‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 223 sur 431 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

: Toutes choses égales du côlé des résistances capillaires, la vitesse de la circulation veineuse est nécessairement proportionnelle à la pression du sang dans les artères1. Ainsi, Poiseuille2 ayant fait une ouverture à une veine et noté le débit du sang que fournissait la plaie, vit qu'en pratiquant une blessure à l'artère afférente, de manière a y faire baisser la pression, l'écoulement veineux diminuait notablement.

• A l'époque où l'on supposait que la force du cœur n'exerçait plus d'action sur le sang dans les capillaires, et que dans ces vaisseaux il recevait une impulsion nouvelle, on donnait comme preuve de cette assertion le fait suivant : quand on comprime l'artère d'un membre après avoir fait une plaie veineuse, le sang de la veine continue à couler quelque temps encore, bien que l'action du cœur ne puisse plus se faire sentir. Magendie5 a montré que ce fait doit s'expliquer par le retrait élastique des artères. Mais ce retrait n'a lieu que parce que les artères avaient été préalablement dilatées par l'action du cœur; la tension artérielle, en effet, n'est que la force du cœur emmagasinée dans l'élasticité des artères comme dans un ressort, § 105.

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De la pression veineuse.

§ 275. — La pression du sang dans les veines est très faible par rapport à la pression artérielle. Ce n'est que dans le cas où un obstacle s'oppose au passage du sang par une veine que la tension s'y élève, en amont de l'obstacle, jusqu'à ce qu'elle ait acquis la même valeur que dans les artères afférentes. Encore faut-il, pour que cette haute tension soit obtenue, que le sang ne puisse s'écouler par quelqu'une des anastomoses si nom-

whi II faut toutefois tenir compte de la réserve que nous venons d'émettre relativement à l'état des vaisseaux capillaires, car dans les circonstances ordinaires c'est le resserrement des capillaires qui élève la pression artérielle; or, ce resserrement a pour effet de diminuer la quantité de sang qui arrive dans les veines. C'est pourquoi, d'une manière générale, le cours du sang veineux est d'autant plus lent que la tension artérielle est plus élevée. Ce n'est donc que dans les cas où, soit la tension artérielle, soit la force du Ç03ur serait accrue, sans que rien fût changé à la perméabilité des capillaires, que la vitesse du courant veineux croîtrait avec la tension artérielle.

1 Poiseuille, Recherches sur la cause du mouvement du sang dans les veines. Extr. du Journal universel et hebdomadaire de médecine, 1830, 1. 1.

a. Magendie, Mémoire sur l'action des artères dans la circulation (Journ. de médecine, 1817).

ni. J

breuses qui en assurent le retour, môme quand un ou plusieurs troncs veineux importants sont oblitérés. Aussi, pour produire une stase veineuse absolue dans un membre, faut-il en oblitérer toutes les veines, par exemple, au moyen d'une constriction du membre tout entier, ne ménageant que les vaisseaux artériels.

Quand on a ainsi distendu le système veineux en y retenant le sang, les capillaires s'élargissent par l'accroissement de la pression intérieure qu'ils supportent ; il en résulte que les variations de la pression artérielle se font sentir jusque dans les veines. Magendie, ayant lié la veine fémorale d'un chien et fait une piqûre à cette veine, vit que le jet de sang se renforçait quand on comprimait le thorax, ce qui élevait la pression artérielle, ainsi qu'on le verra à propos des influences de la respiration sur la circulation. Dans l'opération de la saignée, le jet veineux est plus fort quand le patient fait un effort ou quand il souffle fortement. Ce sont là des effets d'une augmentation de la vis a tergo.

Dans l'état normal de la circulation, il est très difficile d'assigner une valeur quelconque à la pression du sang dans les veines. Quelques auteurs, toutefois, ont essayé de déterminer expérimentalement cette pression. Volkmann, appliquant un manomètre comparativement à des artères et à des veines sur un même animal, trouva des valeurs très différentes : 165 millimètres de mercure pour la carotide, 27 pour la jugulaire, 9 pour la veine métatarsienne. Cette valeur pour la jugulaire peut même être considérée comme trop élevée ; peut-être tenait-elle à un obstacle au cours du sang produit par l'application même de l'instrument. En effet, la pression dans la jugulaire peut même avoir une valeur négative, surtout si on l'explore à la base du cou. Nous verrons que l'aspiration thoracique due à la rétractilité du poumon se fait sentir dans cette région.

g 276. — Pression négative dans les veines intra-thoraciques et dans les veines voisines du thorax. — Valsalva avait déjà signalé qu'au moment des inspirations, le sang veineux des jugulaires coule plus rapidement du côté de la poitrine; il appartenait à Barr.y1 de montrer qu'une aspiration s'exerce sur les veines voisines du thorax et de donner la mesure de cette force aspiratrice. On a vu, § 106, que Haies avait déterminé la hauteur à la-

1. Barry, Recherches expérimentales sur les causes du mouvement du sang dans les veines, Paris, 1825.

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