‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 241 sur 431 · V. Salathé, Trav. lab., t.HI, p · texte numérisé non relu

V. Salathé, Trav. lab., t.HI, p

latoire, à une pression plus forte que dans les autres; ce principe est absolu et Spallanzani1, Poiseuillc2, Caillelel3 ont montré que des salamandres ou des poissons peuvent être soumis, dans l'eau, à des pressions énormes, sans que leur circulation en soit modifiée. Cailletct a porté la pression à 40 atmosphères, en opérant sur de petites anguilles placées dans des tubes de verre très résistants ; le seul effet qu'il ait obtenu a été une légère décoloration douces poissons.

* ^ Mais si l'on soustrait une partie du corps à la pression atmosphérique, ou simplement, si la pression de l'air diminue sur i cette partie, on y voit affluer le sang; c'est le mécanisme de la ventouse. La succion, comme on dit, qui s'opère sous une ventouse et y attire le sang n'est, à proprement parler, que l'effet de la pression atmosphérique normale qui agit sur toutes les parties du corps, excepté sous la ventouse où le sang est poussé de toutes parts et produit une forte distension des vaisseaux. Laseule limite j à l'accumulation du sang dans les vaisseaux au-dessous d'une ventouse, c'est la forceélastique des parois vasculaires qui, par l'effet de leur distension, devient assez grande pour faire équilibre à la pression atmosphérique augmentée delà pression du sang dans les artères. Cela suppose un vide absolu au-dessous de la ven- . touse, mais, dans les conditions ordinaires, on n'y produit qu'une légère raréfaction de l'air ; aussi le sang n'afflue-t-il qu'avec une I force modérée, incapable de rompre des vaisseaux de quelque im- , portance.

On a varié de diverses façons le mécanisme de la ventouse. Ainsi, des cloches à air dans lesquelles on peut introduire un 1 homme présentent un orifice par lequel un membre peut sortir au dehors. L'orifice par où passe le membre étant muni d'un manchon qui s'oppose à l'issue de l'air, on comprime celui-ci à | 'intérieur de la cloche. Aussitôt on voit le membre placé au dehors se congestionner, comme s'il était placé dans une ventouse. Ce membre, en effet, n'est soumis qu'à la pression atmosphérique normale, tandis que tout le reste du corps est comprimé dans la

1. Spallanzani, Expériences sur la circulation. Trad. de Tourdes, p. 299.

2. Poireuille, Recherches sur les causes du mouvement du sang [Mém. Acad. se, t. VII, p. 155).

3. Cailletet m'a rendu témoin de ses expériences en 1879. De jeunes anguilles introduites dans des tubes remplis d'eau étaient impunément comprimées; mais les poissons qui possèdent une vessie natatoire supportent moins bien la compression.

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