‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 198 sur 431 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

gements de calibre sans accorder la conlraclilité aux plus fins capillaires, on disait que ces changements étaient passifs et provenaient de ce que les vaisseaux situés en amont et doués, eux, de contractilité, leur laissaient arriver le sang avec une pression moins forte.

Aujourd'hui on ne saurait refuser la contractilité même aux capillaires les plus ténus. Stricker1 en Allemagne, Rouget en France3, ont mis hors dedoute l'existence de cette conlractilité, en montrant que de véritables étranglements locaux peuvent se

Fig. 206. Capillaires de la membrane capsulo-pupillaire d'un embryon de mouton, observés à l'élat fiais dans l'humeur vitrée, après une excitation mécanique des vaisseaux. Au niveau des parties contractées, les cellules font une saillie prononcée à la surface des vaisseaux (d'après Ch. Rouget),

produire sur le trajet des plus petits capillaires. A l'extérieur et l'intérieur du vaisseau resserré (fig. 206) apparaissent des dentelures formées par le relief des cellules contractiles qui enveloppent de leur réseau le tube endothélial ; celte couche fait suite à la tunique contractile des artères3.

Ainsi, la même propriété s'observe dans tous les petits vaisseaux, se continuant d'une part avec la contractilité que J. Hunier a le premier démontrée dans le système artériel et d'autre part avec la contractilité veineuse dont nous parlerons bientôt. Rien ne paraît différencier, au point de vue fonctionnel, les vaisseaux de différents calibres.

1. Stricker, SU*, d. K. Wiener Akad. d. Wissenschaft. Bd. LI. 1865.

2. Rouget (Comptes rendus de VAcad. des sciences, 5 mars 1879. )

3. Voir, pour l'historique de ces questions, François Franck (Gaz. hebd. 187!))

LA CIRCULATION l\U SANG.

Comparaison de la contraction des vaisseaux cupillaires avec celle des muscles strie».

$ 245. — Henle, rassemblant les résultats d'expériences faites par différents physiologistes, a tracé les principaux caractères de la contractililé des capillaires. Leur contraction, pareille à celle des muscles de la vie organique animés par le grand sympathique, ne se produit qu'un certain temps après l'excitation et persiste longtemps après que l'excitation a cessé.

La différence entre la contractilité des vaisseaux et celle des muscles striés paraît, au premier abord, considérable; mais elle s'efface quand on considère que, suivant le tissu où on l'observe, la contractilité présente tous les degrés de brusquerie ou de lenteur. La période d'excitation latente présente aussi, dans sa durée, des variations correspondantes.

Déjà, à propos de l'action musculaire du cœur, j'ai essayé de prouver que chaque systole venlriculaire est une secousse trente ou quarante fois plus longue que celle d'un muscle strié, et précédée d'une période d'excitation latente fort longue également, g 13. La contraction vasculaire, et celle d'autres tissus, procéderaient par secousses plus longues encore que celles du cœur et précédées d'un temps perdu beaucoup plus long, puisqu'il dure souvent plusieurs secondes.

j^~>* L'analogie de la contractilité vasculaire avec celle du cœur et ,„>M)v^es autres muscles se révèle encore par un autre caractère ; la discontinuité. De sorte que les parois des vaisseaux exécuteraient des secousses successives produisant des alternatives de resserrement et de relâchement.

Contractions rythmiques des petits vaisseaux.

§ 246. — Spallanzani1 a vu, après l'excision du cœur, des contractions rythmiques se produire dans les vaisseaux d'une salamandre ; Schiff2 a signalé des alternatives de dilatation et de

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