CHAPITRE XXIV
resserrement des vaisseaux de ses effets consécutifs. Au moment oii les vaisseaux se resserrent, ils expulsent le sang des tissus et cela se traduit par une élévation de la pression manométrique dans les vaisseaux veineux qui reçoivent le sang subitement déplacé. Mais ce n'est là qu'un effet passager, et quand la circulation a pris son nouveau régime, la pression manométnque s'abaisse, en raison des obstacles que le sang éprouve dans les vaisseaux resserrés.
Démonstration du resserrement ™scnlalre sur l'homme, d'après le changement de volume des organes.
g 261. — Le resserrement des vaisseaux se traduit par une diminution du volume des organes où il se produit. Ce changement de volume se mesure, avec une précision assez grande, au moyen des appareils ci-dessus décrits § 127. Si l'on introduit l'avantbras et la main dans un de ces appareils et si l'on excite, à un mo-
Fi» '12. Diminution de volume de la main V, exprimant qu'un resserrement des vaisseaux se produit après une excitation électrique portée sur le trajet de l'artère numérale en bE.
ment donné, au moyen de courants d'induction, les nerfs qui rampent sur l'artère humérale, on voit se produire un abaissement de la courbe. La figure 212 montre le tracé des changements de volume de la main après l'excitation des nerfs1 de E en E. Entre le début de l'excitation et les premiers .effets du resserrement vasculaire, il s'écoule environ une seconde et demie.
On constate également, dans cette figure, que les vaisseaux continuent à se resserrer après la cessation du courant électrique. C'est un nouveau caractère qui rapproche les muscles vasculaires des autres muscles à fibres lisses qu'anime le grand sympathique.
1. François Franck, Dit volume des organes dans ses rapports avec la circulation du sang. {Trav. lab., t. II, p. 50.)
Mais, dans l'expérience précitée, on ignore si le resserrement vasculaire est directement produit par l'excitation du système vaso-moteur, ou s'il est de nature réflexe. Dans ce cas, l'action nerveuse parcourrait peut-être un long trajet, centripète puis centrifuge, avant d'atteindre les muscles vasculaires. Aussi est-il préférable, pour estimer avec précision le relard du resserrement des vaisseaux sous l'influence d'un nerf, d'agir sur les animaux, comme on l'a vu g 260, en excitant le bout périphérique du nerf en môme temps qu'on explore avee le manomètre la pression du sang dans le bout périphérique de l'artère correspondante.
Constatation des changements de diamètre des vaisseaux par la 'double inscription des pressions artérielle et veineuse.
frtuyCZ Qhvu^ l 262- — En combinant l'inscription de la pression artérielle à celle de la pression veineiise , dans le département-circulatoire correspondant au nerf excité, Dastre et Morat1 ont obtenu, sous la direction de Chauveau , d'excellentes déterminations de l'état \ ^>^-jàes vaisseaux. Pour, 'cela, il faut adapter un sphygmoscope à l'une des artères afférentes de la région et un autre à une veine, ^rj- /Lc^lV Une élévation 'de la pression artérielle, coïncidant avec un
abaissément de la pression ' veineuse, prouve indubitablement qu'il s'est produit un resserrement des vaisseaux capillaires. Mais ces expériences' ne peuvent être effectuées que sur de grands animaux; elles exigent aussi que la'région sur laquelle on opère se prête à l'application des deux sphygmoscopes sans qu'il en résulte une entrave au cours du sang. Ces conditions sont réalisées dans les vaisseaux du pied des solipèdes.
Il y a une grandé analogie entre cette méthode et celle qui consiste à inscrire à la fois la vitesse et la pression du sang dans l'artère de la région où l'on provoque une action vaso-motrice. Mais ces deux méthodes exigent l'emploi de grands 'animaux. De petits manomètres inscripteurs permettraient d'appliquer à des animaux de moyenne taille la méthode employée par Dastre et Morat.