CHAPITRE XXV
mouvements du cœur, on voit l'oreillette se dégorger peu à peu. Cette phase de l'expérience n'a pu être représentée dans le tracé.
Du pouls veineux.
§ 281. — Potain1 étudiant dans les hôpitaux le pouls veineux normal, pour le comparer à celui qui accompagne l'insuffisance /"-^ Iricuspidc et dont il sera question plus loin, a inscrit simultanément les pulsations veineuses, celles du cœur et celles des artères, J^f Il a vu qu'au moment de la systole de l'oreillette, un grand sou- ? lèvement se produit dans le pouls des jugulaires, et qu'à ce soulèvement succède un affaissement correspondant à la diastole de l'oreillette dans laquelle les veines se vident brusquement. Plus lard, arrive un second affaissement que Potain attribue à la dia-
Fig. 217. Pr. J., pression latérale dans la jugulaire. - P. V. D., pulsation du ventricule droit.
b. O., systole de l'oreillette,
slole du ventricule dans lequel l'oreillette et les veines se vident de proche en proche.
Les expériences faites sur les animaux confirment cette manière de voir, du moins en ce qui concerne le premier soulèvement veineux auquel fait suite un affaissement profond. La figure 2.7 estobtenue sur'un chien dont on explore la pression latérale dans a jugulaire à la base du cou, en même temps que la pulsation du ventricule droit.
LPolain, Des mouvements et des bruitsc/y se passent dans les veines (Bull / Mon. Soc. med. des hôpitaux, 1868, t. IV.) ' vemes. (ttull. et
Cette figure montre une parfaite coïncidence du principal soulèvement veineux avec la systole de l'oreillette (S. 0.), tandis que l'affaissement veineux coïncidant avec la systole ventriculaire ne peut s'expliquer que par la diastole de l'oreillette.
Cet affaissement soudain implique une recrudescence dans la rapidité du courant sanguin du côté du thorax; parfois, cette rapidité se traduit par des bruits de souffle dont le siège est dans les veines jugulaires.
§ 282. — Si la pression du sang dans les veines du thorax est négative, à l'état normal, c'est-à-dire le thorax étant intact, il n'en est plus ainsi quand on ouvre la poitrine d'un animal; l'aspiration y disparaît et les veines y sont soumises à la pression atmosphérique. On trouve alors, dans l'oreillette et dans les veines caves, une (ry^'i-pression de quelques millimètres de mercure provenant probable- 3 ment de ce que la circulation est gênée dans le poumon. François- ^L^Franck1 a constaté qu'en insufflant le péricarde sous une pression de 1 centimètre de. mercure la pression artérielle tombe très bas; ! le cœur, en effet, cesse d'envoyer du sang, car il cesse de se remplir. Cela tient à ce que la pression veineuse étant inférieure à 1 centimètre de mercure, le sang est incapable de rentrer dans le cœur en surmontant la contre-pression qui agit sur l'oreillette. Dès lors, les actes musculaires du cœur s'exercent à vide, et sont sans effet sur le cours du sang.
Cet arrêt de la circulation par vacuité du cœur n'est que passager, même si l'on continue la contre-pression dans le péricarde. En effet, la pression veineuse s'élève, comme en arrière de tout obstacle, et dès qu'elle devient légèrement supérieure à un centimètre de mercure, le sang rentre dans l'oreillette et la circulation se rétablit. On conçoit , d'après cela, que des épanchements du péricarde soient compatibles avec la vie, même si le liquide présente dans la poche une assez forte pression; c'est qu'alors la pression veineuse s'élève assez haut pour surmonter la contrepression que le cœur subit.
Vtr^- V^*/1^AW" 1. François-Franck, 'lrav> lab.. t. III, p, 113