‹ La circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies [electronic resource]Chapitre 309 sur 431 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

que les caractères de la faible tension artérielle manquent presque entièrement: le dicrotisme y est moins prononcé qu'à l'état normal, quoique la fréquence corresponde, dans plusieurs de ces cas, à un état fébrile intense. Le pouls était à 140 pulsations chez le malade qui a fourni le tracé n° 5 ; la peau était chaude et colorée. On pourrait supposer que, dans ces cas, l'activité du cœur était augmentée et que la fréquence des battements de cet organe était due, comme , / disaient les anciens, à une excitation directe du cœur. Il serait important d'étudier, au moyen d'expériences sur les animaux, les caractères de la tension artérielle, après avoir provoqué chez eux, par inoculation, quelque fièvre éruptive.

§ 405. — Caractères du pouls dans la fièvre jaune. — Fusier a publié une relation des épidémies de fièvre jaune qu'il a observées à la Vera-Cruz 1 ; on trouve dans son travail, des sphygmogrammes nombreux; nous en reproduisons quelques-uns. Une particularité

Fig. *7'J. Formes du pouls dans la lièvre jaune. (Fusier.) ^^~"V^~

notée par cet auteur, c'est que le stade de chaleur arriverait dès le début de la maladie, à l'inverse de ce qui se passe dans le 0 choléra. Le pouls, dès les premiers instants, prend une amplitude énorme, ligne 1 fig. 279; il ne présente pas de dicrotisme; sa fré- ^ quence devient extrême, puis, si la guérison doit arriver, l'amplitude du pouls tombe au-dessous de la normale et le malade v- v entre dans la période de convalescence; ensuite, pendanttrès longtemps, son pouls est faible et rare avec rebondissements multiples. "

1. Fusier, Résumé d'éludés sur la /lèvre jaune observée à la Vera-Crut de 1862 à 1867. (Extrait du Spcclaleur militaire, Paris, 1877.)

Fusier considérait cet état comme une sorte d'algidiLé succédant a la lièvre.

Dans les cas où la maladie se prolonge et ne tend pas à la gué-

Fig. 280. Formes du pouls dans la lièvre jaune, dernière période. (Fusier.)

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y t yu rison, le pouls prend les caractères typhoïdes comme on le voit sur les sphygmogrammes de la figure 280.

Nous nê pouvons pousser plus loin l'examen des caractères du pouls dans les fièvres; un traité spécial permettrait seul d'exposer ce sujet d'une manière suffisante pour guider le praticien dans la recherche des caractères graphiques du pouls. Nous avons voulu seulement montrer qu'une ressemblance frappante existe entre les formes du pouls appartenant à des états morbides que les nosologistes ont dès longtemps groupés dans une même famille. Nous avons également essayé de faire voir quelle importance il y avait à comparer, les uns aux autres, les tracés recueillis à intervalles successifs, pour y saisir la tendance de la maladie vers une issue favorable ou funeste. Nous compléterons l'étude de la fièvre en cherchant l'interprétation physiologique de l'état opposé au stade de chaleur, c'est-à-dire de l'algidité; enfin nous rechercherons quel lien préside à la succession de ces deux états dans les maladies à deux stades, et comment se comporte la température dans les différents états fébriles.

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