CIRCULATION VEINEUSE
Direction centripète du cours du sang dans les veines. — Propriétés des vaisseaux veineux. — Fonction des valvules des veines. — De la principale force qui préside à la circulation veineuse. — De la pression veineuse. — InÛuence de l'action du cœur sur la circulation veineuse. — Du pouls veineux — Vitesse du sang veineux. — Courant veineux rémittent et pouls veineux des extrémités.
L'exposé de la circulation veineuse ne nous arrêtera pas longtemps ; en effet, le cours du sang veineux ne se traduit pas au dehors par des signes apparents : ce courant est uniforme, et si, parfois, la régularité en est troublée, cela tient moins à une activité propre des vaisseaux qu'à des influences extérieures dont nous parlerons plus loin. C'est pour cela que J. Hunter appelait les veines des vaisseaux passifs.
Direction centripète du cour» du sang dans les veines.
§ 268. — Il suffit d'examiner au microscope une membrane vasculaire adhérant à un animal vivant pour assister au retour du sang qui, après avoir parcouru les fins réseaux des capillaires, se rend, par des branches convergentes, dans des troncs de plus en plus gros qui sont les racines du système veineux. Mais à l'époque d'Harvey1, on n'avait pas ces preuves directes du retour du sang par les veines ; aussi l'immortel savant qui démontra la circulation du sang dut-il instituer un grand nombre d'expériences pour prouver que le sang, envoyé par les artères dans tous les organes, revient ensuite de la périphérie au cœur.
Harvey montra, sur les veines de l'avant-bras, comment les
i. Harvey, La circulation du sang (trad. de Ch. Ricliet, p. 140).
valvules s'ouvrent et laissent passer le sang dans la direction centripète, comment elles se ferment pour empêcher le cours du sang de s'effectuer en sens inverse. Chacun peut répéter sur soimême ces expériences si démonstratives. Ainsi, quand on chasse le sang d'une des veines superficielles du dos de la main en la frottant avec le doigt, du poignet vers les phalanges, et qu'on laisse le doigt appuyé sur le vaisseau, on voit que la veine reste vide de sang. Mais vient-on à soulever le doigt, aussitôt le sang se précipite dans la veine, coulant de la périphérie vers le centre, et le vaisseau redevient apparent et gonflé comme avant. Ce phénomène exige pour se produire qu'on opère sur une portion de veine située en amont d'une valvule.
Propriétés des vaisseaux veineux.
§ 269. — Capacité et extensibilité du système veineux. — La plus grande partie du sang est contenue dans le système veineux qui ^^possède une capacité beaucoup plus grande que celle des artères. Chacun des vaisseaux artériels est, le plus souvent, accompagné de deux veines dont chacune offre un calibre plus grand que celui de l'artère qu'elle accompagne; il y a, en outre, de larges réseaux veineux superficiels sous -cutanés qui communiquent avec les réseaux profonds. Enfin, on doit considérer comme faisant partie du système veineux les canaux et les sinus creusés dans l'épaisseur des os. Ajoutons que les vaisseaux veineux sont énormément extensibles 1 et se prêtent à recevoir de grandes quantités de sang sans que leur force élastique s'accroisse beaucoup ; c'est, en effet, dans le système veineux que se loge temporairement la masse des liquides que nous empruntons à nos boissons, et qui parfois représente un volume considérable.
g 270. — Grande résistance des vaisseaux veineux. — Malgré ^jj^X ^eur grande extensibilité, les vaisseaux veineux sont très résis-
^ étants : ils supporteraient même sans se rompre une pression
intérieure plus grande que les artères. Haies 2 a vu que la veine
1. W. Braune, Beitràge zur Kehlniss d. Venenelasticitàl (Beitr. z. An. u. Phys., 1875) et Bardeleben, Ueber Vcnenclasticitàt (lenaische Zeitschr. f. Naturw, 1878).