CHAPITRE XXXII
,quelle sont alors soumis les vaisseaux intra-musculaires est La cause de ce ralentissement.
Ces influences inverses de la contraction intermittente et de la contraction permanente des muscles sur la circulation peuvent se démontrer par les changements opposés que ces deux modes de contraction amènent dans la tension artérielle. Nous avons déjà icité (g 222) l'expérience qui prouve qu'une course rapide fait baisser la tension dans les artères d'un cheval, et que le repos ramène cette tension à son niveau primitif. Cela ne peut s'expliquer que par une perméabilité des vaisseaux des muscles plus grande pendant le mouvement que pendant le repos.
Pour prouver que la contraction permanente est un obstacle au cours du sang, on peut faire sur soi-même l'expérience suivante: on applique au poignet un sphygmographe à transmission, puis, pendant qu'on inscrit le tracé (fig. 259), on contracte énergi-
Fig. 259. Élévation de la tension artérielle par la contraction des membres inférieurs.
quement les muscles des jambes et des cuisses, de manière à tenir les membres inférieurs en état de rigidité permanente. Aussitôt la ligne d'ensemble du sphygmogramme s'élève, et reste élevée pendant la durée de la contraction , à peu près comme si l'on avait comprimé les artères fémorales \.
g 365. — Expériences directes sur les variations de la circulation dans les muscles, suivant qu'ils sont en repos ou en action. — Pour mieux saisir les modifications du cours du sang dans les muscles sous l'influence du mouvement ou du repos, Ludwig et Schmidt ont opéré sur des muscles soumis à la circulation artificielle. Faisant arriver par l'artère du sang défibriné, sous charge constante, ces auteurs recueillaient le sang qui s'échap-
1. Pour faire cette expérience, il faut quelque habitude ; on a d'abord une tendance à effectuer un effort quand on contracte énergiquement ses muscles; dès lors, les effets respiratoires de l'effort avec occlusion de la glotte interviennent. Il faut, pour être sûr d'éviter cette cause d'erreur, parler pendant la durée de l'expérience; on est bien sûr alors de n'avoir pas la glotte fermée et l'effort est rendu impossible.
pait par la veine, et en comparaient les débits dans les différents étals du muscle. Ils ont observé que, si le muscle est soumis à des courants lélanisateurs, la circulation s'arrête, tandis que, si les courants qui l'excitent sont assez éloignés les uns des autre» t^wU * v pour que le muscle passe par des alternatives de raccourcissement
et de relâchement, le cours du sang est plus rapide que dans le muscle au repos ». Ces expériences ont été reprises en Angleterre par Gaskell qui a constaté également une influence favorable de la contraction des muscles sur la circulation du sang8.
§ 366. — Influence de la contraction des muscles sur le volume du sang qu'ils contiennent. — Dans ses expériences faites au moyen du pléthysmographe, Mosso5 a obtenu des résultats qui concordent entièrement avec ceux de Gaskell. En effet, la contrac- ~~4^ tion musculaire ferait diminuer le volume de l'avant-bras et de l%j A %~s-s k^mam d'où e^e chasse le sang. Dès que la contraction cesse, le wA" . membre augmenterait de volume par le retour du sang, et garde-
-*• - -ra^ m6me quelque temps un volume plus grand qu'à l'état ^*^c, L aX^ normal, ce qui prouve que les vaisseaux sont relâchés.
ir*^- — ' 1. Pour appliquer à un muscle sa méthode des circulations artificielles, Ludwig
/. ^rrJL-J1- (Ludwig et Sclimidt, Arbcilen aus d. Phys. Ansl. zu Leipzig 1869) s'adresse au biceps.
^<^w- * femoris du chien, dont la circulation peut être facilement isolée par des ligatures qui
oblitèrent les vaisseaux artériels étrangers au biceps. On conserve l'hypogastrique et
la poplitée pour recevoir des canules destinées à apporter au muscle du sang défibiiné;
deux autres canules sont appliquées aux veines pour recueillir le sang qui aura
traversé le muscle.
1. La méthode qui a déjà servi à apprécier l'action des nerfs vaso-moteurs d'après l'abondance plus ou moins grande de l'écoulement du sang qui revient d'une région a été employée avec beaucoup de talent par Gaskell (Journ. of Physiology, Cambridge, 1878) pour évaluer les effets de l'action des muscles sur la circulation dans leur inté- ;> ,• rieur. Ce physiologiste, recueillant, toutes les cinq secondes, le sang qui s'écoulait par
lrvJT la veine, construisit, pour chaque expérience, une courbe dans laquelle ce débit était ^> I porté en ordonnée. Les expériences de Gaskell montrent que la contraction et le nsfi
lâchement des muscles ne produisent pas, à toutes leurs phases, les mêmes effets sur t wvt/vOa circulation du sang. Ainsi, au début de la contraction permanente, le courant vei- ^ / i neux augmente ; en effet, les vaisseaux comprimés expulsent le sang qu'ils renferment, mais cet effet est passager, et si la contraction se maintient, l'écoulement du sang diminue et s'arrête même. Quand la contraction cesse, l'écoulement veineux di- VWP* i ►v'1— minue encore; en effet, il se loge d'abord une certaine quantité de sang dans les vais-
seaux redevenus perméables, mais, au bout de quelques secondes, l'écoulement sanguin Uww~i^v~- f augmente et atteint son maximum, puis revient à la valeur moyenne qu'il présentait
pendant le repos des muscles. Ces variations de la circulation aux différentes phases ^ l*+J~ de l'action du muscle rappellent ce qui se passe dans la circulation pulmonaire aux
différentes phases de la respiration (g 288). ' 3. Mosso, sulle Variasioni locale del polso ncl l'antibraccio del' uomo. (Labora-
torio di farmacologia sperimcrlale dell'Univcrsitadi Torino, 1878).