‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 234 sur 431 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Il ne faut pas perdre de vue cette opposition entre la respiration ' Jlj^^^ «~ naturelle et la respiration artificielle, au point de vue de leur influence sur le cours du sang. Beaucoup d'expériences ont été entachées d'inexactitude parce qu'elles ont été faites sur des animaux curarisés que l'on faisait respirer artificiellement; il suffit d'être prévenu pour se tenir en garde contre de pareilles erreurs.

Dans la pratique médicale, il n'est pas non plus sans intérêt de chercher à imiter le mieux possible les mouvements de la respiration pour ramener à la vie les asphyxiés. Longtemps on s'est bornéa faire l'insufflation bouche à bouche, ce qui est assurément le moyen le plus commode de faire pénétrer de l'air dans le poumon. Mais, si l'on songe que cette pénétration de l'air compromet la circulation pulmonaire, on comprendra toute l'importance que peut avoir l'emploi de procédés de respiration artificielle dans lesquels on fait varier la capacité thoracique.

Un de ces procédés, dû à Denis-Dumont, consiste à imprimer aux omoplates des mouvements par lesquels on élève les côtes et Ton produit une certaine ampliation du thorax, suffisante pour faire pénétrer un peu d'air dans le- poumons. Un procédé plus efficace, mais qui exige l'emploi d'un appareil spécial, est celui qu'a imaginé le docteur Woillez. Le patient est introduit tout entier, sauf la tête, dans une caisse qui s'adapte exactement au pourtour du cou et dans laquelle, au moyen d'un soufflet, on raréfie et comprime l'air alternativement. On peut ainsi effectuer des mouvements respiratoires d'une grande étendue.

Influence de la circulation pulmonaire sur la circulation générale

§ 290. — Tout obstacle au cours du sang dans le poumon a pour effet de diminuer la quantité de sang qui rentre dans les cavités gauches du cœur. Les ondées qu'envoie le ventricule gauche dimi- ifc^ nuent de volume, la tension artérielle baisse et le pouls devient p petit, fréquent et dicrote. puisque les conditions de l'oscillation X des ondes sanguines sont réunies § 174.

Il y a plusieurs moyens de produire artificiellement un obstacle au passage du sang par la petite circulation. Les injections de W poussières, ou mieux de graines de petit volume, suivant la mé- ^ thode de Flourens, produisent des résistances considérables au cours du sang dans le poumon où elles oblitèrent un très grand

nombre de vaisseaux. La figure 218 montre, d'après Holmes lPa eneis que produit, du côté de la )Pndnn

*<>*■ ugure '218 montre, d'après HolmM i0. effets que produit, du cOté de la tension aciérie e, S]

Info I0 , yC0P°^ danS 'a Vei"e J^ulaire d'un chien A m

vteleTd , IOn,hSiSSe' 'eS 0ScMlati0"s manomètre de v.ennen de plus en plus petites, ce qui tient à la diminution de volume des ondées vcntriculaires gauches. Il est à noter égalent que le nombre des pulsations sW,tf ■,„„„ g ? Ml

(d après Holmes). U°" P"""0"™

abaissement de la tension artérielle» comme dans tous les cas où la tension artérielle est très faible.

On a vu, § 276, que l'introduction de l'air dans les veines produit des obstructions du même genre, et que les cavités droites du cœur, ainsi que l'artère pulmonaire et ses branches, sont remplies d'un sang spumeux qui ne peut traverser le poumon ; le manomètre appliqué aux artères donne alors les mêmes variations que dans l'expérience (fig. 218).

La contraction des capillaires du poumon est parfois assez Uli>w^grande P°Ur Produire un arrêt presque complet du cours du vI+~~ SaDg' Ho,mes2 a réussi; en injectant une infusion de seigle ergoté

^ H 11 Semb'e qUe lGS résislances niables qu'éprouve le cœur gauche règlent la fré-

[ C^4~w V^-^wiq^nce du rythme cardiaque, le cœur droit, en effet, était, pendant ce temps, gorgé de sang et la pression relativement élevée dans l'artère pulmonaire.

2. Holmes, Éludes expérimentales sur le mode d'action de l'eroot de seigle thèse inaug., Paris, 1870.

CHAPITRE XXVI. 431 dans les veines, à produire une imperméabilité presque absolue des capillaires du poumon. Il est probable que dans le choléra et dans quelques autres maladies qui présentent un staded algidité, la circulation pulmonaire éprouve une résistance très grande, par suite de l'état de resserrement général des vaisseaux. Non seule-

Fig. 219. Pouls faible et fréquent dans le choléra.

ment le sang n'arrive plus au contact de l'air pour y subir l'hématose, mais ce sang ne cède même plus à l'air une partie de sa chaleur, comme dans la respiration normale, de sorte que l'air expiré est presque à la température ambiante. Le pouls, dans ces maladies, est à la fois fréquent et petit comme dans la figure 219.

Signes extérieurs de la circulation pulmonaire.

g 291. — Pulsation du cœur droit. — Le ventricule droit est w tourné en avant et à droite, par suite d'une sorte de torsion du n^n^a k~

Fig. 220. Pulsation du cœur droit PD, et du cœur gauche PG, recueillies sur le même individu.

cœur sur son axe; aussi, la pulsation du cœur droit est-elle facilement accessible : on la trouve à coup sûr en appliquant l'explorateur un peu au-dessous et en dedans du mamelon gauche. La forme de celte pulsation, chez l'homme et chez les mammi-

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fères, est un peu diiïérenle de celle du ventricule gauche La figure 220 représente les pulsations des ventricules gauche et droit, recueillies sur le môme sujet, et permet de les comparer entre elles.

AtV La courbe du ventricule droit présente un plateau descendant }V,w~, plus ou moins incliné, exprimant une évacuation facile à cause

■*£2jela grande perméabilité du poumon; ce plateau est précédé ; d'un sommet élevé et plus ou moins aigu. La pulsation du cœur gauche présente un plateau ascendant indiquant un effort crois- S&nt du ventricule gauche, à mesure que le système artériel est

L t, oîLw-X^ pIus lendu- Ces formes rappellent celles que donne la cardiogra- 1a, lw» tAj^J^ Phte sur les grands animaux, § 58.

•^^f^^^HHH' § 292: ~~ Caraclères de la Pulsation du cœur droit sous l'influence Z c^^^^^'^nobslade à towculation pulmonaire. - Un moyen très facile

Fig. 221. Ligne supérieure : tracé normal de la pulsation du cœur droit. — Ligne inférieure : tracé pendant un arrêt de la respiration.

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d'étudier sur soi-même la stase du sang dans le cœur droit, sous n -i l'influence d'un obstacle à la circulation pulmonaire, consiste à arrêter sa respiration pendant qu'on inscrit les pulsations du cœur droit. On assiste alors à la transformation graduelle de la forme des tracés sur lesquels on lit clairement que le cœur se vide de moins en moins à mesure que se prolonge l'arrêt respiratoire. La figure 221 montre celte transformation des courbes.

Si l'on compare la ligne supérieure, qui correspond aux pulsations du cœur pendant la respiration normale, à la ligne inférieure obtenue pendant l'arrêt de la respiration, on constate que sur cette dernière les pulsations sont moins amples; que cette amplitude décroît constamment pendant la durée de l'arrêt respiratoire; enfin, que cette décroissance de l'amplitude tient à une élévation

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