‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 179 sur 431 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

chaleur, en effet, relâche les vaisseaux, le froid les fait resserrer, de la résultent des changements dans la résistance au cours du sang, des élévations et des abaissements de la tension artérielle. Nous verrons tout à l'heure que l'état de la tension des artères exerce, à lui seul, une influence marquée sur la fréquence des battements du cœur.

Conditions diverses qui font varier la fréquence du pouls.

§ 216. — Des travaux nombreux ont été faits par des physiologistes et par des médecins, afin de savoir quelle est la fréquence du pouls suivant l'âge, le sexe, les saisons, les climats, suivant la taille des individus, enfin suivant les attitudes du corps ou les différentes influences qu'on fait agir sur le sujet en expérience. Tout d'abord, on remarque dans ces études une grande disparité sous le rapport des conditions dans lesquelles les auteurs se sont placés. Les uns, comparant la fréquence du pouls chez deux ' sujets différents, ont eu, dans les données du problème, la plus grande complexité; les autres, observant sur un sujet unique les effets de certaines influences ou de certains agents, se sont placés dans des conditions beaucoup plus simples. Nous allons en donner un exemple.

Supposons qu'on veuille déterminer l'influence du sexe sur la fréquence du pouls : il faudra avoir affaire à des sujets de même âge, car l'âge tout seul exerce une action notable; il faudra prendre comparativement des hommes et des femmes de môme taille, car la taille du sujet influe sur la fréquence du pouls. Or, tant de conditions réunies rendent l'expérience difficile à réaliser, et si toutes ne sont pas observées avec soin, on ne peut accorder aucune conliance aux résultats obtenus.

Un type d'expérience réduite à sa plus grande simplicité est celle que Graves institua pour déterminer l'influence de l'attitude sur la fréquence des battements du cœur. Il compara, en effet, les chiffres du pouls recueillis sur un même individu, dans différentes attitudes; il eut soin d'éliminer, dans chaque expérience, l'intervention de l'action musculaire, et fixant le sujet qu'il observait sur une planche à bascule, il le plaça comparativement dans des positions plus ou moins inclinées, afin de voir quel effet produisait cette inclinaison toute seule.

En passant en revue les différentes influences qui font varier la fréquence du pouls, nous avons cru voir qu'une condition commune se rencontrait dans les expériences si diverses qui ont été faites sur ce sujet : nous voulons parler d'un changement dans la pression du sang. Une saignée, une compression d'artère, une certaine attitude du corps, voilà des conditions qui ne paraissent pas s'adresser au système nerveux, mais qui. visiblement, exercent une action sur le cours du sang dans les vaisseaux; or, ces influences réagissent sur le cœur et en modifient le rythme, c'est ce que nous chercherons à établir.

Rapports de la fréquence des mouvements du cœur avec la (ensien

artérielle.

§ 217. — Le cœur bat d'autant plus fréquemment qu'il éprouve ;\ moins de peine a se vider. — En l'émettant pour la première \À fois1, nous donnions à l'appui de cette loi des preuves tirées 1 l^y, de ce qui se passe dans les différents appareils musculaires de , v l'économie. « Ne voit-on pas, disions-nous, que tout muscle qui doit fournir un certain nombre de contractions les exécute d'autant plus rapidement qu'il éprouve moins de résistances à vaincre? Ainsi, qu'un homme ait à franchir une certaine distance, ne le fera-t-il pas d'autant plus vite qu'il sera moins chargé, autrement dit que ses muscles auront moins de résistance à surmonter? Cherchons à exécuter des mouvements alternatifs avec la main plongée dans l'eau, nous n'y arriverons que péniblement et lentement; exécutons les mêmes mouvements dans l'air, nous pourrons les produire avec une rapidité extrême. »

A ces exemples nous en pouvons ajouter d'autres plus probants encore, car ils sont empruntés à une fonction de la vie organique intimement liée à la circulation du sang. Les mouvements respiratoires se ralentissent quand ils rencontrent un obstacle mécanique plus grand qu'à l'état normal. Ainsi, respirons par un tube étroit, nous verrons la fréquence des mouvements respiratoires diminuer, en raison même de l'obstacle ; bien plus, au moyen d'un dispositif quelconque, faisons que l'obstacle au mouvement de l'air soit plus grand dans un sens que dans l'autre, nous verrons

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