‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 258 sur 431 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Réflexes vasculairee» qui paraissent avoir pour centres les ganglions

g 326. — Cl. Bernard a attribué au ganglion sous-maxillaire le qJL f^^^J <r rôle de centre nerveux, par rapport à la glande dont les nerfs le traversent. En effet, après avoir coupé, au-dessus de ce ganglion, le lingual et la corde du tympan, il a vu une impression sapide U^XL *• **~t provoquer encore l'issue de la salive par le conduit de Wharton. Cette sécrétion disparaissait par la destruction du ganglion, d'où cette conclusion, qu'il s'agissait d'un acte réflexe dont le ganglion sous-maxillaire était le centre.

Beaucoup d'auteurs ont pensé que des phénomènes du même genre se passaient dans le système nerveux vaso-moteur. On a vu, § 258, que cette idée a déjà été émise par Henle. Lister a cru pouvoir invoquer l'action de centres ganglionnaires pour expliquer certains phénomènes de la circulation qu'il observait dans la patte de la grenouille après la section du nerf sciatique ; Vulpian 1 rapporte l'expérience suivante, à l'appui du rôle des ganglions sympathiques considérés comme des centres :

Sur une grenouille dont on arrache le ganglion cervical supérieur d'un côté, et à laquelle on pratique l'excision du cœur, on U <-^>*- 1 observe un resserrement général des vaisseaux, et une anémie desA tissus, sauf dans les régions dont les nerfs vasculaires émanent ' du ganglion détruit. La langue conserve de ce côté un piqueté rouge qui contraste avec la pâleur générale de sa moitié opposée.',

Je ne pousserai pas plus loin l'exposé des influences nerveuses qui modifient la circulation ; des ouvrages étendus ont été écrits sur ce sujet, sans qu'on soit arrivé à trancher les questions, ni à mettre l'accord entre les différents auteurs. Qu'il me soit permis de faire quelques réflexions à cet égard.

Causes d'erreur dans l'étude des influences du système nerveux 3

sur la circulation.

r, fi

g 327. — La difficulté des études sur le système nerveux cardiovasculaire tient à des causes multiples : en premier lieu, au nom*

i. Vulpian, Leçons $w l'appareil vaso-moteur. Paris, 1873, p. 334,

bre considérable des influences qui peuvent être mises enjeu, et des combinaisons qu'elles peuvent afl'ccler entre elles. Ainsi, pour transmettre l'impression centripète, les voies sont en grand nombre, tous les nerfs de sensibilité générale et plusieurs des nerfs de sensibilité spéciale peuvent servir à ce transport; il arrive même, parfois, que l'impression n'est point perçue et qu'on ne la reconnaît qu'à la réaction qu'elle produit.

Le physiologiste qui veut déterminer expérimentalement les propriétés de certain nerf doit se tenir en garde contre des causes d'erreurs sans nombre. Le nerf n'aura pas toujours les mêmes propriétés aux différents points de salongueur, suivant qu'il sera exploré avant ou après l'émission de certaines branches, ou l'acquisition de certaines anastomoses. Excite-t-on le bout périphérique d'un nerf, on doit craindre les effets de la sensibilité récurrente. Opère-t-on sur des animaux différents, les résultats obtenus cessent d'être comparables, soit que des variations anatomiques existent, d'une espèce à une autre, soit qu'il y ait des différences dans les fonctions d'un même nerf. Enfin, les réactions produites peuvent changer de sens suivant les conditions du sujet en expérience.

§ 328. — La nature de l'excitant employé change les résultats ; or, c'est à l'agent électrique surtout que recourent les physiologistes, à cause de son application facile et de la possibilité qu'il donne de signaler avec précision le début et la fin de l'excitation. Mais ces avantages sont compensés par le danger de voir l'excitation se propager en dehors du point où l'on voulait la localiser, et par la difficulté de régler l'intensité des courants et de reproduire toujours la même excitation dans des conditions identiques. On évite, en partie, ces inconvénients en excitant les nerfs au moyen des décharges d'un condensateur d'une surface déterminée chargé avec un nombre connu d'éléments constants et de même nature. Mais comme cette méthode n'est pas généralement adoptée, il en résulte qu'il est presque impossible de comparer entre eux les résultats obtenus par des expérimentateurs différents, de sorte que souvent des désaccords existent dans les effets obtenus , quand les conditions des expériences semblaient être semblables.

Enfin, l'insuffisance des moyens dont nous disposons pour apprécier la véritable nature d'un trouble circulatoire donne lieu à de fausses interprétations des phénomènes observés.

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