SUR LA CIRCULATION
Influence de la pesanteur sur la position du cœur. — Influence de la pesanteur surTa pression du sang dans les artères. — Modifications de la forme et de la force du pouls par l'attitude des membres. — Influence de la pesanteur sur les artérioles et les capillaires. — Influence de la pesanteur sur la circulation veineuse. — Influence de la pesanteur sur la circulation générale. — Rôle de la pesanteur dans la circulation cardiaque. — Influence des pressions extérieures sur la circulation. — Influence du vide de la plèvre sur la circulation. — Effets d'une pression localisée sur les artères et les veines.
La pesanteur exerce une action importante sur les phénomènes de la circulation; on a déjà vu quelques-uns de ses effets à propos de la circulation veineuse, il reste à indiquer son influence sur les circulations cardiaque, artérielle et capillaire.
Influence de la pesanteur sur la position du cœur.
§ 294. — Le cœur jouit, dans la cavité du péricarde, d'une grande mobilité; sa pointe se déplace en divers sens pendant cha- ^Tt t^ cune des révolutions cardiaques, et suivant que le corps s'incline ^ A^X/S^ en avant ou en arrière, à droite ou à gauche, l'extrémité ventri- ^/J^SC^. culaire se déplace sous l'influence de la pesanteur. En se penchant en avant, on établit un contact plus intime de la paroi du ventricule droit avec celle du thorax, et la pulsation se sent avec, plus de force. Cette position est la plus convenable lorsqu'on veut inscrire la pulsation du ventricule droit, g 291. Si le sujet est couché sur le côté gauche, le ventricule gauche est en contact avec la paroi thoracique; c'est la position recommandée pour obtenir de bons tracés du ventricule gauche.
Inversement, le décubitus dorsal ou la position couchée sur le côté droit, | sont défavorables à l'exploration des I pulsations du cœur.
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Influence de la pesanteur sur la pression du sang dans les artères.
§ 295. — Les lois de l'hydraulique faisaient prévoir et l'expérience confirme que, si un membre est placé dans une attitude élevée, puis dans une attitude basse, la pression du sang dans ses artères sera différente dans les deux cas. L'excès de pression qu'on observera dans l'artère du membre déclive, par rapport à la valeur de la pression dans l'attitude élevée, correspondra précisément au poids d'une colonne de sang dont la hauteur serait égale à la différence de niveau entre les deux positions extrêmes.
Si le manomètre est nécessaire pour vérifier l'exactitude numérique de cette loi, le sphygmographe suffit pour constater que la pression baisse dans les artères d'un membre qu'on élève, et s'élève dans les artères d'un membre qu'on abaisse.
L'expérience est facile à exécuter au moyen du sphygmographe à transmission, § 143. L'instrument étant appliqué au poignet, et la main élevée à la hauteur de la tête, on commence à inscrire le tracé du pouls (fig. 225). A l'instant a on abaisse le bras d'une manière graduelle; en e le poignet est descendu à la hauteur
CHAPITRE XXVII. 439 de l'épigastre. A partir de ce moment, on élève de nouveau le bras jusqu'à la hauteur de la tête.
Cette figure nous montre, par l'inflexion considérable de la ligne d'ensemble, que la différence entre le maximum et le minimum de pression, c'est-à-dire une différence de charge correspondant environ à 40 centimètres de hauteur de sang, ou à 3 centimètres de mercure, s'accuse dans le sphygmogramme par une dénivellation de deux centimètres et demi environ. L'amplitude des indications du sphygmographe est donc, dans le cas présent, très voisine de celle d'un manomètre à mercure. Le même effet s'observe sur toutes les artères quand on change l'attitude du corps. i
Il faut toujours tenir compte des influences de la pesanteur quand on veut estimer la valeur absolue de la pression artériellé. Sur les grands animaux, par exemple, on trouve, à la carotide, une différence de pression énorme, suivant que l'animal est debout ou couché.
Modifications de la forme et de la force du pouls par l'attitude
des membres.
I 296. — La figure 225 montre de très grandes différences dans la forme du pouls, suivant que le membre est élevé ou abaissé. Dans l'élévation du poignet, le pouls se réduit à une impulsion brusque, correspondant au flot systolique du sang; les ondës secondaires n'arrivent plus à la radiale, et cette artère est affaissée ^ pendant la phase diastolique du cœur. A mesure que le poignet 1w s'abaisse, on voit que le tracé ne retombe plus sur une ligne ho- ^ rizontale après l'ascension brusque, mais descend plus lentement, tandis que le rebondissement (dicrotisme) s'accentue de plus en ^ plus. Il y a dans cette observation une preuve nouvelle que l'onde ^ secondaire qui produit le dicrotisme est de direction centritugè. o ^^u^C
La force du pouls change également sous l'influence des charigements d'attitude des membres; nous avons dit, § 178, comment on utilise l'élévation du bras pour rendre plus sensibles certaines pulsations trop faibles du pouls radial.
§ 297. — L'action de la pesanteur retarde le cours du sang dans , les membres tenus en élévation. Or, cet obstacle local retentît y4^. sur l'ensemble de la circulation dont tous les points sont, comme
on le sait, solidaires les uns des autres. Do môme que si l'on comprime une artère volumineuse, la pres- sion du sang s'élève instantanément dans I butes les autres, de même, si l'on élève un I bras l'obstacle au eours du sang dans ce | membre équivaudra à un certain degré de
- compression de l'artère numérale et la pression | s'élèvera dans les autres artères; entre autres | dans celles du bras opposé.
| La démonstration de celte influence de la pe- J santeur peut encore se faire avec le sphygmo- | graphe à transmission. La figure 226 montre jf le tracé du pouls radial gauche : le poignet j auquel est fixé l'instrument est immobile; | mais, pendant la durée du tracé, on élève puis | on abaisse le bras droit. L'effet est moindre « que dans l'expérience précédente, car le chan-
1 gement de pression produit par l'élévation du s bras droit est nécessairement très faible dans g les autres artères entre lesquelles il doit se ré- | partir. Mais cet effet est très visible, surtout au | moyen de ia ligne horizontale tracée sous le g sphygmogramme.
^ Il faut noter que l'influence des change- | ments d'attitude d'un membre sur les artères | des autres régions du corps est entièrement
2 opposée à celle qui se produit dans le membre ! qui a changé d'attitude. Ainsi , l'élévation du s bras droit fait baisser la tension dans les ar- | tères de ce membre, mais elle produit dans l toutes les autres artères du corps une éléva-
- tion de pression.
Influence de la pesanteur sur les artérioles et les capillaires.
g 298. — Dans les changements d'altitude des membres, c'est à l'extrémité de ceux-ci que se produisent les plus 'grandes dénivellations, et c'est en ces