CHAPITRE XXXIII
§ 373. — Un obstacle au retour du sang veineux produit dans le cerveau une augmentation de volume semblable à celle que nous avons indiquée dans les membres dont on comprime les veines (§ 127). Il en est de môme quand la pesanteur relient le sang dans
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Fig. 2U2. Augmentation du volume du cerveau sous l'influence de l'abaissement de la tète.
le cerveau; cet organe se gonfle comme le ferait un membre placé dans une position déclive. La figure 262 empruntée à François-Franck montre l'augmentation de volume du cerveau chez un sujet qui inclinait la tête en bas.
g 374. — La compression des carotides, restreignant l'abord du sang dans le cerveau à la quantité fournie par les artères verté- , braies, produit une diminution du volume de cet organe et un
Fig. 263. Pulsations du cerveau.
En « on comprime les carotides; en à les carotides cessent d'être comprimées.
affaiblissement de ses pulsations. Mosso 1 a recueilli le tracé figure 263 sur un homme affecté d'une large perte de substance des parois crâniennes. On voit que de a en w, durée de la compression des carotides, le cerveau diminue de volume et n'a plus que des pulsations faibles; on voit aussi qu'à partir d'w, lorsque
1. Mosso, Sulla Circol. cl. sangue ncl cerv. deW uomo (Roma, 1880).
la compression a cessé, les vaisseaux du cerveau sont plus dilatés qu'à l'état normal, et que leurs pulsations sont plus fortes. Cet effet a déjà été signalé pour les autres organes; partout les vaisseaux se relûchent lorsqu'ils ont été un instant soustraits à la pression normale du sang(§ 251).
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§ S75. — Un e//bw produit sur la circulation cérébrale les mômes effets que sur la tension des artères. La figure 264 empruntée à François-Franck1 montre comment, pendant un effort d'expiration, la glotte étant fermée, le cerveau augmente de volume; comment ses pulsations deviennent plus petites et offrent un dicrotisme très prononcé; comment enfin, après l'effort, la chute de la pression artérielle entraîne la diminution de volume du cerveau dont les pulsations revêtent les caractères déjà décrits à propos
Fig. 264. 1 Effets d'un effort sur les mouvements du cerveau.
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des modifications du pouls (§ 317), et des changements de volume de la main (§ 318), sous la même influence.
Flemming2 a constaté également que dans le cerveau, comme dans tous les autres organes, l'amplitude des pulsations augmente quand la fréquence des mouvements du cœur diminue. La toux aurait la. même influence sur le volume du cerveau que sur celui des autres organes; pendant la compression des fémorales, le cerveau se gonfle; le repas, et surtout l'ingestion d'alcool, augmentent l'amplitude des battements du cerveau.
§ 376. — Les changements de volume du cerveau se produisent
1. François-Franck et Brissaud, Mouvements du cerveau chez une femme atteinte d'une large perle de substance du pariétal (Trav.' lab., III, p. 141). 1. Flemming, The Motions of the Bvain (Glasgow. Med. Journ. July. 1877).
CHAPITRE XXXIII. 535 également dans le cas où la boîte crânienne est intacte. — Considérant comme inextensibles les parois du crâne et du canal rachidicn , Monro et Kellie avaient admis que le cerveau ne saurait éprouver de variations de volume. Un grand nombre de physiologistes ont admis, d'après eux, que les mouvements du cerveau ou du liquide céphalo-rachidien n'existent pas à l'état normal et qu'ils exigent, pour se produire, une solution de continuité des parois osseuses du crâne ou du canal médullaire.
Richet 1 a démontré que l'enveloppe osseuse de l'axe cérébrospinal ne doit pas être considérée comme rigide et de capacité invariable. L'extensibilité que le canal spinal présente au niveau des trous de conjugaison, et la dépressibilité des sinus veineux, permettent, dit-il, au liquide céphalo-rachidien de la cavité crânienne de se loger dans le canal vertébral, en tendant les ligaments intervertébraux, ou en déplaçant une partie du sang contenu dans les sinus rachidiens. Aussi Richet at-il considéré le canal vertébral comme servant de « tuyau d'échappement » au liquide céphalorachidien, chaque fois que le cerveau augmente de volume2.
Or, ces changements supposent un passage alternatif du liquide rachidien, de la cavité du crâne
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