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Bulletin de VAcad. deméd., séance du 18 juin

CHAPITRE XXIII. 383 J Lister cite des faits qui montrent que la contractilité vasculaire ^ éprouve des modifications plus rapides encore lorsqu'à l'influence ^ de l'attitude élevée se joint celle d'un obstacle mécanique à la

circulation artérielle.

Expérience. On élève pendant quelques minutes le bras d un ... , homme, puis on applique une bande élastique à la racine du membre. On abaisse alors le bras et l'on constate que la circulation ne s'y rétablit pas. Replaçant enfin le bras dans la situation élevée, on enlève la bande et l'on voit le bras rougir; le sang y a*ft~ u pénétré en abondance, malgré l'influence défavorable de la pesanleur qui tout à l'heure le faisait pâlir.

Lister explique ces résultats en admettant « qu'après que les tissus du membre ontété dépourvus, pendant un certain temps, de toute circulation, il survient, pour ainsi dire, un besoin de circulation et que ce besoin de circulation opère comme un stimulus1 qui détermine le relâchement des artères, en agissant sur le système vaso-moteur de la même manière que le fait la chaleur. »

En opérant sur des animaux, l'illustre chirurgien de Londres a vu que des veaux et des chevaux, étant couchés sur le dos pendant qu'on leur tenait une jambe dans l'élévation complète, présentaient des modifications circulatoires plus grandes encore que celle qui vient d'être signalée sur l'homme. Les artères diminuaient de calibre, au point d'être réduites au sixième de leur diamètre normal; l'artère métacarpienne ne donnait plus de sang quand on la divisait.

Si l'on considère que chez les quadrupèdes l'élévation des membres inférieurs est bien plus insolite encore que chez l'homme, on comprendra que les vaisseaux des membres inférieurs soient pourvus d'une contractilité énérgique qui fasse un obstacle considérable au cours du sang lorsque , le corps étant déclive, un membre est tenu en élévation.

1. Cette explication rappelle celle de J. Hunter qui, pour rendre compte de l'abord du sang dans les parties lésées, invoque le stimulus de nécessité, c'est-à-dire le besoin de sang pour la réparation des tissus. Ces explications un peu téléologiques nous semblent inutiles, et nous préférerions nous borner à la constatation du fait, en disant que par la suppression complète de l'abord du sang la contractilité des artères a été affaiblie.

De In contruetllité vasculalre étudiée sur des organes isolés et soumis a la circulation artificielle.

§ 255. — Ludwig a doté la physiologie d'une admirable méthode qui consiste à isoler du corps un organe et à faire circuler à travers ses vaisseaux du sang défibriné. On place ce sang dans un réservoir élevé, ou mieux dans un vase de Mariotte, afin d'avoir >X*~ â*~~une source de pression constante, puis, par des tubes de caout- A H^j^-chouc munis d'ajutages appropriés, on fait arriver ce sang dans d c^/1^/ ^.-une ou Prieurs des artères afférentes de l'organe isolé. Le sang

traverse le système capillaire et s'écoule par les veines que l'on peut, dans certains cas, munir de tubes efférents par lesquels s'écoule le sang veineux.

Dans ces conditions, si le diamètre des vaisseaux change sous ^ une influence quelconque, le débit du sang par les veines permet- -irW^ tra de le constater.

Si à la manière de Mosso, § 240, on étudie les changements de v***" volume d'un organe soumis à la circulation artificielle, sous une 1 charge constante, on a un moyen d'évaluer d'une manière rigoureuse la valeur des dilatations ou des resserrements que ^^j. / " provoquent certaines influences. Ainsi, Mosso1 a montré qu'en

suspendant un instant le cours du sang dans un organe, on pro- ■i^~^Jl^. voque dans les vaisseaux une atonie qui se traduit par une circu- •jL^o^*- - .lation plus abondante aussitôt que le cours du sang est rétabli. *c^^ Sur un rein soumis à cette expérience, chaque fois qu'on avait

>",lv"~" arrêté l'écoulement du sang pendant quelques minutes, Mosso

observait, au moment de la reprise du courant, une plus grande rapidité de la circulation. Cet auteur attribue ce phénomène à une dénutrition des vaisseaux qui aurait lieu pendant l'arrêt circulatoire et leur enlèverait une partie de leur force élastique. Il semble plus naturel de rapprocher les expériences de Mosso de celles qui ont été citées précédemment et d'expliquer la circulation plus rapide qui se produit à la reprise du cours du sang par l'affaiblissement de la contractilité vasculaire adaptée à une faible pression à l'intérieur des vaisseaux.

1. Mosso, Sopra alcune nuove proprieta délie pareti de'i vasi sanguinî, Turin 1875. Traduction du mémoire Von einigen neucn Eigenschaften der Gefasswand. (Ludwig's Arbeiten. Leipzig, 1874.)

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