CHAPITRE XXIII
de sang. Cela tient à ce que, dans les vaisseaux intra-abdominaux, toujours soumis à une pression positive, la pression du sang- est, à l'état normal, toujours partiellement contre-balancée par la pression extérieure.
La circulation des viscères s'adapte aux modifications graduelles que subit la pression dans les cavités splancbniques. Ainsi, des kystes volumineux ne semblent pas, dans leur développement lent, compromettre la circulation de ces organes. Vient-on à évacuer brusquement le contenu de ces kystes, des congestions violentes se produisent parfois dans les viscères, témoignant d'une force contractile insuffisante des vaisseaux de ces organes. Cette diminution de la contractilité vasculaire a été acquise par une adaptation lente des vaisseaux aux conditions de pression auxquelles ils étaient soumis'.
1 254.— Les changements de la pression du sang à l'intérieur des CA-*-^ vaisseaux en modifient le diamètre; mais, dès que la pression ,v~o-K^ ; reprend sa valeur normale, il se produit une variation de sens inverse dans le diamètre vasculaire. ^T~~~
On sait que la pesanteur produit dans les différentes parties du c^ZZL^ corps des variations de la pression du sang; la contraction des vaisseaux prend alors des valeurs inégales, pour compenser ces Ç^^juinfluences perturbatrices. La pesanteur élève la pression du sang /L^ dans les parties déclives et l'abaisse dans les parties élevées. Un K L homme de l'n,80 de taille, se tenant debout, a dans les vaisseaux it~**> /^Lv des pieds et dans ceux de la tête des pressions très différentes : .*« l'écart entre ces pressions est égal au poids d'une colonne de sang de i«,80 de hauteur, soit 0,13 centimètres de mercure, ce quicon- rJU/f stitue environ les deux tiers de la pression totale du sang arté- . riel. Si les vaisseaux de la tête et ceux des pieds réagissaient avec la même force contre des pressions intérieures si inégales, on verrait la circulation de la tête très diminuée dans l'attitude verticale, les vaisseaux de cette région se resserrant et n'admettant à leur intérieur qu'une faible quantité de sang; d'autre part, les vaisseaux des pieds, trop faibles pour soutenir la forte pression qu'ils reçoivent, se dilateraient et seraient le siège d'une circulation exagérée. S'il n'en est point ainsi, c'est que les inégalités de " pression auxquelles nos organes sont habituellement soumis sont neutralisées par une inégalité compensatrice de la force contractile de leurs vaisseaux.
Mais celle contractilité inégale n'est point répartie d'une manière définitive dans les vaisseaux de chacun de nos organes. Aucun d'eux n'ayant, en permanence, le même degré de déclivité, la force contraclile de ses vaisseaux varie et s'adapte, au bout d'un temps variable, à la pression intérieure du sang. Tous les médecins connaissent les troubles circulatoires qui se 1 produisent sur les sujets qui sont restés au lit pendant longtemps lorsqu'on leur fait prendre, sans transition, l'attitude verticale. . Chez ces sujets les jambes rougissent, se gonflent et deviennent très chaudes, tandis que la face pâlit et que l'anémie cérébrale Lc>- W' peut aller jusqu'à la syncope. Cela tient à ce que la force contracr tilc des vaisseaux s'est répartie d'une manière plus égale entre les
f vaisseaux de la tête et ceux des oieds lorsaue. Dar suite de la nnsi-
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vaisseaux de la tête et ceux des pieds lorsque, par suite de la pos tion horizontale longtemps prolongée, il n'y avait plus d'inégalité ' ^ - dans la Pression du sang de ces régions. Le malade se levant après cette modification subie, les influences de la pesanteur ne sont plus compensées par des forces contractiles inégales.
On voit des bateleurs se tenir, pendant un temps fort long, la tête directement au-dessous des pieds, sans que leur circulation J-^p soit sensiblement troublée, tandis qu'il suffit à un homme peu
habitué aux exercices du corps de se baisser pour ramasser quelque objet, pour que le sang, comme on dit, se porte à la tête, . ^ et amène une rougeur notable de la face et même des troubles ^ k^vW- ^jjçC^A des sens.
Cette sorte d'adaptation de la contractilité vasculaire aux influences de la pesanteur n'exige pas un temps très long pour se produire ; il suffît de quelques heures de séjour au lit pour qu'elle soit sensible, et elle est très manifeste, chez la plupart des sujets, le matin, au lever. Dans les premiers instants de la station verti-
Scale, le visage pâlit, tandis que les pieds sont chauds et gonflés1, i-^v^^ H a donc suffi de sept à huit heures d'attitude horizontale pour que les vaisseaux aient perdu l'accroissement ou la diminution de force contractile que l'attitude verticale leur avait donnée pendant le jour précédent2.
Dans une communication faite à l'Académie de médecine5,
1. La tuméfaction des pieds est assez sensible pour qu'on ait peine à mettre le matin des chaussures étroites qu'on mettra aisément quelques heures après.
2. On trouvera le développement de ces observations sur la contractilité vasculaire et les applications qu'on peut en faire à la médecine, dans un mémoire que j'ai publié dans les Annales des sciences naturelles, 4° série, t. IX, 1858;