‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 297 sur 431 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

reconnaître la nature des troubles circulatoires, la sagacité du médecin aura toujours une grande part lorsqu'il s'agira de discerner la cause de deux effets identiques. C'est en faisant concourir un grand nombre de moyens différents pour le diagnostic d'une maladie ou d'une lésion de l'appareil circulatoire, que l'on arrivera à en déterminer la nature avec certitude.

Importance du contrôle réciproque des différents éléments de diagnostic : auscultation combinée avec la méthode graphique et avec la détermination des températures.

§ 387. — A l'époque où fut publiée la Physiologie médicale de la circulation du sang, je n'avais encore appliqué sur l'homme que le sphygmographe, et cependant je pouvais déjà montrer que certains types du pouls donnent des renseignements de haute valeur pour le diagnostic des maladies du cœur et des vaisseaux. Mais j'insistais sur la nécessité de ne recourir à l'emploi exclusif d'aucun moyen de diagnostic, et de contrôler toujours par l'auscultation les signes fournis par les tracés du pouls. Aujourd'hui qu'un nouvel élément, la cardiographie, s'ajoute à ceux sur lesquels on pouvait baser le diagnostic des maladies du cœur, la détermination des lésions de cet organe deviendra plus précise encore, mais à la condition que l'on fasse concourir au diagnostic tous les moyens dont on peut disposer.

La cardiographie et la sphygmographie combinées se prêtent un mutuel appui; on comprend mieux le mécanisme de la circulation cardio-vasculaire quand on peut saisir à la fois comment le sang est chassé par le ventricule, et comment il est reçu par les artères. Dans les maladies du cœur surtout, la cardiographie s'annonce comme un précieux élément de diagnostic ; elle révèle en effet des actes dont l'existence échappe à tout autre moyen d'observation, tels que la réplétion des ventricules, l'action plus ou moins énergique des oreillettes, la vacuité plus ou moins grande qui suit la systole ventriculaire, etc.

Si l'auscultation traduit quelquefois par des bruits anormaux des lésions valvulaires très légères, d'autres fois elle ne donne que des signes peu prononcés pour des lésions importantes qui compromettent beaucoup la fonction du cœur. En somme, l'intensité des bruits révélés par l'auscultation n'est pas en raison du trouble

de la circulation cardiaque. L'inscription de la pulsation du cœur traduisant au contraire le trouble fonctionnel, supplée à ce que l'auscultation a d'insuffisant.

Nous consacrerons un chapitre spécial aux bruits anormaux qui se produisent dans le cœur et dans le système vasculaire. On a généralement considéré ces bruits comme résultant du passage du sang par un orifice rétréci, et en vertu de celte théorie générale on a admis, sans preuves suffisantes, des spasmes siégeant aux orifices du cœur ou sur le trajet des vaisseaux. Nous ferons voir qu'un simple abaissement de la tension artérielle, tel qu'il s'en produit après une course rapide, après une hémorrhagie, ou pendant la fièvre, suffit pour faire naître un bruit de souffle aux orifices artériels du cœur; tandis qu'une élévation de la pression artérielle atténue ou supprime les bruits qui se produiduisent à ces orifices, même quand il existe une lésion organique du cœur ou des vaisseaux.

La théorie des bruits de souffle relève entièrement de la physique, ainsi que Chauveau l'a fait voir par de remarquables expériences que nous aurons à exposer, en nous écartant parfois, sur certains points, de la théorie de ce physiologiste.

Caractères graphiques des altérations organiques de l'appareil circulatoire.

g' 388. — Tandis que les troubles fonctionnels de la circulation se traduisent par un nombre assez restreint de types du pouls exprimant des changements dans la contraction des capillaires, et peut-être dans la force du cœur, les altérations organiques du cœur et des vaisseaux donnent naissance à un nombre presque infini de variétés du pouls et de la pulsation cardiaque. Cela tient à ce que les lésions portent, en général, sur plusieurs points de l'appareil circulatoire. Une lésion simple et n'atteignant qu'un seul orifice du cœur est chose rare, car presque toujours la lésion d'un orifice consiste en un rétrécissement avec insuffisance des valvules; le plus souvent plusieurs orifices sont altérés à la fois, et ces lésions se compliquent, dans certains cas, d'athérome de l'aorte et des gros vaisseaux.

Toutes ces altérations modifient le cours du sang, chacune à sa manière, de sorte que la combinaison de lésions de sièges diffé-

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