‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 304 sur 431 · CHAPITRE XXXV. b · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV. b

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quelquefois presque artériel. La rougeur qui lient à une stase i^1^ sanguine se caractérise, au contraire, par une coloration bleuâtre des téguments, ainsi que par une teinte très foncée du sang Yeineux.

g 396. — Gonflement des extrémités dans la fièvre. — Le gonflement des organes dont les vaisseaux sont relâchés a déjà été décrit à propos des influences vaso-motrices ; il est naturel de le rencontrer dans la fièvre. Mais, en supposant que dans cet état morbide tous les vaisseaux soient relâchés, il est évident que le gonflement ne portera pas sur tous les organes, car il faudrait pour cela que la masse de sang fût augmentée. Le gonflement sera donc partiel, et c'est à la périphérie du corps qu'il se localisera. Le sang, en effet, se logera de préférence dans les vaisseaux les plus dilatables. Or, ce sont précisément les vaisseaux superficiels * qui offrent le moins de résistance, car, dans les régions profondes du corps, le sang qui tend à dilater les vaisseaux, ne rencontre pas seulement comme obstacle la force contractile de leurs parois, mais encore la compression qu'exercent sur eux les tissus environnants. Pour un égal relâchement des tuniques contractiles, les vaisseaux superficiels devront donc se laisser dilater plus : facilement que les vaisseaux profonds, de sorte que le fébricitanl aura les extrémités et la face gonflées. La fausse bonne mine qui en résulte, et qu'on observe pendant la période aiguë de la fièvre typhoïde, par exemple, fait place subitement à l'amaigrissement des traits et à l'émaciation des extrémités, aussitôt que la fièvre a disparu et que les vaisseaux ont repris leur calibre normal.

Phénomènes qui se passent du côté du cœur et des artères

dans la fièvre.

§ 397. — Fréquence plus grande des mouvements du cœur dans la fièvre, — On a vu § 217 que, suivant que la tension artérielle s'abaisse ou s'élève, les battements du cœur s'accélèrent ou se ralentissent. Les phénomènes vaso-moteurs de la fièvre doivent donc entraîner une accélération des mouvements du cœur.

Les médecins ont reconnu que le chiffre du pouls s'élève ou s'abaisse, en général, avec la température ; aussi, la plupart d'entre eux se sont-ils longtemps bornés à compter le pouls pour estimer

l'intensité de la fièvre. Boerhaave a dit, quidquid de febre novit mcdicus id vero omne velocilate pulsuum sola cognoscitur. On ne pourrait plus accepter aujourd'hui cet aphorisme comme l'expression d'une loi générale. Dans certains cas, le pouls est très fré-, quent sans que la température superficielle soit élevée. Ces désaccords entre la température et la fréquence du pouls sont très importants a connaitre'; ils correspondent d'ordinaire à une stase du sang dans quelque point de l'économie, ainsi que nous l'avons déjà dit § 386. Nous indiquerons des exemples de ce désaccord à propos de certaines maladies : choléra, péritonite, etc.

§ 398. — De la force du pouls dans la fièvre. L'augmentation de la force du pouls est aussi habituelle dans la fièvre que l'augmentation de fréquençe jdes pulsations ; tous les auteurs l'ont expressément indiquée dans la définition de cette maladie. Or, la physiologie monlre que deux conditions capables d'augmenter la force du pouls existent chez le fébricitant : d'une part, l'abaissement de la tension artérielle § 185 d'autre part l'augmentation du volume des artères, § 182. Il est facile de constater par le toucher cette augmentation du volume des artères chez les sujets qui ne sont pas très gras et chez qui l'on sent, à travers la peau, le cordon formé par l'artère radiale au poignet. La dilatation des artères est un effet du relâchement de leurs parois, comparable à celui qui se produit après la section du grand sympathique.

Ainsi, tous, les traits saillants par lesquels les médecins ont caractérisé l'état fébrile avec chaleur peuvent rigoureusement être rattachés à une modification de la contractilité des vaisseaux. Un relâchement vasculaire, lorsqu'il se produit dans l'organisme tout entier, suffit pour entraîner à sa suite tout le cortège des symptômes fébriles.

Il est vrai que plusieurs de ces effets pourraient être également produits par un accroissement de l'action du cœur. Cette cause de la fièvre a été admise sans preuve par beaucoup d'auteurs; Boerhaave8 dit : « La fièvre consiste en une contraction plus ra-

1. La plupart des chevaux qui sont abattus dans les écoles vétérinaires sont atleints de lésions du pied. Quelquefois ces affections sont aiguës et accompagnées de fièvre. Dans les expériences que j'ai faites avec Chauveau, nous avons plusieurs fois

onstaté, avec le manomètre, que les chevaux qui avaient la fièvre présentaient une ension artérielle plus faible qu'à l'état normal.

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