulait déduire de ses seules indications la nature des changements qui se produisent dans la circulation du sang, sous une influence donnée. Ainsi, supposons qu'on se propose de rechercher si l'excitation d'un nerf augmente -<>YWèu diminue la force impulsive du cœur et que, pour juger de

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' ^ l'effet produit, on consulte seulement le manomètre. Le niveau ^'AWdu mercure s'élève, par exemple, sous l'influence de l'excitation P <U' - . dlun nerf; a-t-on le droit de conclure que la force du cœur s est aécrue? Nullement. 11 est possible que, sous l'influence de 1 excita- - tion nerveuse, il se soit fait un resserrement des petits vaisseaux ^T&P~ U I et que la tension artérielle se soit élevée, sans que la force du

cœur ait primitivement changé.

Le cas dont je viens de parler n'est pas une simple supposition ; il s'est fréquemment présenté et, bien souvent, sur la foi de 1 ascension ou de l'abaissement de la colonne du manomètre, on a admis aue la force du cœur s'était accrue, quand il s'agissait d un resserrement des vaisseaux capillaires; qu'elle avait diminue quand l'effet primitif était un relâchement des vaisseaux. En païen c f l'application simultanée du manomètre et de l'inscripteur de

eût montré une contradiction dans ^« de ces deux instruments, d'où l'on eût pu condure que le trouble de la circulation avait pour origine un changement dans la résis tance des petits vaisseaux.

CHAPITRE XX- 325 § 211. — Une comparaison fera mieux comprendre ces relations directes ou inverses que présentent, suivant le cas, la pression et

la vitesse du sang.

Si l'on apprend que le niveau d'une rivière s'est élevé, on n'a pas le droit de conclure que les affluents de cette rivière aient grossi <M et lui apportent plus d'eau; car l'élévation du niveau peut tenir à ce qu'un barrage placé plus ou moins loin, en aval du point ob- £ servé, arrête le cours de la rivière. Mais si l'on sait que. non seu- .^i^Zï^^r lement le niveau de l'eau s'est élevé, mais qu'en môme temps le *nr^J^£/k courant est devenu plus rapide, il n'y a plus de doute : les affluents versent l'eau en plus grande abondance, car un barrage, en élevant le niveau de la rivière, en eût ralenti le cours.

Il n'est pas moins nécessaire, pour définir l'état de la circulation

dans une artère, d'y mesurer à la fois la pr.ession et la vitesse du

Fig. 186. Compression d'une artère, arrêt de la vitesse et accroissement de la pression au-dessus

du point oblitéré.

sang. Or Chauveau ayant adapté à son hémodromographe un sphygmoscopeQ 113, de manière à récueillir à la fois les tracés de la vitesse et ceux de la pression, a rendu cette détermination pos- fJZsible, du moins sur les artères des grands animaux. L'appareil figuré au chapitre qui précède (fig. 174) est formé d'un hémodromographe et d'un sphygmoscope. Les deux leviers de ces instruments tracent sur une même feuille de papier; des repères- permettent de superposer les deux tracés de manière à constater avec précision les rapports de synchronisme entre les variations de la pression et celles de la vitesse.

C'est avec cet instrument qu'a étéobtenu le double tracé (fig. 186) où l'on voit qu'une compression de la carotide, en aval du point exploré, élève la pression dans l'artère, en même temps qu'elle y supprime la vitesse (cet effet correspond à celui qui, dans le tableau

schématique (fig. 18U) est représenté ^ en C). — Une hémorrhagie eût pro- | duit la variation inverse.

* Toute action nerveuse qui fera va- •ë rier à la fois la pression et la vitesse 1 du sang sera déterminée, dans la na- | ture, par l'emploi combiné d'un in- -2 scripteur de la pression et d'un in- Z scripteur de la vitesse : le parallélisme | des tracés indiquera que l'action ner- 1 veuse a agi sur le cœur d'une manière 1 directe ou réflexe; le défaut de pa- I rallélisme exprimera que l'action s'est a produite sur les vaisseaux par l'inter- « médiaire des nerfs vaso-moteurs.

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Un exemple intéressant de ces in- | fluences complexes a été donné par I Chauveau et Lortet , lorsqu'ils ont s étudié sur le cheval les effets de la w mastication sur le cours du sang dans î la carotide du cheval.

a La figure 187 est une réduction de '1 l'original. P est le tracé de la pres- I sion du sang, V, celui de la vitesse; % en M on fait manger l'animal. Le pres mier effet qui s'observe peut être Z considéré comme le résultat mécas nique de l'action musculaire : c'est I une augmentation de la vitesse avec t diminution de la pression, résultat is d'un écoulement plus facile du sang ^ par les branches de la "carotide ,

* Mais cet effet dure à peine l'espace

3 de quatre pulsations ; bientôt on voit

| la pression et la vitesse s'accroître si-

^ multanément, ce qui prouve une aug-

2 mentation de la force impulsive du

fa cœur. Les pulsations, devenues plus larges, annoncent des systoles plus

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