CHAPITRE XXV
pénétrer ; de là résulte le gonflement si apparent des veines du cou et de la face.
g 278. Du côté de l'abdomen, la respiration fait varier la pression en sens inverse de ce qui a lieu dans le thorax. En effet, l'abaissement du diaphragme qui agrandit la cavité thoracique pendant l'inspiration, diminue en même temps la capacité de l'abdomen en comprimant les organes et les vaisseaux qui y sont contenus. Les veines subissent donc, aux différentes phases de la respiration, des changements de pression inverses dans le thorax et dans l'abdomen. Cet antagonisme a été démontré par différents auteurs.
Toutefois, l'influence de la pression thoracique se fait sentir
Fig. 214. Pression dans une veine sus-hépatique Pr.V.H. — Tracé de la respiration recueilli ayee le pneumographe R. Le sens des variations est le même dans les deux tracés.
dans la partie de la veine cave qui avoisine le diaphragme et dans les veines sus-hépatiques. Rosapelly1 a déterminé le rapport des variations de la pression du sang dans les veines sus-hépatiques, ; ■ avec les mouvements respiratoires ; il a constaté que l'inspiration fait baisser la pression dans ces veines et dans la région de la veine cave où elles débouchent, tandis qu'elle élève la pression ; ■ dans les autres veines abdominales.
Ainsi, en inscrivant en même temps les mouvements respiratoires avec le pneumographe 2 et les changements de la pression dans une veine sus-hépatique avec un manomètre, Rosapelly a obtenu le tracé (fig. 214), où l'on voit que les deux courbes sont
1. Rosapelly, Recherches théoriques et expérimentales sur les causes et lemècanisme de la circulation du foie, thèse inaug., Paris, 1873.
2. Voir, pour la description de l'instrument et pour son application, Méth. graph., p. 541.
concordantes, dans leur inflexion générale, c'est-à-dire que l'inspiration fait baisser la pression dans le thorax et dans les veines sus-hépatiques
En inscrivant à la fois la pression dans la veine porte et les mouvements respiratoires, on obtient des courbes discordantes (fig. 215), montrant que l'inspiration, en même temps qu'elle fait baisser la pression thoracique, élève la pression abdominale.
Les influences de la respiration sur la pression dans les veines sus- hépatiques sont accrues lorsque le passage de l'air est gêné.
Fig. 215. Pression dans la veine porte Pr. V.P.— Respiration inscrite au pneumographe R. Les deux courbes varient en sens inverse l'une de l'autre.
En faisant obstacle à l'inspiration par un rétrécissement des voies aériennes , Rosapelly a noté que l'abaissement de la pression vein*euse, à chaque inspiration, est beaucoup plus fort que dans la respiration calme. Les choses se passent donc, à l'orifice veineux du diaphragme, comme à l'entrée des veines jugulaires en haut du thorax.
§279. — Répartition de la pression veineuse dans les cavités splanchniques. — La théorie fait prévoir que les veines qui traversent les cavités splanchniques sont extérieurement soumises à des pressions très différentes. La pression est négative dans le thorax, ainsi qu'on l'a vu plus haut; elle est au contraire toujours positive dans l'abdomen. Ajoutons que l'écart entre ces deux pressions varie suivant les phases de la respiration, et varie en sens inverse pour le thorax et pour l'abdomen, puisque l'abaissement du diaphragme qui accroît le vide thoracique élève la pression dans l'abdomen. Toutefois, l'antagonisme de ces deux variations n'est pas par-
1. Pour recueillir la pression dans les veines sus-hépatiques, Rosapelly glisse par la jugulaire une sonde mise en rapport avec un tambour à levier. La sonde traverse la veine cave supérieure, l'oreillette, la veine cave inférieure, l'anneau du diaphragme, et s'arrête presque toujours d'elle-même contre l'orifice d'une veine sus-hépatique.