‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 177 sur 431 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

une artère coronaire du cœur; cette opération, l'une des plus hardies que puisse exécuter un physiologiste, a été consignée dans la thèse d'un de ses élèves1. Elle montre avec une clarté remarquable comment se comporte le muscle cardiaque pour gêner et favoriser tour à tour le cours du sang qui le traverse, l'entraver pendant la systole, le favoriser pendant la diastole.

La figure 189 est le double tracé de la vitesse et de la pression : les lettres aa, bb correspondent à des instants synchrones; or, on voit que, de part et d'autre, des soulèvements brusques de la courbe indiquent le début systolique, l'instant où le sang s 'échappe avec vitesse du ventricule et élève soudainement la Pres^^^c ' sion dans l'artère coronaire. Après cette première impulsion, la systole se traduit diversement dans les deux courbes : du côté de *^

Fig. 189. Tracés simultanés de la pression Pr, et de la vitesse V, dans une artère coronaire

du cheval.

la pression Pr, «exprime une augmentation; du côté de la vitesse Vi, a exprime un diminution. Il s'agit donc d'un obstacle au passage du sang en aval du point exploré.

Cet obstacle tient à la gêne de la circulation dans les branches des coronaires qui plongent dans les parois musculaires du cœur et sont comprimées au moment de la systole ventriculaire. En 6, la systole est finie; on voit aussitôt la vitesse s'accroître et la pression baisser. C'est donc encore une influence périphérique qui agit pour produire ces variations inverses des deux courbes. En effet, à ce moment, les parois ventriculaires se relâ- "chent et laissent le sang passer librement à travers les branches des coronaires.

1. J. Rebatel, Recherches expérimentales sur la circulation dans les artères coronaires. (Thèse, Paris, 1872.)

Dans l'expérience qui précède, si l'on n'eût eu que le tracé de la vitesse ou celui de la pression dans la coronaire, il eût été bien difficile de comprendre la forme singulière de ces courbes; leur interprétation est au contraire très facile quand on dispose des deux tracés à la fois.

Il est à désirer que les physiologistes qui peuvent expérimenter sur de grands animaux contrôlent, par l'inscription simultanée de la pression et de la vitesse du sang, certaines expériences dans lesquelles on a signalé des changements de la pression artérielle sous l'action de tel ou tel nerf et dans lesquelles, sur la simple indication fournie par le manomètre, on s'est cru autorisé à admettre que l'action nerveuse avait réagi soit sur le cœur, soit sur les nerfs vaso-moteurs.

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