CHAPITRE XXXIV
qu'on le fait chez les animaux au moyen du manomètre. Ces signes sont empruntés aux caractères de la pulsation du cœur et des artères, ainsi qu'à la répartition de la température.
La forte temion artérielle s'accompagne ordinairement de pul- ^ sations rares (g 2 17); le cœur se vide difficilement, la pénétration du ;Jy sang dans les artères est lente (§ 1 8 1 ) et ne provoque pas ces brusques coups de bélier qui impriment aux vaisseaux une forte et brusque dilatation ; le dicrotisme n'a que peu d'amplitude, mais, en revan- "fa^J.-, 's>~A a^yCi elie, les rebondissements du pouls peuvent être multiples, à cause du long intervalle qui leur donne le temps de se produire (§ 3 75). La pulsation du cœur présente, au niveau du ventricule gauche, une phase systolique ascendante indiquant un effort croissant du ventricule pendant toute la durée de la systole (§ 169). En même . temps, le resserrement des petits vaisseaux , cause primitive de cette tension élevée des artères, se traduit par la diminution du volume des extrémités (3 250), par la moindre coloration des téguments, par l'abaissement de ia température périphérique (§ 342); le sang, logé en grande partie dans le système artériel, remplit moins les vaisseaux veineux dont le calibre paraît presque effacé : il existe, en effet, un antagonisme constant entre la tension artérielle et la tension veineuse.
La faible tension artérielle se traduit par les phénomènes opposés à ceux qui viennent d être décrits; il n est pas nécessaire de les énumérer spécialement.
Tels sont les caractères qui révèlent l'élévation ou l'abaissement delà tension artérielle, quand ces états dépendent du relâchement ou de la contraction des petits vaisseaux; il en est autrement quand les changements de la tension dépendent d'un défaut d'harmonie entre la circulation pulmonaire et la circulation générale ^ ^H^A
(g 290). L^rfjLU^
Effets produits par une vitesse inégale dans la grande et la petite circulation.
§ 386. — Nous avons vu qu'une même quantité de sang doit, à chaque instant, traverser chacune des portions de l'appareil circulatoire. Une coupe idéale faite au niveau du cœur droit ou du cœur gauche, au niveau de l'aorte ou de l'artère pulmonaire, des capillaires généraux ou des capillaires du poumon, doit présenter,
UuJ~-
en tous ces points, le môme débit; sans cela, le sang s'accumulerait en amont du point où la circulation est ralentie.
Cette uniformité de la circulation dans tous les segments du parcours du sang est incessamment troublée. Une compression exercée sur une veine suffit pour accumuler une notable quantité de sang derrière le point comprimé et pour enlever, pendant un certain temps, à la circulation, le sang qui est retenu dans les veines distendues. Une stase bien plus importante, car elle retentit sur la circulation veineuse tout entière, est celle qui se produit dans le cœur droit et dans les artères pulmonaires, quand les vaisseaux du poumon ne laissent point passer une quantité de sang égale à celle qui traverse la grande circulation. Cette stase pulmonaire, on en connaît les effets d'après les ré- U sultats de l'expérimentation physiologique (§ 290) : on sait qu'elle empêche le cœur gauche de se remplir assez pour envoyer aux artères une quantité suffisante de sang. Il y aura donc, dans
Fig. 268. Pouls de 'agonie dans un cas de stase pulmonaire avec cyanose.
le cas d'obstacle à la circulation pulmonaire , un ralentissement de la circulation artérielle et un refroidissement des extrémités, comme dans le cas d'une contraction exagérée des petits vaisseaux de la grande circulation. Mais une différence fondamentale distinguera ces deux états : tandis que dans le resserrement des] \rw-*-*-> capillaires généraux la tension artérielle est forte, le pouls rare et
^ •' peu rebondissant, dans le cas de stase pulmonaire (fig. 26«) la ten-
Tt— vw. H/- sion artérielle est faible, le pouls est fréquent, dicrote, et présente
ordinairement des influences respiratoires très marquées. J^-^aT' C est surtout la fréquence du pouls qui, en l'absence d'indications manométriques, permet de distinguer sur l'homme les effets de la stase pulmonaire de ceux de la contraction des capillaires généraux. Encore, ce signe n'est-il pas infaillible : dans la péritonite, par exemple, l'accumulation d'une grande quantité de sang dans les veines abdominales, en détournant de la circulation une grande partie de la masse du sang, produira des effets très ^^Jm analogues à ceux d'une stase dans les vaisseaux du poumon.
Quelle que soit la précision des moyens dont on dispose pour