‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 230 sur 431 · CIRCULATION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULATION PULMONAIRE

Pression du sang dans l'artère pulmonaire. — Vitesse de la circulation pulmonaire.

— Influence de la respiration sur la perméabilité des vaisseaux pulmonaires.

— Influence de la circulation pulmonaire sur la circulation générale. — Signes extérieurs de la circulation pulmonaire.

La circulation pulmonaire, ou petite circulation, a pourfonction de faire passer tout le sang veineux provenant des différents organes à travers le poumon où il redevient artériel. Au contact de l'air respiré, le sang veineux perd l'acide carbonique dont il était chargé, absorbe de l'oxygène, et de noir qu'il était avant d'entrer dans le poumon, devient, en en sortant, rouge comme celui qu'on voit jaillir d'une blessure artérielle. Le cours du sang dans la petite circulation s'effectue au moyen d'organes semblables à ceux de la circulation générale : le cœur droit, l'artère pulmonaire, les capillaires qui forment un riche réseau autour des vésicules des poumons, enfin les veines pulmonaires qui, au nombre de quatre, versent le sang hématosé dans l'oreillette gauche, forment les différentes parties constituantes de la petite circulation. On désignait autrefois l'artère pulmonaire sous le nom d'artère veineuse, à cause de la couleur du sang qu'elle renferme; les veines pulmonaires s'appelaient, pour la même raison, veines arlérieuses. Ces désignations ont été abandonnées comme inutiles.

La circulation pulmonaire se trouve donc placée de telle sorte, que le sang qui revient des veines de la grande circulation entre dans l'oreillette droite, et que celui qui revient des veines de la petite circulation entre dans l'oreillette gauche.

Prcsaion du sang dans l'artère pulmonaire.

I 286. — La même série d'actes se produit dans la grande et dans

la petite circulation. On sait que le cœur droit agit d'une manière synchrone avec le gauche ; nous n'aurons pas à décrire comment se lorme la tension dans l'artère pulmonaire ni comment s'effectue le retour du sang veineux. Tout ce qui a été dit à propos de la grande circulation est applicable à la petite ; nous nous bornerons à faire observer que dans la petite circulation le sang éprouve beaucoup moins de résistance que dans la grande. Ainsi, en opérant sur la circulation pulmonaire, Sharpey» a constaté qu'il fallait deux fois moins de force pour imprimer au courant une certaine vitesse que si l'on agit sur les vaisseaux de la grande circulation. On va voir que c'est de ce passage plus facile que résultent toutes les différences que les expérimentateurs ont signalées entre la force des deux cœurs, et entre les pressions du sang dans l'aorte et dans l'artère pulmonaire.

Nous avons dit, §77, que les sondes manométriques accusent des pressions très inégales dans les deux ventricules. Ainsi, la systole du ventricule gauche serait environ trois fois plus énergique que celle du ventricule droit. Or, nous savons que l'effort systolique d'un ventricule se mesure assez exactement à la résistance que lui oppose la pression du sang dans l'artère à laquelle il ; . iUwww *~ PA fournit; nous devons donc conclure que la pression dans l'artère 1 pulmonaire doit être environ trois fois moindre que celle qui existe dans l'aorte2. Cette évaluation, déduite de la pression du sang dans le ventricule droit, est plus voisine de la vérité que ne lé serait la mesure directe de la pression faite au moyen du manomètre appliqué à l'artère pulmonaire quand on a ouvert la poitrine êt pratiqué la respiration artificielle. De telles mutilations troublent trop profondément la fonction circulatoire pour qu'on puisse attacher quelque valeur aux données qu'elles fournissent7'. Au contraire, l'introduction d'une sonde manométrique dans les cavités droites du cœur, en passant par une veine jugulaire, ne trouble pas sensiblement le cours du sang, de sorte qu'on peut avoir toute confiance dans la mesure qu'elle donne de

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1. Todd etBowmann, Physiological Analomy and Physiolegy of Man, 1856, t. II, p. 330.

2. Butner a trouvé dans l'artère pulmonaire des pressions de 13 à 19""° de mercure, tandis que, dans l'aorte, la pression atteignait 71 et 115""°.

3. Cependant Cliauveau et Faivre (Gaz. mèd., Paris, 1856) ont réussi à explorer directement la pression dans l'artère pulmonaire en perforant la paroi thoracique avec un trocart : ils ont trouve celte pression égale à 1/3 de la pression aorlique.

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