‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 284 sur 431 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Les changements rythmiques du volume du bras qui correspondent aux systoles du cœur et que nous avons précédemment décrits sous le nom de pouls des organes (§ 126) sont modifiés d'une manière assez singulière par la contraction permanente des muscles. Mosso, introduisant le bras d'un homme dans son hydro-sphygmographe, recueillit le tracé ligne l, figure 260, puis, lui faisant contracter avec force les muscles de l'avant-bras et de la main, observa, pendant la contraction môme, un accroissement de l'amplitude des pulsations, ligne 2. Enfin, après que la contraction eut cessé, il vit l'accroissement de l'amplitude du pouls se maintenir encore pendant plusieurs minutes, ligne 3.

On comprend facilement le troisième tracé qui s'explique par

Fig. 260. Pulsations de la main. — Ligne 1, avant la contraction musculaire; ligne 2, pendant la contraction; ligne 3, après la contraction.

une plus grande laxité des vaisseaux après que la contraction est finie ; ce résultat concorde avec les mesures du volume général du muscle relâché et avec les expériences sur le débit veineux après la contraction. Mais comment expliquer la plus grande amplitude des variations cardiaques du volume du membre pendant la contraction elle-même, puisqu'il est prouvé qu'à ce moment le membre reçoit moins de sang? Il semble qu'on doive faire intervenir, pour expliquer ce phénomène, la compression que les muscles exercent sur les vaisseaux artériels et capillaires, compression qui diminue la force élastique de leurs parois et les fait céder plus facilement aux accroissements cardiaques de la pression (g 308).

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367. — Influence des nerfs vaso-moteurs sur la circulation mus-

culaire.

Indépendamment des influences mécaniques qui modilient le cours du sang pendant l'activité des muscles, il peut s'exercer une action vaso-motrice capable d'agir sur la circulation de ces organes. Pour faire la part de cette influence, Ludwig et Hafiz1 ont fait des expériences directes : ils ont opéré sur le biceps fémoral du chien. Dans ce muscle, les nerfs moteurs 1 et les nerfs vasculaires ont des origines différentes et suivent des trajets différents, de sorte qu'il est possible d'étudier isolément l'action de chacun d'eux.

En abolissant l'influence des nerfs moteurs au moyen du curare, Ludwig et Hafiz ont vu s'accélérer le cours du sang dans les muscles sous l'influence d'excitations de la moelle épinière ; ils ont

noté en outre que les vaisseaux des muscles sont très sensibles aux excitations traumatiques : celles-ci laissent après elles un relâchement persistant des vaisseaux dans les parties qui ont été irritées.

Cet épuisement plus facile de la contractilité dans les vaisseaux musculaires a été nié par Grùtzner et Heidenhain2. 11 y aurait, pour ces auteurs, des vaso-dilatateurs des muscles contenus dans le tronc du sciatique. Heidenhain, Alexander et Gottstein3, coupant le sciatique et le crural d'un chien, ont vu que la pression veineuse s'élève plus vite du côté paralysé quand une influence quelconque accroît la pression artérielle; c'est un effet naturel du relâchement des capillaires.

De la circulation dans les glandes.

§ 368. — C'est sur la glande sous-maxillaire qu'ont été faites les expériences les plus complètes sur les relations qui existent entre l'état de la circulation et la sécrétion salivaire. Ludwig a découvert l'action remarquable de la corde du tympan, dont l'excitation provoque un écoulement abondant de salive par le conduit de Wharton. Cl. Bernard a vu, sous la même influence, la circulation s'accélérer beaucoup dans les vaisseaux de la glande. Au lieu d'un sang noir et peu abondant que ramenaient les veines pendant l'arrêt de la sécrétion, on voit,

1. Ludwig und Hâflz, Arbeiten aus d. Phys. Anstalt zu Leipzig, p. 93, 1870.

2. Analyse in Jahresberichle... Hoffmann et Schwalbe, p. 70, 1878.

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