CHAPITRE XXXII
quand la glande fonctionne, les veines projeter un jet saccadé de sang rutilant. A ces signes on peut reconnaître qu'un relâchement s'est produit dans les vaisseaux de la glande.
A l'état physiologique, ces modifications vaso-motrices se produisent lorsqu'une impression sapide accompagne l'ingestion des 'A ^*3C *^ aliments ; il survient alors un relâchement réflexe des vaisseaux de la glande, comme dans l'excitation de la corde du tympan. Pour Bernard, comme pour tous les physiologistes, le centre réflexe /î^vL*f, de ces phénomènes est bulbaire. Ce n'est que très accessoirement que Bernard lui-même a admis l'intervention du ganglion sousmaxillaire, et seulement lorsque les connexions de l'appareil nerveux de la glande avec les centres étaient complètement détruites.
§ 369. — De la circulation dans la veine porte et dans le foie. — La circulation de la veine porte mérite une mention spéciale à cause n du double rôle que cette veine joue chez l'adulte. Ramenant le sang de l'intestin, à la façon d'une veine ordinaire, elle se subdivise, au ' niveau du hile du foie, à la façon d'une artère ; ses branches pénètrent dans cet organe, et s y divisent en capillaires ténus qui 'y^uz i donnent naissance à de nouvelles ramifications convergentes ' ' { formant les origines des veines sus-hépatiques. C'est par ces der- u^~7/ nières que le sang veineux venu de l'intestin et qui a traversé le ^p^Zl /' foie se verse dans la veine -cave inférieure. Rosapelly 1 a fort bien W étudié le mécanisme de la circulation porte-hépatique dans les ,0^ différents points de son trajet; il a vu comment la veine porte :■■ ' présente, dans son parcours entre l'intestin et le foie, une près- cUH' sion positive qui augmente à chacune des inspirations que fait l'animal, tandis que les veines sus-hépatiques sont le siège d'une pression négative que les inspirations exagèrent, comme cela se tg^,'^ ï*J4L passe pour toute veine voisine du thorax. Ainsi, dans l'arbre vas- tu^l7/' culaire qui traverse le foie et qui émane de la veine porte, le sang est doublement sollicité à suivre son cours : d'une part, la pression positive de la veine porte a une valeur de 7 à 20 millimètres de mercure; d'autre part, l'aspiration thoracique du côté des veines sus-hépatiques peut atteindre 7 ou 8 millimètres. Ces deux valeurs s'ajoutent algébriquement pour constituer la force avec laquelle le sang traverse le foie.
l.Ch.-L. Rosapelly, Recherches théoriques et expérimentales sur les causes cl le mécanisme de la circulation du foie (Thèse, Paris, 1873).
marey, Circulation. ^
On voit, d'après cela, l'importance du rôle de lu respiration pour faciliter la circulation hépatique, et l'on conçoit que les influences qui augmentent l'étendue des mouvements respiratoires, telles que l'habitude de l'exercice musculaire, activent la circulation hépatique, tandis que la vie sédentaire produit une stase dans le foie et par conséquent dans l'intestin.
Vitesse de la circulation veineuse du foie.
\ 370. — L'obstacle que le foie oppose au passage du sang delà /L' veine porte paraît plus faible que celui des autres réseaux capillaires; Rosapelly a vu, en pratiquant la circulation artificielle, que de l'eau traversait cet organe avec une grande facilité. Mais c'est surtout en recourant à la méthode de Hering qu'il a déterminé la vitesse de la circulation hépatique. La solution de cyanopu, ferrure de potassium injectée dans la veine porte, au niveau du
i: Us~^-A hile du foie, a mis de 6 à 12 secondes pour passer jusque dans
les veines sus-hépatiques. Celte solution avait entièrement traversé le foie au bout d'une minute. Des calculs qu'il a faits sur la longueur du trajet vasculaire que le sang veineux doit parcourir au travers du foie, Rosapelly conclut que la vitesse du sang vei- ^ neux dans le foie est d'environ 5 millimètres par seconde.
La circulation intestinale varie beaucoup suivant l'état d'abstinence ou de digestion ; dans ce dernier cas, le relâchement des capillaires intestinaux fait affluer le sang en abondance dans la Jsë,tff'^ veine porte; et comme le foie ne se laisse pas traverser sans ^ » "^"^résistance, le sang s'accumule dans cette veine qu'il distend et
oii la pression s'élève, malgré la grande extensibilité de ses parois1. 11 faut ajouter que pendant la période digestive il s'opère une absorption considérable de liquide par les radicules gastro-intestinales du système porte : d'où résulte une nouvelle cause d'augmentation de la pression dans ce système. Aussi est-ce dans l'état de digestion que Rosapelly a toujours trouvé le maximum de 'w^/~ ^^A**prcssion dans la veine porte.
' L'extensibilité de la veine porte el de ses branches afférentes est si grande, que si l'on pratique la ligature de celte veine au-dessous du foie, et si Ton ouvre l'abdomen pour que la veine ne soit pas comprimée extérieurement, on la voit se remplir de sang jusqu'à ce que l'animal meure comme s'il avait subi la perte de tout son sang par hémorrhagic.