CHAPITRE XXI
mogramme 192 est recueilli de cette manière. Dans la première moitié C de l'expérience, la tension était élevçe par suite de la compression des deux artères fémorales ; celte compression à cessé dans la seconde moitié D. Que l'on mesure à l'aide d'un compas la durée comparative d'un môme nombre de pulsations dans les deux moitiés du tracé, et l'on pourra aussitôt se convaincre que la fréquence du pouls a augmenté dans la seconde, c'est-à-dire à partir du moment où l'on a enlevé l'obstacle qui gônait le passage du sang et qui, élevant la tension artérielle, se faisait sentir jusqu'au cœur lui-même.
La compression de l'aorte cause un obstacle beaucoup plus grand encore à la circulation artérielle; aussi l'énorme élévation de la tension qu'elle amène produit-elle instantanément le ralentissement du cœur.
Expérience. — Chez les grands animaux, comme le cheval, il est assez facile d'introduire le bras dans le rectum et de l'y enfoncer profondément . On peut alors sentir l'aorte avant sa
Fig. 193. Ralentissement des battements carotidiens d'un cheval par la compression de l'aorte
à l'instant C.
bifurcation et saisir ce vaisseau à travers les parois de l'intestin, pour le comprimer. Après avoir appliqué un sphygmoscope (voy. § 113) à la carotide d'un cheval et avoir mis l'instrument inscripteur en marche, on comprime l'aorte en C (fig. 193) par le moyen qui a été indiqué. Aussitôt l'instrument accuse, à la fois, une augmentation très considérable de la tension artérielle et un grand ralentissement des battements du cœur. Le pouls battait u raison de cinquante pulsations par minute avant la compression de l'aorte; au moment de la compression, il ne battait qu'environ trente-cinq fois. Celle expérience n'a pas besoin d'être commentée ; elle montre, à un degré encore plus prononcé, l'influence qu'exerçait déjà la compression des fémorales.
La même expérience peut être répétée sur les petits animaux; En opérant sur un chat, on constate (fig. 194) que la compression de l'aorte abdominale, au niveau des iliaques, produit le ralen-
tissement du pouls, en même temps que l'élévation de la tension artérielle.
Nous avons déjà donné dans le chapitre xm plusieurs types d'élévation de la tension artérielle après la compression d'artères plus ou moins volumineuses. Sur le tracé (figure 95) on observe ce même ralentissement du rythme cardiaque à mesure que la pression s'élève. Dans les exemples que nous venons de citer, il est manifeste que l'élévation ou la diminution de la pression du sang, c'esl-à-dire de la résistance que le cœur doit surmonter, a été le premier phénomène produit et que le ralen- W tissement ou l'accélération du cœur sont arrivés d'une manière
consécutive. On va voir que certaines influence qui accélèrent ou ralentissent le rythme cardiaque peuvent se rattacher à celles que nous venons d'indiquer, en ce qu'elles paraissent modifier primitivement la tension artérielle.
Eîg. 194. Tracé manométrique de .a pression dans la caro.ule ^Ses^ cf " P3TAS 10 cent de mercure. On comprime l'aorte a la bifurcation des iliaques en l de 2 centimètres et les pulsations du cœur se ralentissent.
g 220 Influence des attitudes sur la tension artérielle et consécutivement sur la fréquence des mouvements du cœur. - L'attitude du sujet dont on explore le pouls influe sur la fréquence des battements C'est un fait reconnu depuis longtemps par les physiologistes expérimentateurs, mais qui n'avait été rattache par eux a Aucune théorie. Avant de montrer comment cette clans la loi précédente, nous allons citer les expériences de plusieuis
auteurs.
Guy1 trouve les variations suivantes :
Le sujet étant debout, 79 pulsations par minute, — assis, 70 —
— couché, 67