‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 242 sur 431 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

cloche à un degré supérieur; il y a donc là toutes les conditions requises pour produire une rupture d'équilibre entre les pressions qui agissent sur les différents vaisseaux, et le sang se porte vers la région la moins comprimée.

On peut renverser le mécanisme de la ventouse et soumettre certaines régions à une pression augmentée, soit en les plongeant dans un bain de mercure, soit en les introduisant dans l'appareil compresseur dont il a déjà été parlé § 253.

g 304. — En disant que l'augmentation ou la diminution de la pression atmosphérique est sans effets sur la circulation , nous devons cependant poser quelques réserves. Beaucoup de personnes ont constaté que, sous une cloche à air comprimé, elles éprouvaient des effets d'anémie circulatoire passagère, analogues Y* à ce qui arrive quand on détourne de la circulation une certaine quantité de sang, au moyen d'une grande ventouse : le pouls faiblit d'une manière notable dans les premiers instants.

Cet effet tient à ce que les parties contenues dans l'abdomen ne sont pas tout à fait indifférentes aux changements de la 1 I pression extérieure. Les gaz intestinaux sont, à l'état normal, ■ soumis à une pression positive qui peut s'élever à 4 ou 5 centimètres de mercure; or, sous cette pression, ils n'en occupent <*^h~ pas moins un volume assez considérable parfois, pour distendre sensiblement les parois abdominales. Les vaisseaux sont donc b%L plus comprimés à l'état normal dans l'abdomen que dans les , ^ cj:-

autres parties du corps. Au moment où le sujet qui se trouvait ^jj^ dans ces conditions de tension élastique des gaz abdominaux est u^*A soumis à une pression extérieure augmentée, ces gaz diminuent de volume en se comprimant; ils occupent un moindre espace dans l'abdomen dont les parois se détendent et deviennent flasques ; dès lors les vaisseaux des viscères abdominaux cessant d'être comprimés par la tension des gaz environnants admettent du sang en plus grande abondance. Il se fait alors, du côté de la circulation intestinale, une congestion, comme dans toute région brusquement soustraite à la pression accoutumée. a

Dans les cloches à air comprimé, les sujets dont l'abdomen est j normalement distendu par les gaz en constatent la diminution t/^*- ' subite : leurs vêtements semblent devenus trop larges, à cause du ' moindre espace occupé par les gaz de l'intestin. On conçoit

qu'un effet tout inverse se produise si l'on raréfie l'air de la cloche et qu'un gonflement abdominal, avec gône de la circulation viscérale, s'ensuive, si l'intestin contenait des gaz en abondance au moment de la décompression1.

Nous n'avons point à parler des phénomènes consécutifs au séJ jour prolongé de l'homme dans l'air comprimé, c'est-à-dire delà dissolution abondante de gaz dans le sang, gaz qui redeviendront en parlie libres et à l'état bullaire, si la décompression est faite brusquement2.

§ 305. — Quand un plongeur s'enfonce à une grande profondeur dans la mer, à 30 ou 40 mètres par exemple, toute la surface] a k de son corps subit également cette pression augmentée. Il se prol

ae son corps sumt également cette pression augmentée. Il se produit pourtant parfois des accidents redoutables, des hémoptysie*

et des épistaxis principalement. C'est que le poumon et la caviténasale où l'eau ne pénètre pas ne supportaient pas cette pression augmentée : la glotte, fermée pour empêcher l'introduction dei l'eau dans les voies respiratoires , enferme dans le poumon de l'air à la pression normale. Aussi, quand une pression de trois ou a quatre atmosphères viendra s'exercer sur toute la surface du /Il U^1 corPs> e^le s'équilibrera partout, sauf dans le poumon; cet organe recevra donc le sang des autres parties et s'en gorgera jusqu'à.'; ce que la distension de ses vaisseaux ait réduit assez le voluinJ

1. R. E. von VivenoL jun. [Ueber die Verânderungen ira arteriellen Slromgebieteunter dem Einflusse des verslàrklen Lufldruckes (Virschow's Arch. fur PathoL", Anal, und Plujsiol. und fur klinisch Med. 1866) signale un changement des caractères du pouls dans l'air comprimé : les pulsations faiblissent et perdent leur dicrc-*j tisme. Cet auteur pense que c'est un effet direct de l'accroissement de la pression sur les artères et dit avoir obtenu de semblables effets sur un schéma soumis à une,;

i pression atmosphérique augmentée. Doutant de l'exactitude de ces observations, j'ais 1 \'r/*^~*~' prié mon ami Chauveau de les vérifier dans les appareils pneumatiques du docteur-'

A lLl~ Millet, à Lyon, en 1864. Chauveau obtint en effet une diminution de l'amplitude du srrkfT -""p'buls dans l'air comprimé. Inversement, dans l'ascension du mont Blanc, Chauveau et j'inl* JLortet ont observé à 4000 m. d'altitude une forme du pouls extrêmement dicrote rap- IYM» pelant celui de la fièvre typhoïde. Mais la fatigue musculaire devait intervenir dans l AjJlAsfa+>~ ces expériences : il serait plus concluant d'observer les modiCcations du pouls dans un Wl C^/'V*^ appareil à air raréfié ou pendant une ascension en ballon. Plusieurs aéronautes ont

appliqué sur eux le sphygmographe, mais, en général, à de faibles altitudes, et les tracés, recueillis par une main inexpérimentée, n'étaient pas suffisamment probants. Il semble qu'on doive, jusqu'ici, réserver l'interprétation des changements que présente le pouls sous l'influence des variations considérables de la pression atmosphérique.

2. Voir, pour la description de ces phénomènes, P. Bert, Recherches expérimentales' sur l'influence que les modifications dans la pression atmosphérique exercent sur la phénomènes de la vie, Paris, 1874, p. 107.

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