CHAPITRE XX
fortes et des ondées plus grosses lancées dans les artères.
Chauveau et Lorlet ont reconnu, avons-nous dit, ce surcroît de l'action du cœur, parce qu'ils ont retrouvé dans toutes les artères du corps cette augmentation de l'énergie des pulsations. Mais on eût pu déduire du seul tracé que nous reproduisons d'après eux l'accroissement de l'impulsion cardiaque : il montre en effet un accroissement parallèle de la pression et de la vitesse.
L'inscription simultanée delà pression et de la vitesse dans une artère est très précieuse, ainsi qu'on va le voir, pour éclairer le mécanisme du pouls.
Analyse comparative des variations de la pression et de la vitesse du sang pendant la dnrée d'une pulsation.
§ 212. — La figure 188 représente les tracés de la vitesse V et de la pression P recueillis simultanément dans la carotide d'un
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Fig. 188. Tracés simultanés de la vitesse du sang V, et de la pression P. recueillis simultanément.Ct^v^vt^*/ trfi<H. Des repères servent h déterminer le synchronisme des différents éléments de ces courbes. ' (^-te ; l. .
cheval. Des repères nombreux ont été pris sur ces deux tracés
pour bien faire saisir les rapports de synchronisme1.
1. Ces repères, tracés après coup par les plumes de chacun des instruments, sont orientés en sens inverse l'un de l'autre et constituent des arcs de cercles dont les centres seraient l'un à droite, l'autre à gauche de la figure ; cela tient à la construction môme de l'instrument, dont les plumes viennent converger pour écrire l'une à côté de l'autre. (V. la figure 174.)
Sur ces tracés, à l'instant 1, le sang pénétrait dans la carotide et y élevait la pression; les deux effets sont bien synchrones, ainsi que la théorie le faisait prévoir. On constate même, dans le pouls carotidien, une saccade exprimant que le sang pénètre dans l'artère en deux temps, c'est-à-dire avec une vitesse très grande au début, puis un peu moins vite; un vestige de cette saccade s'observe en effet dans la courbe de la vitesse1. Mais à l'instant 2, quand la courbe de la pression est arrivée à son sommet, celle de la vitesse est déjà descendue; c'est que, dans l'artère distendue, la force élastique est devenue considérable et qu'à ce moment la pénétration d'une très faible quantité de sang, tout en supposant une faible vitesse, produit une grande élévation de pression, •§ 101 . Nous savons, en effet, qu'à ce moment, le cœur achève sa systole et n'a plus guère de force pour expulser dans les artères ses dernières gouttes de sang, g 45. Le repère 3, dans le tracé de la pulsation, correspond à une petite ondulation que nous connaissons déjà, c'est la clôture des valvules sigmoïdes, § 70. Or, dans le tracé de la vitesse, au lieu d'un soulèvement de la courbe, c'est une dépression qu'on observe. S'il y a contradiction entre les indications des deux instruments, c'est que la vitesse du sang est rétrograde à ce moment et que le petit rebondissement de la clôture des sigmoïdes tient à une sorte de coup de bélier de la colonne de sang qui heurte, en arrière, les valvules de l'aorte en les tendant. Cette rétrogradation du sang est visible dans la courbe des vitesses qui, à ce moment, passe audessous du zéro.
Avec le repère 4 commence,, dans les deux tracés, une ondulation positive: en effet, l'onde de dicrotisme est une onde centrifuge, § 155 ; les deux appareils doivent donc donner des indications de même sens. Les deux tracés concordent, à partir de ce moment, jusqu'à la fin de la révolution du cœur, accusant tous deux les elïets de trois ondes secondaires.
§ 213. — Inscription simultanée de la vitesse et de la pression dans les artères coronaires du cœur. — Nous avons rappelé précédemment que Chauveau a réussi à appliquer l'hémodromographe sur
1. Il ne faut pas oublier que ces deux courbes étant fournies par des instruments dont l'échelle est bien différente, p. 311, ne peuvent donner que le sens des phénomènes et non leur valeur absolue. (Cette saccade est beaucoup plus marquée dans les tracés de vitesse et pression, fig. 186.)