CHAPITRE XXXV
DE L'ALGIDITÉ.
§ 406. — Le mot algidilé (de algidus, froid) s'applique à un ensemble de symptômes opposés à ceux de la fièvre : les extrémités sont froides, la peau décolorée, les traits amaigris, la face grippée comme celle d'un cadavre. Les doigts sont quelquefois si effilés, que les bagues tombent d'elles-mêmes. Le pouls est petit, parfois irrégulier, la fréquence en est tantôt plus grande qu'à l'état normal, et tantôt diminuée.
Dans cette description classique de l'état algide, sauf la fré- ' quence du pouls qui peut être plus grande qu'à l'état normal, on n trouve des symptômes à peu près complètement opposés à ceux * de la fièvre, qui s'accompagne de chaleur. Nous montrerons plus tard que ce qu'il y a de contradictoire dans cette fréquence du pouls, tantôt augmentée et tantôt diminuée, peut s'expliquer par y la différence des causes qui paraissent donner naissance à l'état algide. Cette même différence dans la cause de l'algidité produit encore des modifications dans la répartition de la température. Il est donc indispensable d'étudier isolément les différentes variétés de cet état morbide.
Nous commencerons par un type bien défini : l'algidité qu'on observe dans les fièvres pernicieuses. « Dans cet état, le pouls se , « ralentit, les lèvres et la langue pâlissent et se décolorent. L'a- <r » baissement de la température s'effectue des extrémités au « centre : les pieds, les mains, la face, se refroidissent; la peau « est aussi froide que le marbre; la langue est pâle, blanche, ^ « humide, froide, ainsi que l'air chassé de la poitrine. La chaleur « se réfugie dans l'abdomen et ne s'y dissipe qu'en dernier lieu « le pouls se ralentit, devient rare, fuit sous le doigt et dispa-
« rait1. » • ^
L ensemble des symptômes est ici l'inverse de ceux de la fièvre j or la physiologie va nous montrer qu'une cause tout opposée* c'est-à-dire un resserrement vasculaire, produit les phénomènes que nous venons d'énumérer.