‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 30 sur 431 · Sénac, Traité de la structure du cœur, t. I. p · texte numérisé non relu

Sénac, Traité de la structure du cœur, t. I. p

influences de la chaleur cl du froid en plaçant des animaux dans des étuves, ou en les refroidissant par des courants d'eau froide. La chaleur produit, comme sur le cœur isolé, une grande accélération et le froid un ralentissement du rythme. Toutefois, des influences multiples s'exercent alors et la chaleur agit sur la circulation vasculaire dans un sens qui peut modifier les conditions du travail du cœur et, par conséquent, le rythme de cet organe, ainsi qu'on le verra plus loin. Aussi, pour apprécier l'action de la température sur la fréquence des mouvements du cœur, vaut-il mieux s'en rapporter aux expériences où la chaleur est rigoureusement localisée sur le cœur même l.

\ 30. — Ces modifications du rythme spontané du cœur par la température semblent pouvoir se rattacher à l'accroissement de l'excitabilité de cet organe, sous l'influence de la chaleur. Quelque mystérieuse que soit encore la cause qui excite le cœur à entrer en mouvement d'une manière rythmée, et que nous appelons provisoirement décharge d'influx nerveux, on conçoit que cette cause excitatrice suive la loi des autres excitants et que, dans un cœur chaud, elle provoque des systoles pks fréquentes que dans un cœur refroidi.

J'ai longuement insisté sur ces caractères de l'excitabilité du muscle cardiaque parce qu'ils seront importants à connaître pour comprendre certaines particularités de l'action des nerfs sur le cœur. Ainsi, le pneumogastrique, dont l'excitation par des courants interrompus produit l'arrêt du cœur, le produit avec des retards divers suivant la phase de la révolution cardiaque pendant laquelle cette excitation a été produite*. Nous parlons de ces curieux phénomènes à propos de l'innervation du cœur.

Cette phase de moindre excitabilité du cœur est- elle une

1 L'influence des variations de la température sur le cœur isolé de la grenouille et soumis à une circulation artificielle a fait l'objet d'un travail très complet de E. Cyon (P/lùger's Arch. 1874. 1, 340); la question a été reprise récemment par Ar.stow Urch f An. u. Phys. Phys. Abtlu 1879, p. 198). Ce dernier a constaté, comme Dogiel que les effets sont différents, suivant que les variations de température auxquelles le cœur est soumis sont brusques ou graduelles. C'est ainsi que le cœur de la grenouille passant de l'eau ebaude dans la glace, donne d'abord des mouvements plus rapides; il se ralentit, au contraire, au début de son immersion dans l'eau chaude, quand il est enlevé de l'eau froide.

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