CHAPITRE XXV
fait. Luciani1 a cherché à déterminer expérimentalement la valeur des pressions que subissent les veines, et pour cela, introduisit des espèces de sondes manométriques dans le thorax et dans l'abdomen*.
Il a vu que les variations de la pression ne sont pas rigoureusement inverses dans le thorax et dans l'abdomen, comme cela arriverait si les mouvements respiratoires n'étaient produits que par l'action du diaphragme. L'expiration, chez certains chiens, s'accompagne d'une contraction des parois de l'abdomen qui accroît la pression dans cette cavité, tandis que le relâchement du diaphragme, s'il intervenait seul, aurait pour effet de diminuer cette pression. Si on paralyse les muscles abdominaux par l'écrasement de la moelle dorsale, aussitôt apparaît l'antagonisme parfait entre les variations thoraciques et les variations abdominales de la pression.
Quand on pratique la respiration artificielle, on observe un synchronisme parfait entre les variations thoraciques et abdominales, mais alors les variations sont de môme sens dans les deux cavités.
En somme, les variations de pression dans l'intérieur des veines contenues dans les cavilés splanchniques sont produites par des changements de la pression dans ces cavités elles-mêmes; de sorte que si, en se tenant loin du diaphragme, on explore à la fois la pression dans la veine cave inférieure et dans la cavité abdominale en dehors de la veine, les deux pressions varient de la même manière. Il en est de même pour la pression du sang dans la veine cave supérieure comparée à la pression dans la cavité de la plèvre.
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Influence de l'action du cœar sur la circulation veineuse.
§ 280. - L'action du cœur produit, dans la circulation des veines caves, des temps d'arrêt et même des reflux ; elle y produit aussi
1. L Luciani, Délie oscillazioni délia pressione intra-toracica e inlra-addominale [Archiv. per le scienze mediche, vol. II, fasc 2., 1877.)
2. II n'est pas nécessaire de recourir à ùne mutilation pour l'application de ces ondes- en en .ntrodu.sant une dans l'œsophage, et une autre dans le rectum on I l nd.cal.on > . peu pr s exacte des changements que la pression éprouve dans le borax
dans 1 abdomen. La seule cause d'erreur possible tient à ce que l'œsophage ou le
ZnaJTTr CTaClZ *Uelrc{0is et aiou^ l'effort de leurs muscles à la pre sion qui existe dans la cavité explorée. v
MAni£Y, Circulation ^
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des accélérations. Pendant la systole des ventricules, les valvules auriculo-ventriculaires étant fermées, le sang stagne clans l'oreillette et la pression augmente dans celle-ci, puis, de proche en proche, jusque dans les veines. D'autre part, si le cœur s'arrête en diastole, comme cela arrive après l'excitation du pneumogastrique, le ventricule se remplit; mais quand sa réplétion est achevée, il ne reçoit plus rien de l'oreillette. Or, le sang veineux, continuellement versé par les veines caves , s'arrête et distend ces vaisseaux où il acquiert une pression assez forte.
Dans nos expériences de cardiographie exécutées avecChauveau, nous avons constaté pendant l'arrêt du cœur cette énorme êléva-
Fig. 216. 0 tracé des oreillettes, V tracé du ventricule de la grenouille (voir § 72), * o systole de l'oreillette. Arrêt du cœur par une irritation abdominale EE; élévation de la pression veineuse dans l'oreillette pendant cet arrêt.
tion de la pression veineuse, tant dans les veines caves que dans les oreillettes.
On peut démontrer sur la grenouille l'élévation de la pression du sang dans l'oreillette pendant l'arrêt du cœur. En inscrivant à la fois la pulsation de l'oreillette et celle du ventricule, au moyen du double myographe représenté figure 41, on voit l'oreillette se gorger de sang quand le cœur est arrêté par la galvanisation du pneumogastrique.
La figure 216 montre ce phénomène. Les lignes 0 et V correspondent aux tracés de l'oreillette et du ventricule. On constate en So la pulsation systolique de l'oreillette et son retentissement dans le tracé ventriculaire. En EE on irrite le péritoine, ce qui, au bout de quelque temps, provoque un arrêt du cœur. Pendant cet arrêt, l'oreillette continue à s'emplir par le retour du sang veineux et se gonfle graduellement1. Quelque temps après la reprise des
1. Un excès de la pression exercée par le levier du ventricule a empêché celui-ci de se remplir en l'absence des systoles de l'oreillette; sans cela, la courbe ventriculaire eût accusé également une élévation pendant l'arrêt diastolique du ventricule.