CHAPITRE XXXIII
et montre bien que les changements du volume du cerveau et de la main n'étaient point passifs et reliés à un changement de l'impulsion cardiaque, sans quoi ils eussent été tous deux de même sens.
Pour provoquer chez son malade un effort intellectuel, Mosso recourut au moyen suivant : il lui proposa la solution d'une ' multiplication de deux chiffres à effectuer mentalement, pendant que le tracé s'inscrivait. Il vit que peu de temps après le moment a (fig. 267) où le problème avait été posé, le cerveau augmentait de volume et présentait des pulsations plus fortes. C'était l'instant où le sujet en expérience effectuait sa multiplica- Vx ^ . oJ^t . tion ; puis, un nouveau gonflement du cerveau se produisit au moment où le patient allait exprimer de vive voix le résultat de son calcul. Pendant ce temps l'inscription des changements de volume de l'avant-bras ne traduisait aucune variation notable! A dans la circulation de ce membre. "W?*/C
Il semble donc que c'était bien à l'activité cérébrale qu'on devait attribuer les phénomènes vaso-moteurs qui se produisaient dans les vaisseaux du cerveau. On a objecté à Mosso que, sous l'influence d'une contention d'esprit, on ne respire pas comme à l'état normal, et que cette influence peut avoir retenti sur la circulation cérébrale, mais il ne parait pas que ces objections aient de valeur réelle.
Ces études qui ne sont qu'à leur début promettent d'intéressants résultats; elles ouvrent un champ nouveau et plein d'intérêt aux expérimentations physiologiques.
De la circulation rétinienne.
g 381. — C'est par l'axe du nerf optique que passent les artères et les veines de la rétine. Ces vaisseaux apparaissent à l'intérieur de l'œil au niveau de la papille, et se divisent en branches )&$ qu'on peut suivre longtemps et dont les divisions dichotomiq ues ^^*^t*"A finissent par former des rameaux imperceptibles. Cette arborisation vasculaire constitue une circulation isolée, car on n'admet pas aujourd'hui l'existence d'anastomoses entre la circulation rétinienne et les vaisseaux ciliaires, au niveau de l'ora serrata.
L'appareil vasculaire qui rampe à la surface de la rétine est 1^ soumis à une certaine pression : la tension de la sclérotique com-
prime les milieux liquides de l'œil avec une force qui crée dans ces liquides une pression de 20 à 30m"> de mercure. C'est donc sous cette pression que se fait normalement la circulation réti, nienne ; à chaque pulsation du cœur, la turgescence des artères élève légèrement la pression intra-oculaire, on peut s'en assurer au moyen d'un manomètre à mercure à colonne très fine (g 114) dont la canule serait piquée, à travers la sclérotique, jusque dans les humeurs de l'œil.
En comprimant le globe de l'œil avec le doigt pendant qu'on examine la rétine à l'ophthalmoscope, on voit pâlir cette membrane ; les vaisseaux les plus petits disparaissent d'abord, puis les veines et les artères s'effacent, le sang artériel ne pouvant plus pénétrer dans l'œil, et le sang veineux s'échappant au dehors. Sous l'influence de cette anémie, la rétine est frappée de cécité passagère. Tout se passe, dans la circulation rétinienne, comme j dans celle d'un organe graduellement anémié par compression. Mais avant de produire cette anémie complète de la rétine, on assiste à de curieux phénomènes : je veux parler de battements] vasculaires qui se succèdent dans l'ordre suivant.
Les veines rétiniennes se vident en partie de leur contenu sanguin et leurs branches d'origine deviennent invisibles; les ^ (,; - ... troncs volumineux restent seuls apparents, et l'on voit le sang^ qu'ils renferment s'échapper du côté de la papille, pour refluer! et s'échapper encore. Ces mouvements du sang, décrits sous Ici ^TT nom de pulsations veineuses, s'observent spontanément dans une wJiU^ maladie qui élève beaucoup la pression intra-oculaire, le glaur-7 o-i^^ t^fl^n*~c*,*-j corne.
A un degré plus prononcé de compression de l'œil, les veines (" sont vidées, et c'est dans tes artères que les battements appa- , e^x- -raissent. Comprimons l'œil plus fortement encore, nous verrons
în" yv^i les arbres ne recevoir de sang que dans les maxima de la pres-
sion artérielle, puis n'en plus recevoir du tout. Ainsi, du côté des artères, les choses se passent comme dans tous les organes soumis à une compression '§ 308). Le seul phénomène obscur consiste
produit que dans les cas de dilatation des vaisseaux capilk de passage facile du sang des artères aux veines (g 284). Or, la compression de l'œil aurait précisément pour elfet de rétrécir les capillaires et de faire obstacle au passage du sang ; ce n'es